Service indépendant d’information et d’orientation — non affilié à l’administration pénitentiaire

Sortie & réinsertion

La sortie se prépare dedans

La sortie fait peur autant qu'elle se désire — et c'est normal. Dedans, tout est cadré : les horaires, les repas, les décisions. Dehors, plus rien ne l'est. Ce plan sert exactement à ça : remplacer le cadre qu'on vous enlève par un cadre que vous choisissez.

Il n'y a rien à réussir en un jour. Ce document découpe les 90 jours qui précèdent la sortie et les 30 qui la suivent en étapes tenables : une chose à la fois, avec le bon interlocuteur en face. Cochez ce qui est fait — chaque case cochée est un morceau de terrain repris.

Chacune de ces étapes se prépare à deux : la personne détenue d'un côté, un proche de l'autre. Ce plan peut être imprimé et envoyé par courrier — il est fait pour circuler.

35 étapes

J−90 → J−60

Poser les fondations

Savoir exactement où vous en êtes : dates, papiers, dettes, santé.

À trois mois, la sortie paraît loin — c'est le moment où l'on remet tout à plus tard. Mais chaque démarche d'identité ou de droit prend des semaines : ce qui n'est pas lancé maintenant manquera le jour J.

J−60 → J−30

Construire le projet

Un toit, une piste d'activité, un budget réaliste.

C'est la phase où le projet devient concret — et où le doute frappe le plus fort. Un projet modeste et réel vaut mieux qu'un grand projet de papier : les juges le savent, les proches aussi.

J−30 → J−7

Verrouiller

Chaque « on verra » devient une réponse écrite.

Le dernier mois est électrique : l'excitation monte, la patience descend. C'est maintenant que les dossiers se perdent et que les mots dépassent la pensée. Tenir la routine jusqu'au bout protège tout ce qui a été construit.

J−7 → J0

La dernière semaine

Un sac prêt, une tête reposée.

Les dernières nuits sont souvent blanches — trop d'images, trop d'attente. Arriver dehors épuisé, c'est démarrer à vide : dormir et manger sont, cette semaine-là, des démarches à part entière.

J0

Le jour de la sortie

Une seule priorité : rejoindre le lieu où vous dormez ce soir.

Dehors, tout va vite : le bruit, les écrans, les prix, la foule. Être submergé les premières heures est normal et passager — personne ne réussit sa sortie en un jour, et rien d'important ne se décide aujourd'hui.

J+1 → J+7

La première semaine : une démarche par jour

Rouvrir les droits, un guichet à la fois.

Trois administrations le même jour, c'est l'épuisement puis la colère — et une file d'attente peut suffire à tout faire dérailler. Une démarche par jour suffit ; la régularité bat la vitesse.

J+7 → J+30

Stabiliser

Un rythme à soi, des journées pleines, des liens réels.

Le piège du premier mois n'est pas la porte, c'est le vide : quand l'ennui s'installe, les anciennes habitudes et les anciennes fréquentations reviennent frapper. Des journées prévues à l'avance sont la meilleure protection — et les proches, eux aussi, ont changé pendant l'absence : les décalages sont normaux, pas des échecs.

Les relais qui existent vraiment

Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

  • Source officielleL'accompagnement vers l'emploi des personnes détenues (nouvelle fenêtre)

    Atigip – ministère de la Justice

    Détaille le partenariat avec France Travail et les missions locales (environ 18 000 personnes accompagnées par an), les programmes personnalisés d'accompagnement à l'insertion professionnelle (PPAIP) et le diagnostic socioprofessionnel réalisé dès l'entrée en détention.

  • Source officielleSans domicile stable ou fixe (SDF) : en quoi consiste la domiciliation (ou élection de domicile) ? (nouvelle fenêtre)

    Service-Public (DILA, Premier ministre)

    Explique comment obtenir une attestation d'élection de domicile auprès d'un CCAS/CIAS ou d'un organisme agréé, indispensable à la sortie pour refaire ses papiers d'identité, s'inscrire sur les listes électorales et percevoir ses prestations sociales. Vérifiée le 10 octobre 2024.

  • Source officiellePrison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus (nouvelle fenêtre)

    Service-Public.gouv.fr (DILA)

    Détaille l'aide accordée à une personne détenue sans ressources financières : aide en nature (hygiène, vêtements, correspondance) et aide en numéraire, avec un exemple chiffré de calcul à partir du compte nominatif et des dépenses de cantine.

  • Source officielleCode pénitentiaire — Aide matérielle aux personnes détenues dépourvues de ressources suffisantes (D333-1 à D333-3) (nouvelle fenêtre)

    Légifrance (DILA)

    Fixe les critères cumulatifs ouvrant droit à l'aide de l'État : seuils de 100 € (part disponible des deux derniers mois et dépenses du mois) pour l'aide en nature, 60 € pour l'aide en numéraire, l'attribution relevant de l'administration pénitentiaire.

  • Source officielleLe suivi en milieu ouvert (SPIP et juge de l'application des peines) (nouvelle fenêtre)

    Ministère de la Justice

    Explique concrètement qui fait quoi : le SPIP assure l'accompagnement individualisé et le contrôle des obligations, le juge de l'application des peines autorise les aménagements et la libération sous contrainte et peut décider l'incarcération en cas de manquement.

  • Source officiellePeine de prison ferme (nouvelle fenêtre)

    Service-Public (DILA, Premier ministre)

    Fiche officielle qui détaille les trois aménagements de peine (semi-liberté, placement à l'extérieur, détention à domicile sous surveillance électronique) selon la durée de la peine, et le rôle du juge de l'application des peines. Vérifiée le 24 novembre 2025.

  • Source officielleArticle 723-1 du code de procédure pénale (semi-liberté et placement à l'extérieur) (nouvelle fenêtre)

    Légifrance (DILA)

    Base légale de la semi-liberté et du placement à l'extérieur décidés par le juge de l'application des peines, y compris à titre probatoire avant une libération conditionnelle.

    À savoirTexte juridique brut : la page indique une version en vigueur jusqu'au 1er janvier 2029 (recodification à venir), à revérifier avant cette date.

  • Source officielleLibération sous contrainte (nouvelle fenêtre)

    Service-Public (DILA, Premier ministre)

    Explique la libération sous contrainte pour les peines de moins de 5 ans et la LSC de plein droit lorsqu'il ne reste plus que 3 mois à exécuter sur une peine de moins de 2 ans. Vérifiée le 27 avril 2026.

  • Source officielleEnvoyer de l'argent à un proche en détention (nouvelle fenêtre)

    Ministère de la Justice

    Explique que le versement se fait par virement bancaire (le mandat justice a été supprimé), avec RIB de la régie des comptes nominatifs, numéro d'écrou, nom et prénoms, et un crédit du compte sous 2 à 4 jours ouvrés.

    À savoirPage rédigée du point de vue du virement bancaire classique : un service de virement en ligne existe désormais aussi sur le portail de l'administration pénitentiaire (voir lien service-public « Virement bancaire à un détenu »).

  • Source officielleVirement bancaire à un détenu (service en ligne) (nouvelle fenêtre)

    Service-Public.gouv.fr / Ministère chargé de la justice

    Fiche de démarche officielle qui renvoie vers le service en ligne du portail de l'administration pénitentiaire permettant de verser de l'argent sur le compte d'une personne détenue.

    À savoirLa fiche ne détaille ni les conditions (permis de visite) ni les plafonds : ils s'appliquent sur le portail lui-même.

  • Source officielleVie en prison : droit de visite, accès au téléphone, réception d'argent, etc. (nouvelle fenêtre)

    Service-Public.gouv.fr (DILA)

    Fiche de référence sur le quotidien en détention : ouverture du compte nominatif à l'arrivée, deux façons de recevoir de l'argent (portail pénitentiaire ou virement sur le RIB de la régie), délai de 2 à 4 jours ouvrés, et liste des achats possibles en cantine.

  • Source officielleCode pénitentiaire — Article R332-3 (subsides en argent) (nouvelle fenêtre)

    Légifrance (DILA)

    Article qui pose qui peut envoyer de l'argent : les titulaires d'un permis permanent de visite ou les personnes autorisées par le chef d'établissement, les sommes étant ensuite réparties selon les règles du compte nominatif.

  • Autorité indépendanteAvis relatif à la prise en charge des personnes détenues atteintes de troubles mentaux (nouvelle fenêtre)

    Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL)

    Avis publié au Journal officiel du 22 novembre 2019 par l'autorité administrative indépendante chargée du contrôle des prisons, consacré à la prise en charge psychiatrique des personnes détenues ; l'avis complet est téléchargeable depuis la page.

    À savoirAvis daté de 2019 : constats et recommandations d'une autorité indépendante, à lire comme un état des lieux et non comme le droit applicable.

  • AssociationL'accompagnement Wake up Café, avant et après la sortie (nouvelle fenêtre)

    Wake up Café

    Décrit le parcours proposé aux personnes sortant de détention : préparation en détention avec les SPIP (parloirs, informations collectives), puis accueil dès le jour de la sortie, ateliers emploi et reconstruction de soi du lundi au vendredi, suivi logement/santé/famille.

    À savoirAssociation présente sur un nombre limité de territoires (Île-de-France et PACA mentionnés sur la page) : vérifier l'existence d'une antenne près du lieu de sortie.

  • AssociationSecours Catholique — auprès des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)

    Secours Catholique — Caritas France

    Détaille les actions concrètes : écrivains publics en détention pour l'accès aux droits sociaux et la préparation de la sortie, accueil et orientation des familles en visite, ateliers, aide matérielle, accompagnement logement/emploi en fin de peine et pendant les aménagements.

  • AssociationLes soins psychiques (fiche « Connaître ses droits ») (nouvelle fenêtre)

    Observatoire international des prisons — section française

    Fiche pratique sur l'organisation des soins psychiatriques et psychologiques en détention (unité sanitaire, SMPR, hospitalisation) et sur la prévalence des troubles psychiques en prison.

    À savoirRessource documentaire éditée par une association indépendante de plaidoyer, et non par l'administration : le ton y est critique et ce n'est pas une source officielle. À croiser avec les pages du ministère de la Justice et de Service-Public.fr.

Liens vérifiés le 29 juillet 2026.

Information générale. Les dates, conditions et décisions dépendent de chaque situation : le SPIP, l'avocat et le juge de l'application des peines restent les seuls interlocuteurs qui font foi.