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UHSA : qu'est-ce que c'est et comment ça marche pour la famille
Vous venez d'entendre le mot UHSA à propos d'un proche détenu et vous ne savez pas ce que ça signifie. Cette page explique ce qu'est une UHSA, pourquoi une personne détenue y est hospitalisée, qui décide, et comment continuer à donner des nouvelles ou en recevoir pendant cette période.
La réponse en trente secondes
Une UHSA (unité hospitalière spécialement aménagée) est un service de psychiatrie situé dans un hôpital public, réservé aux personnes détenues qui ont besoin d'une hospitalisation complète — sur plusieurs jours — pour des troubles psychiatriques. Le code de la santé publique prévoit cette hospitalisation avec le consentement de la personne, et, si son état de santé mentale rend ce consentement impossible, sans son consentement (article L. 3214-1).
À savoir avant d’agir. Cette page décrit le fonctionnement général d'un dispositif de santé et de droit. Elle ne remplace pas l'avis d'un avocat ni celui de l'équipe soignante qui suit votre proche. Pour toute question sur son état de santé ou sa situation médicale précise, seuls les professionnels de santé qui le suivent peuvent répondre — le secret médical s'applique aussi en détention.
- UHSA (unité hospitalière spécialement aménagée) : hospitalisation psychiatrique complète, sur plusieurs jours, avec ou sans consentement.
- SMPR (service médico-psychologique régional) ou USMP : soins psychiatriques en hospitalisation de jour, la personne retourne en cellule ensuite.
- UHSI (unité hospitalière sécurisée interrégionale) : ce n'est pas de la psychiatrie, ce sont des soins somatiques (le corps) de plus de 2 jours.
- UMD (unité pour malades difficiles) : hôpital psychiatrique spécialisé, utilisé notamment quand les soins sans consentement le nécessitent.
Pourquoi une personne détenue est hospitalisée en UHSA
Le code de la santé publique distingue deux situations. Si la personne détenue a besoin d'une hospitalisation complète et qu'elle est en mesure de consentir aux soins, elle est hospitalisée dans un établissement de santé doté d'une UHSA. Si ses troubles mentaux rendent son consentement impossible, elle peut faire l'objet de soins psychiatriques sans son consentement : elle est alors hospitalisée en UHSA ou, sur la base d'un certificat médical, dans une unité adaptée — ce qui inclut les unités pour malades difficiles (article L. 3214-1).
Ce que dit le guide de l'administration pénitentiaire
Le guide du détenu arrivant, édité par la direction de l'administration pénitentiaire, explique aux personnes détenues : « Si vous êtes d'accord pour recevoir des soins psychologiques ou psychiatriques particuliers, vous pouvez aller dans une unité spécialisée qu'on appelle une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) si vous devez avoir des soins pendant plusieurs jours (…). S'il est nécessaire de vous soigner sans votre accord, vous allez dans des UHSA, des unités pour malades difficiles (UMD) ou bien des hôpitaux spécialisés proches de la prison. » Le guide précise qu'il existe 9 UHSA en France dans son édition consultée. Ce nombre évolue : de nouvelles unités sont en cours de création, et il ne doit pas être tenu pour un décompte à jour.
À savoir avant d’agir. Une hospitalisation en UHSA n'est ni une sanction ni un signe que la situation est irréversible. C'est une prise en charge médicale, décidée par des professionnels de santé (avec consentement) ou par le préfet sur avis médical (sans consentement), selon les articles R. 3214-1 et L. 3214-1 du code de la santé publique.
Qui décide d'une hospitalisation en UHSA
L'article R. 3214-1 du code de la santé publique prévoit deux procédures d'admission distinctes. Avec le consentement de la personne détenue, c'est le directeur de l'établissement de santé qui prononce l'admission, après avis médical. Sans son consentement, c'est le préfet du département où se trouve l'établissement de santé qui décide de l'hospitalisation.
L'UHSA est un service hospitalier géré par le personnel de santé de l'hôpital public de rattachement, pas par l'administration pénitentiaire. Selon l'article L. 3214-2 du code de la santé publique, les règles applicables aux hospitalisations psychiatriques classiques s'appliquent aussi aux personnes détenues hospitalisées, sous réserve des restrictions liées à leur statut de détenu ou à leur état de santé. Le personnel pénitentiaire assure la sécurité autour de l'unité (transferts, contrôle des entrées et sorties) mais n'intervient pas dans les soins.
S'il n'y a pas de place dans l'UHSA territorialement compétente, l'article R. 3214-2 prévoit que l'hospitalisation est recherchée dans l'UHSA la plus proche disposant d'une place. Votre proche peut donc être hospitalisé dans une unité éloignée de son établissement de départ, pour cette seule raison.
Comment la famille garde le lien pendant l'hospitalisation
Une UHSA reste, pour le droit, un lieu où la personne est toujours détenue : elle y est hospitalisée, pas libérée. Le permis de visite délivré pour l'établissement pénitentiaire d'origine ne s'applique pas automatiquement à l'UHSA — l'organisation des visites, du courrier et du téléphone pendant une hospitalisation dépend de chaque unité et de l'état de santé de la personne. Nous ne pouvons pas vous donner d'horaires ou de règles uniformes valables partout : contactez le SPIP de l'établissement d'origine ou le secrétariat de l'UHSA pour connaître les modalités exactes.
- Contactez d'abord le SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation) de l'établissement pénitentiaire d'origine : c'est l'interlocuteur qui sait où votre proche est hospitalisé et pour quelle durée prévue.
- Demandez au SPIP ou au greffe si un permis de visite spécifique est nécessaire pour l'UHSA, ou si celui déjà délivré reste valable.
- Si vous ne parvenez pas à obtenir d'information, écrivez à votre proche : le courrier reste, en principe, un moyen de rester en contact pendant une hospitalisation.
- Pour toute question sur son état de santé, seule l'équipe soignante peut répondre — et seulement dans les limites du secret médical et de l'accord de la personne concernée.
À savoir avant d’agir. Le code pénitentiaire prévoit qu'à son arrivée en détention, chaque personne désigne les proches à prévenir en cas de placement en établissement psychiatrique (article R. 212-14). Si vos coordonnées ne figurent pas sur cette liste, l'établissement ne vous préviendra pas automatiquement d'une hospitalisation. Demandez à votre proche de vérifier et, si besoin, de faire corriger cette liste par écrit.
Le retour en détention après l'hospitalisation
Quand l'hospitalisation complète prend fin, la personne retourne dans son établissement pénitentiaire d'origine, sauf décision contraire. L'article L. 3214-2 du code de la santé publique précise qu'une décision judiciaire qui lève une mesure d'hospitalisation complète est notifiée sans délai au procureur de la République, et que le retour en détention suit des modalités fixées par décret.
Après un épisode de soins psychiatriques, le suivi peut se poursuivre en détention par l'unité sanitaire de l'établissement, ou en hospitalisation de jour dans un SMPR ou un service de soins psychiatriques d'une unité sanitaire (USMP), sans nouvelle hospitalisation complète.
Questions fréquentes
UHSA, c'est une prison psychiatrique ?
Non, ce n'est pas exact de le formuler ainsi. C'est un service de psychiatrie hospitalier, situé dans un établissement de santé public et géré par du personnel soignant, pas par l'administration pénitentiaire. Il est entouré de mesures de sécurité pénitentiaire, mais les soins y sont organisés comme dans un hôpital psychiatrique classique (article L. 3214-2 du code de la santé publique).
Quelle est la différence entre UHSA et UMD ?
Une UHSA reçoit des personnes détenues, avec ou sans leur consentement, pour des hospitalisations psychiatriques de plusieurs jours. Une unité pour malades difficiles (UMD) est un dispositif spécialisé, utilisé notamment quand des soins sans consentement le nécessitent, selon le guide du détenu arrivant de l'administration pénitentiaire. Nous ne pouvons pas préciser davantage les critères de choix entre les deux sans source officielle plus détaillée : posez la question au SPIP ou à l'équipe soignante de votre proche.
Combien y a-t-il d'UHSA en France, et laquelle concerne mon proche ?
Le guide du détenu arrivant, édité par la direction de l'administration pénitentiaire, indique qu'il existe 9 UHSA en France. Nous ne publions pas de liste d'adresses ici pour ne pas risquer de vous orienter vers une information périmée. L'établissement pénitentiaire d'origine ou le SPIP sait quelle UHSA est rattachée territorialement, et peut vous orienter si celle-ci manque de places (article R. 3214-2 du code de la santé publique).
Mon proche peut-il refuser une hospitalisation en UHSA ?
S'il est en mesure de consentir, oui : l'article L. 3214-1 du code de la santé publique prévoit que les soins se font avec son consentement, sauf si ses troubles mentaux rendent ce consentement impossible. Dans ce dernier cas, c'est le préfet qui décide de l'hospitalisation sur avis médical, sans que le consentement de la personne soit requis (article R. 3214-1).
Comment savoir si mon proche est hospitalisé en UHSA ?
Il n'existe pas de dispositif d'information automatique et systématique vers toute la famille. Le code pénitentiaire prévoit que la personne détenue désigne, à son arrivée en détention, les proches à prévenir en cas de placement en établissement psychiatrique (article R. 212-14). Si vous êtes sur cette liste, l'établissement doit vous informer. Sinon, contactez le SPIP de l'établissement d'origine.
Est-ce que je peux rendre visite à mon proche pendant son hospitalisation en UHSA ?
Cela dépend de l'unité et de l'état de santé de la personne : nous n'avons pas trouvé de règle nationale uniforme sur une source officielle vérifiable. Contactez le SPIP de l'établissement d'origine ou le secrétariat de l'UHSA pour connaître les modalités exactes de visite, de courrier et de téléphone pendant l'hospitalisation.
Quelle différence entre UHSA et UHSI ?
Elles ne soignent pas la même chose. L'UHSI (unité hospitalière sécurisée interrégionale) prend en charge les soins du corps (somatiques) qui durent plus de 2 jours. L'UHSA prend en charge les soins psychiatriques en hospitalisation complète. Le guide du détenu arrivant de l'administration pénitentiaire distingue clairement les deux dispositifs.
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Les textes sur lesquels repose cet article
Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.
- Code de la santé publique — Article L3214-1 (nouvelle fenêtre)Légifrance · hospitalisation psychiatrique complète des personnes détenues avec consentement dans une unité hospitalière spécialement aménagée ; sans consentement possible dans une UHSA ou, sur certificat médical, dans une unité adaptée · consulté le 6 août 2026
- Code de la santé publique — Article L3214-2 (nouvelle fenêtre)Légifrance · application des règles d'hospitalisation psychiatrique de droit commun aux détenus, sous réserve des restrictions liées à leur statut ; notification au procureur de la République de la levée judiciaire d'une hospitalisation complète · consulté le 6 août 2026
- Code de la santé publique — Articles R3214-1 à R3214-4 (nouvelle fenêtre)Légifrance · article R. 3214-1 (admission avec consentement par le directeur de l'établissement de santé, sans consentement par le préfet) ; article R. 3214-2 (hospitalisation dans l'UHSA la plus proche en cas de manque de place) ; article R. 3214-3 (convention établissement de santé / établissement pénitentiaire) · consulté le 6 août 2026
- Je suis en détention — guide du détenu arrivant (nouvelle fenêtre)Ministère de la Justice — direction de l'administration pénitentiaire · dépôt légal janvier 2026, page 22 : distinction UHSA (soins sur plusieurs jours, 9 UHSA en France), SMPR/USMP (hospitalisations à la journée), UMD et hôpitaux spécialisés (soins sans accord) ; page 113 (article R. 212-14, personnes à prévenir en cas de placement en établissement psychiatrique, cité dans le guide voisin risque-suicidaire-en-detention-qui-contacter) · consulté le 6 août 2026
Pour aller plus loin
Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.
- Source officiellePrison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus (nouvelle fenêtre)
Justice.fr — ministère de la Justice (contenu Service-Public / DILA)
Fiche mise à jour le 7 mai 2025 distinguant les droits du condamné et ceux du prévenu : mariage ou Pacs en détention, autorité parentale, visite des enfants, et permis de visite exigé pour les témoins, le conjoint ou le notaire.
- Source officielle« Je suis en détention » : le guide du détenu arrivant (page de présentation) (nouvelle fenêtre)
Ministère de la Justice — direction de l'administration pénitentiaire
Page officielle de mise à disposition du guide remis aux personnes arrivant en détention, avec le PDF en téléchargement (mise à jour affichée : mars 2026).
- AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)
Observatoire international des prisons — section française
Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.
À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.
- AssociationGarder le contact, c'est possible — avoir un parent incarcéré (nouvelle fenêtre)
UFRAMA, avec le soutien du ministère de la Justice, du Défenseur des droits et de la Fondation de France
Site d'information conçu pour les adolescents et jeunes adultes ayant un parent détenu : démarches pour obtenir un permis de visite, ce qui se passe au parloir, et moyens de reprendre ou garder le lien, avec un formulaire de questions anonymes.
À savoirRessource associative (UFRAMA) soutenue par le ministère de la Justice, mais qui n'est pas une source officielle de droit : vérifier les règles applicables auprès de l'établissement pénitentiaire.
Liens vérifiés le 29 juillet 2026.
À lire ensuite
Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 06/08/2026.