Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger.
Les droits des femmes détenues
Votre fille, votre sœur, votre compagne ou votre mère est incarcérée, et vous cherchez ce que la loi prévoit pour elle. Cette page réunit les règles écrites du code pénitentiaire qui concernent spécifiquement les femmes : la séparation des quartiers, les soins et la gynécologie, la grossesse et l'accouchement, l'enfant qui peut rester auprès de sa mère, les fouilles. Elle explique aussi pourquoi les femmes sont souvent incarcérées loin de leur famille, et ce que cela change pour vous. Elle est écrite à partir du code pénitentiaire, du code de procédure pénale, du ministère de la Justice et du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.
La réponse en trente secondes
Les femmes sont très minoritaires en détention : le ministère de la Justice indique que la population écrouée est « en grande majorité des hommes (96 %) ». Cette minorité a une conséquence très concrète pour les familles : peu d'établissements accueillent des femmes, donc l'incarcération est souvent loin du domicile. Le droit, lui, prévoit plusieurs règles propres aux femmes détenues.
- Les femmes et les hommes sont détenus dans des établissements pénitentiaires distincts, ou dans des quartiers distincts d'un même établissement (article R. 211-1 du code pénitentiaire).
- Une prise en charge sanitaire adaptée à leurs besoins est assurée aux femmes détenues, qu'elles soient dans un quartier pour femmes ou dans un établissement dédié (article L. 322-9).
- Tout accouchement ou examen gynécologique se déroule sans entraves et hors la présence du personnel pénitentiaire (article L. 322-10).
- Les enfants peuvent être laissés auprès de leur mère en détention jusqu'à l'âge de dix-huit mois (article D. 216-22). Une prolongation peut être demandée par la mère.
- Les personnes détenues ne peuvent être fouillées que par des agents de leur sexe (article R. 225-3).
À savoir avant d’agir. Cette page décrit des règles générales. Elle ne remplace pas l'analyse d'un avocat, qui est le seul à pouvoir examiner un dossier précis, ni un avis médical. Pour toute décision qui touche la peine, la santé ou l'enfant, c'est l'avocat, l'unité sanitaire ou le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) qu'il faut saisir, par écrit.
Femmes et hommes séparés : ce que dit le code
L'article R. 211-1 du code pénitentiaire pose le principe : les femmes et les hommes sont détenus dans des établissements pénitentiaires distincts, ou dans des quartiers distincts d'un même établissement. Quand ils partagent un même établissement, toutes les mesures doivent être prises pour qu'aucune communication ne soit possible entre eux, sauf pour les activités organisées sur le fondement de l'article L. 411-3, au cours desquelles femmes et hommes peuvent communiquer.
- Les femmes détenues sont surveillées par du personnel féminin. L'encadrement, lui, peut comprendre du personnel masculin.
- Le personnel qui surveille les activités mixtes peut être indifféremment féminin ou masculin.
- Le personnel masculin n'a accès au quartier des femmes que sur autorisation du chef de l'établissement pénitentiaire (article D. 211-2).
Un quartier, pas une prison à part
Dans la plupart des établissements, les femmes sont dans un quartier femmes à l'intérieur d'un établissement majoritairement masculin. Le CGLPL a relevé, dans son avis sur la situation des femmes privées de liberté, que cet enclavement dans des quartiers distincts pèse sur les conditions matérielles d'hébergement et réduit l'accès aux activités. C'est un constat public, pas une fatalité individuelle : si une difficulté concrète se répète, elle peut être signalée par écrit.
Peu d'établissements pour les femmes, donc souvent loin de vous
C'est la difficulté que les familles rencontrent en premier. Dans son avis relatif à la situation des femmes privées de liberté, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté constate un maintien des liens familiaux rendu difficile par un maillage territorial inégal, et relevait alors que 56 établissements sur 188 accueillaient des femmes, avec une concentration dans le nord de la France. Ce chiffre date de cet avis : il donne l'ordre de grandeur, pas la carte d'aujourd'hui.
Un seul établissement en France est exclusivement réservé aux femmes : selon l'annuaire du ministère de la Justice, « la prison des femmes de Rennes est le seul établissement pénitentiaire en France exclusivement réservé aux femmes ». Sa fiche officielle indique une capacité d'accueil de 298 places, dont 233 en quartier de détention femmes, 56 en maison d'arrêt, 15 en quartier arrivants, 4 en quartier de semi-liberté, 3 en quartier mineurs et 5 places en quartier nursery.
- Ne partez jamais du principe qu'un établissement proche de chez vous accueille des femmes : vérifiez avant de faire une démarche ou de réserver un trajet.
- L'annuaire des établissements du site vous donne les coordonnées et l'accueil des familles ; l'établissement confirme au téléphone ce qu'il accueille réellement.
- Si l'éloignement rend les visites impossibles, la voie officielle est la demande de transfert pour rapprochement familial, à préparer avec l'avocat et le SPIP.
L'éloignement n'est pas une décision contre vous
L'affectation dépend du nombre de places disponibles pour les femmes, pas de votre dossier. C'est justement pour cette raison qu'une demande écrite et motivée de rapprochement familial a un sens : elle explique une situation que l'administration ne connaît pas.
Les soins et la santé gynécologique
En détention, ce n'est pas l'administration pénitentiaire qui soigne, mais une unité sanitaire tenue par une équipe hospitalière. Pour les femmes, l'article L. 322-9 du code pénitentiaire ajoute une exigence propre : « Une prise en charge sanitaire adaptée à leurs besoins est assurée aux femmes détenues, qu'elles soient accueillies dans un quartier pour femmes détenues ou dans un établissement pénitentiaire dédié. »
- C'est la personne détenue qui écrit elle-même à l'unité sanitaire pour demander une consultation. Vous ne pouvez pas prendre rendez-vous à sa place.
- Elle garde une trace de sa demande : date, objet, et à qui elle a été remise.
- Si rien ne vient, elle réécrit et date de nouveau. Une demande répétée et datée est ce qui fait avancer un dossier.
- Depuis l'extérieur, vous pouvez lui envoyer le modèle de courrier à recopier, mais pas obtenir son état de santé : le secret médical s'applique en prison comme dehors.
À savoir avant d’agir. Le CGLPL a relevé, dans son avis sur la situation des femmes privées de liberté, un accès parfois réduit ou inadéquat aux prises en charge spécialisées et un manque de prise en compte des besoins spécifiques des femmes. Si une consultation gynécologique demandée par écrit n'aboutit pas, la personne peut réécrire à l'unité sanitaire, en parler au SPIP, en informer son avocat, et saisir le CGLPL ou le Défenseur des droits. Ce sont les circuits prévus : ils fonctionnent mieux qu'un appel téléphonique.
Être enceinte en détention, et accoucher
Deux textes encadrent cette situation. L'article D. 216-21 du code pénitentiaire prévoit que « les personnes détenues enceintes et celles qui ont gardé leur enfant auprès d'elles bénéficient de conditions de détention appropriées ». L'article L. 322-10 est plus précis encore : « Tout accouchement ou examen gynécologique se déroule sans entraves et hors la présence du personnel pénitentiaire. »
- Sans entraves : pas de menottes ni d'entraves pendant l'accouchement ni pendant un examen gynécologique.
- Hors la présence du personnel pénitentiaire : les surveillants ne sont pas dans la pièce pendant l'acte médical.
- Le suivi de grossesse relève de l'équipe soignante, pas de l'administration : c'est à l'unité sanitaire que la demande doit être adressée.
Ce que ce texte ne dit pas
L'article L. 322-10 ne fixe ni le lieu de l'accouchement, ni le nombre de jours à la maternité, ni les modalités du retour. Ces points dépendent de l'établissement de santé, de l'état de la mère et de l'organisation locale. Si quelqu'un vous annonce un délai précis, demandez sur quel document il s'appuie.
À savoir avant d’agir. Si les conditions décrites par l'article L. 322-10 n'ont pas été respectées, ne restez pas seule avec cette information : notez la date, l'établissement de santé, ce qui s'est passé, et transmettez-la à l'avocat. Le CGLPL et le Défenseur des droits peuvent aussi être saisis, gratuitement et par écrit.
Garder son enfant auprès de soi : jusqu'à dix-huit mois
C'est la question que les familles posent le plus souvent, et la réponse est écrite noir sur blanc dans l'article D. 216-22 du code pénitentiaire : « Les enfants peuvent être laissés auprès de leur mère en détention jusqu'à l'âge de dix-huit mois. » Le même article ajoute que des locaux spécialement aménagés sont réservés à l'accueil des mères ayant gardé leur enfant auprès d'elles. Le ministère de la Justice les appelle des quartiers « nurserie », et précise qu'ils sont prévus dans certains établissements seulement.
- Tous les établissements accueillant des femmes n'ont pas de quartier nurserie : c'est une organisation particulière, pas une règle générale.
- S'il s'agit d'une personne prévenue, elle ne peut être transférée dans un établissement doté de tels locaux qu'après accord du magistrat chargé du dossier de la procédure (article D. 216-22).
- Si l'enfant doit recevoir des soins urgents dans un établissement de santé, il est procédé à l'extraction de sa mère pour l'accompagner, sous réserve des contraintes de sécurité et d'ordre. Cette extraction intervient à la demande de la mère, et après information du magistrat s'il s'agit d'une personne prévenue (article D. 216-22).
- C'est le SPIP compétent auprès de l'établissement, en lien avec les services de l'enfance et de la famille et avec les titulaires de l'autorité parentale, qui organise le séjour de l'enfant auprès de sa mère et ses sorties à l'extérieur de l'établissement (article D. 216-22).
Le bon interlocuteur, c'est le SPIP
Pour tout ce qui touche l'enfant vivant auprès de sa mère — le séjour, les sorties, la préparation de la séparation — le texte désigne expressément le service pénitentiaire d'insertion et de probation. C'est à lui qu'il faut écrire, et non au greffe ni à la direction.
Après dix-huit mois : prolongation possible, et lien maintenu
Dix-huit mois n'est pas forcément un couperet. L'article D. 216-23 du code pénitentiaire prévoit que, sur demande de la mère, cette limite d'âge peut être prolongée par décision du directeur interrégional des services pénitentiaires territorialement compétent, après avis d'une commission consultative.
- La mère formule sa demande de prolongation par écrit.
- Une commission consultative est saisie. Avant de rendre son avis, elle entend la mère ou son avocat, ainsi que les autres titulaires de l'autorité parentale (article D. 216-23).
- La décision revient au directeur interrégional des services pénitentiaires.
- Selon l'article D. 216-24, cette commission est présidée par le directeur interrégional et comprend notamment un psychiatre, un pédiatre du service de protection maternelle et infantile, un psychologue, un directeur d'établissement pénitentiaire accueillant des femmes et un personnel d'insertion et de probation.
Le code prévoit aussi ce qui suit le départ de l'enfant : « Durant les douze mois suivant son départ, l'enfant peut être admis à séjourner pour de courtes périodes auprès de sa mère » (article D. 216-22). Le même article charge le SPIP de préparer, le cas échéant, la séparation de l'enfant d'avec sa mère, au mieux de son intérêt.
À savoir avant d’agir. La séparation est une épreuve, y compris pour la famille qui va accueillir l'enfant. Anticipez-la avec le SPIP et, si nécessaire, avec les services de l'enfance et de la famille, plusieurs mois avant l'échéance. Une demande déposée la veille laisse peu de marge à tout le monde.
Les fouilles : la règle du même sexe
L'article R. 225-3 du code pénitentiaire est court et sans ambiguïté : « Les personnes détenues ne peuvent être fouillées que par des agents de leur sexe et dans des conditions qui, tout en garantissant l'efficacité du contrôle, préservent le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. » Une femme détenue est donc fouillée par une agente.
- La règle du même sexe vaut aussi pour les palpations de sécurité des visiteurs à l'entrée du parloir.
- Le régime des fouilles intégrales, leur justification et leurs limites sont détaillés dans le guide du site consacré aux fouilles en prison.
- Si la règle n'a pas été respectée, notez la date, l'heure et le lieu, et transmettez ces éléments à l'avocat. Le CGLPL et le Défenseur des droits peuvent également être saisis par écrit.
Les enfants restés dehors : garder le lien malgré la distance
Beaucoup de femmes détenues sont mères d'enfants qui vivent à l'extérieur. Quand l'établissement est à plusieurs heures de route, le parloir devient une expédition, et le lien tient souvent à autre chose : les lettres, le téléphone, les dessins, et la régularité.
- Le permis de visite d'un enfant mineur suppose l'accord du titulaire de l'autorité parentale : préparez-le avant de prendre un billet.
- Le courrier et les photos sont le canal le plus solide quand la distance rend les visites rares.
- Certains établissements disposent d'unités de vie familiale ou de parloirs familiaux, qui permettent une visite plus longue. Cela dépend de l'établissement : la question se pose à lui, directement.
- Une maison d'accueil des familles existe auprès de nombreux établissements. Elle peut renseigner sur les horaires, l'accueil des enfants et parfois l'aide au transport.
Trois pages du site prennent le relais
Pour la préparation concrète d'une visite avec un enfant, pour les mots à employer avec lui, et pour l'envoi de lettres et de photos, le site a des pages dédiées. Cette page-ci s'arrête à ce qui est propre aux femmes détenues.
Grossesse et jeune enfant : un point que l'avocat doit examiner
Le code de procédure pénale prévoit un cas particulier de libération conditionnelle. Selon l'article 729-3, la libération conditionnelle peut être accordée à toute personne condamnée à une peine privative de liberté inférieure ou égale à quatre ans, ou pour laquelle la durée de la peine restant à subir est inférieure ou égale à quatre ans, lorsque cette personne exerce l'autorité parentale sur un enfant de moins de dix ans ayant chez ce parent sa résidence habituelle, ou lorsqu'il s'agit d'une femme enceinte de plus de douze semaines.
- Le même article précise que ses dispositions ne sont pas applicables aux personnes condamnées pour un crime ou pour un délit commis sur un mineur.
- Ce texte ouvre une possibilité : il ne garantit aucun résultat. C'est le juge de l'application des peines qui décide, au vu du dossier.
- Légifrance indique que cet article doit être abrogé au 1er janvier 2029 par l'ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025 : le cadre va donc évoluer.
- Ce point relève de l'avocat, pas d'une page d'information. C'est à lui de dire si la situation entre dans les conditions du texte et de construire la demande.
À savoir avant d’agir. N'annoncez jamais à une personne détenue qu'elle « va sortir » parce qu'elle est enceinte ou mère d'un jeune enfant. Aucun texte ne prévoit de sortie automatique. Une attente créée puis déçue fait beaucoup de dégâts en détention.
Ce que vous pouvez faire depuis l'extérieur
- Vérifiez d'abord dans quel établissement elle se trouve et si cet établissement accueille des femmes, avant toute démarche ou tout déplacement.
- Appelez la maison d'accueil des familles de l'établissement : horaires de parloir, accueil des enfants, accès en transports. Ce sont les informations qui changent le plus d'un site à l'autre.
- Envoyez-lui les modèles de courrier dont elle a besoin, notamment celui destiné à l'unité sanitaire : c'est elle qui doit écrire, pas vous.
- Si la distance rend les visites impossibles, préparez une demande de rapprochement familial avec l'avocat et le SPIP, en expliquant précisément votre situation.
- Si un droit prévu par les textes cités ici n'est pas respecté, écrivez, datez, gardez une copie, informez l'avocat, et saisissez le CGLPL ou le Défenseur des droits.
Écrire vaut mieux qu'appeler
Un appel ne laisse aucune trace et se heurte souvent au secret médical ou au refus de renseigner un tiers. Un courrier daté, remis ou envoyé, est ce qui construit un dossier — et c'est ce que réclament l'avocat, le juge et les autorités de contrôle.
Questions fréquentes
Où les femmes sont-elles incarcérées en France ?
La plupart du temps dans un quartier femmes situé à l'intérieur d'un établissement qui accueille aussi des hommes : l'article R. 211-1 du code pénitentiaire impose des établissements distincts ou des quartiers distincts. Selon l'annuaire du ministère de la Justice, la prison des femmes de Rennes est le seul établissement pénitentiaire en France exclusivement réservé aux femmes. Le CGLPL a relevé que le maillage territorial est inégal, ce qui éloigne souvent les femmes détenues de leur famille. Vérifiez toujours dans l'annuaire des établissements, ou par téléphone, avant de vous déplacer.
Une femme détenue peut-elle garder son bébé avec elle, et jusqu'à quel âge ?
Oui, jusqu'à dix-huit mois. L'article D. 216-22 du code pénitentiaire dispose que « les enfants peuvent être laissés auprès de leur mère en détention jusqu'à l'âge de dix-huit mois ». Des locaux spécialement aménagés, appelés quartiers nurserie par le ministère de la Justice, sont réservés à ces mères, mais tous les établissements n'en disposent pas. Pour une personne prévenue, le transfert vers un établissement doté de ces locaux suppose l'accord du magistrat chargé du dossier.
Peut-on dépasser les dix-huit mois ?
Une prolongation peut être demandée. Selon l'article D. 216-23, à la demande de la mère, la limite d'âge de dix-huit mois peut être prolongée par décision du directeur interrégional des services pénitentiaires, après avis d'une commission consultative qui entend la mère ou son avocat ainsi que les autres titulaires de l'autorité parentale. Rien n'est automatique : la demande doit être écrite et préparée avec le SPIP et l'avocat.
Une femme accouche-t-elle menottée en prison ?
Non. L'article L. 322-10 du code pénitentiaire prévoit que « tout accouchement ou examen gynécologique se déroule sans entraves et hors la présence du personnel pénitentiaire ». Cela vaut aussi pour un simple examen gynécologique. Si cette règle n'a pas été respectée, notez la date et le lieu, transmettez ces éléments à l'avocat, et vous pouvez saisir le CGLPL ou le Défenseur des droits.
Un surveillant homme peut-il entrer dans le quartier des femmes ?
L'article R. 211-1 prévoit que les femmes détenues sont surveillées par du personnel féminin, l'encadrement pouvant comprendre du personnel masculin, et que le personnel encadrant les activités mixtes peut être indifféremment féminin ou masculin. L'article D. 211-2 ajoute que le personnel masculin n'a accès au quartier des femmes que sur autorisation du chef de l'établissement pénitentiaire. Pour les fouilles, la règle est plus stricte encore : l'article R. 225-3 impose une fouille par un agent du même sexe.
Comment obtenir un rendez-vous gynécologique en détention ?
La demande doit venir de la personne détenue elle-même, par écrit, adressée à l'unité sanitaire de l'établissement. Vous ne pouvez pas prendre le rendez-vous à sa place, et le secret médical vous empêchera d'obtenir des informations sur son état de santé. L'article L. 322-9 prévoit une prise en charge sanitaire adaptée aux besoins des femmes détenues. Si la demande reste sans réponse, elle réécrit en datant, en parle au SPIP et à son avocat.
Une femme enceinte ou mère d'un jeune enfant peut-elle sortir plus tôt ?
Il n'y a aucune sortie automatique. L'article 729-3 du code de procédure pénale ouvre une possibilité de libération conditionnelle pour une peine, ou un reliquat de peine, inférieure ou égale à quatre ans, lorsque la personne exerce l'autorité parentale sur un enfant de moins de dix ans ayant chez elle sa résidence habituelle, ou lorsqu'il s'agit d'une femme enceinte de plus de douze semaines. Le texte exclut les personnes condamnées pour un crime ou un délit commis sur un mineur, et c'est le juge de l'application des peines qui décide. Seul un avocat peut dire si la situation entre dans ces conditions.
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Les textes sur lesquels repose cet article
Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.
- Article R211-1 du code pénitentiaire — séparation des femmes et des hommes, surveillance par du personnel féminin (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, article R. 211-1 · consulté le 5 août 2026
- Section 1 : Séparation des femmes et des hommes (articles R211-1 à D211-2) du code pénitentiaire (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, article D. 211-2 — accès du personnel masculin au quartier des femmes · consulté le 5 août 2026
- Article L322-9 du code pénitentiaire — prise en charge sanitaire adaptée aux besoins des femmes détenues (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, article L. 322-9 · consulté le 5 août 2026
- Article L322-10 du code pénitentiaire — accouchement et examen gynécologique sans entraves et hors la présence du personnel pénitentiaire (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, article L. 322-10 · consulté le 5 août 2026
- Article D216-21 du code pénitentiaire — conditions de détention appropriées pour les détenues enceintes et celles ayant gardé leur enfant (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, article D. 216-21 · consulté le 5 août 2026
- Article D216-22 du code pénitentiaire — enfant laissé auprès de sa mère jusqu'à dix-huit mois, locaux aménagés, rôle du SPIP, séjours de courte durée pendant douze mois (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, article D. 216-22, version en vigueur depuis le 19 novembre 2023 · consulté le 5 août 2026
- Section 5 : Mères détenues vivant avec leurs jeunes enfants en détention (articles D216-21 à D216-24) du code pénitentiaire (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, articles D. 216-23 et D. 216-24 — prolongation au-delà de dix-huit mois et composition de la commission consultative · consulté le 5 août 2026
- Article R225-3 du code pénitentiaire — fouille par un agent du même sexe et respect de la dignité (nouvelle fenêtre)Légifrance · code pénitentiaire, article R. 225-3 · consulté le 5 août 2026
- Article 729-3 du code de procédure pénale — libération conditionnelle, autorité parentale sur un enfant de moins de dix ans et femme enceinte de plus de douze semaines (nouvelle fenêtre)Légifrance · code de procédure pénale, article 729-3, en vigueur, abrogation prévue au 1er janvier 2029 par l'ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025 · consulté le 5 août 2026
- La prise en charge en détention — quartiers « nurserie » et composition de la population détenue (nouvelle fenêtre)Ministère de la Justice · page officielle, mentions « en grande majorité des hommes (96 %) » et quartiers nurserie pour les enfants de moins de 18 mois · consulté le 5 août 2026
- Centre pénitentiaire de Rennes — fiche de l'annuaire des établissements pénitentiaires (nouvelle fenêtre)Ministère de la Justice · seul établissement exclusivement réservé aux femmes, capacité de 298 places dont 5 places en quartier nursery · consulté le 5 août 2026
- Avis relatif à la situation des femmes privées de liberté (nouvelle fenêtre)Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) · constats sur le maillage territorial inégal, l'enclavement dans des quartiers distincts et l'accès réduit aux activités et aux soins spécialisés · consulté le 5 août 2026
Pour aller plus loin
Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.
- Source officiellePrison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus (nouvelle fenêtre)
Justice.fr — ministère de la Justice (contenu Service-Public / DILA)
Fiche mise à jour le 7 mai 2025 distinguant les droits du condamné et ceux du prévenu : mariage ou Pacs en détention, autorité parentale, visite des enfants, et permis de visite exigé pour les témoins, le conjoint ou le notaire.
- Source officielle« Je suis en détention » : le guide du détenu arrivant (page de présentation) (nouvelle fenêtre)
Ministère de la Justice — direction de l'administration pénitentiaire
Page officielle de mise à disposition du guide remis aux personnes arrivant en détention, avec le PDF en téléchargement (mise à jour affichée : mars 2026).
- AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)
Observatoire international des prisons — section française
Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.
À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.
- AssociationGarder le contact, c'est possible — avoir un parent incarcéré (nouvelle fenêtre)
UFRAMA, avec le soutien du ministère de la Justice, du Défenseur des droits et de la Fondation de France
Site d'information conçu pour les adolescents et jeunes adultes ayant un parent détenu : démarches pour obtenir un permis de visite, ce qui se passe au parloir, et moyens de reprendre ou garder le lien, avec un formulaire de questions anonymes.
À savoirRessource associative (UFRAMA) soutenue par le ministère de la Justice, mais qui n'est pas une source officielle de droit : vérifier les règles applicables auprès de l'établissement pénitentiaire.
- AssociationL'accompagnement d'un enfant au parloir (Relais Parents Enfants) (nouvelle fenêtre)
REP — Relais Parents Enfants en milieu carcéral
Explique comment un bénévole accompagne un enfant mineur au parloir vers son parent incarcéré, qui peut faire la demande (parent détenu, personne en charge de l'enfant, travailleur social) et sur quel fondement (décision du JAF ou du juge des enfants, ou accord amiable).
À savoirAssociation locale (Normandie, permanences à Rouen) : ailleurs en France, rechercher le relais enfants-parents ou l'association d'accueil compétente via l'annuaire UFRAMA ou la FARAPEJ.
- AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)
FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)
Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).
Liens vérifiés le 29 juillet 2026.
À lire ensuite
Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.