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À méditer
Là où il y a de la douleur, il y a une terre sacrée.
Oscar WildeDe Profundis, 1897
Le détenu

Handicap et perte d'autonomie en détention : ce que prévoient les textes

Votre proche est en fauteuil roulant, il a perdu son autonomie, il ne peut plus se laver, se déplacer ou s'habiller seul, et personne ne vous dit ce que la prison prévoit. Cette page réunit ce qui est écrit dans les textes : la cellule et l'accessibilité, l'aidant que la loi permet de désigner, les soins et l'appareillage, ce que deviennent l'AAH et la PCH, et la suspension de peine pour raison médicale. Elle s'appuie sur le code pénitentiaire, le code de la santé publique, le code de procédure pénale, Service-Public, l'Assurance Maladie et l'avis du Contrôleur général des lieux de privation de liberté consacré à ces situations. Elle ne promet rien : elle dit qui décide, et à qui écrire.

La réponse en trente secondes

Presque rien ne part de la famille, et presque rien ne s'obtient sans écrit. Le handicap et la perte d'autonomie sont d'abord une question de santé : c'est l'unité sanitaire qui évalue, qui prescrit et qui alerte. C'est ensuite une question de détention : c'est la direction de l'établissement qui décide de la cellule, de l'aidant et du régime. C'est enfin, dans les situations les plus lourdes, une question judiciaire : seul un juge peut suspendre une peine pour raison médicale.

  • L'état de santé fait partie des critères pris en compte pour la répartition des personnes condamnées entre les établissements pour peines et pour la détermination de leur régime de détention (article L. 211-4 du code pénitentiaire).
  • Une personne détenue en situation de handicap peut désigner un aidant de son choix, y compris une autre personne détenue ; l'administration ne peut s'opposer à ce choix que par une décision spécialement motivée (articles L. 322-11 et R. 322-35 du code pénitentiaire).
  • Les soins relèvent de l'unité sanitaire, et la personne est rattachée au régime général d'assurance maladie dès sa mise sous écrou : elle n'a aucune démarche à faire pour cela.
  • L'allocation aux adultes handicapés ne disparaît pas en détention, mais son montant est réduit dans les conditions prévues par le code de la sécurité sociale (article R. 324-3 du code pénitentiaire).
  • Une suspension de peine pour raison médicale existe (article 720-1-1 du code de procédure pénale). Elle se demande au juge, par l'avocat, et repose sur une expertise médicale.

À savoir avant d’agir. Cette page ne remplace pas l'analyse d'un avocat. Une demande de suspension de peine, un recours contre une décision ou une contestation se préparent avec quelqu'un qui a le dossier. Elle ne remplace pas non plus un avis médical : l'évaluation de la dépendance appartient aux soignants, pas à une page d'information.

La cellule et l'accessibilité

Il n'existe pas de règle publique qui garantirait une cellule accessible dans chaque prison de France. Ce que dit le code pénitentiaire, c'est que la répartition des personnes condamnées dans les établissements pour peines s'effectue « compte tenu de leur catégorie pénale, de leur âge, de leur état de santé et de leur personnalité », et que leur régime de détention est déterminé en prenant en compte leur personnalité, leur santé, leur dangerosité et leurs efforts en matière de réinsertion (article L. 211-4). Autrement dit : l'établissement et le régime peuvent être discutés, mais rien ne se déclenche tout seul.

Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a documenté ces situations dans un avis publié au Journal officiel le 17 septembre 2018. Il y décrit des portes et des portiques trop étroits, des marches, l'absence d'ascenseur, des boutons d'appel hors de portée, et des coins sanitaires inutilisables faute d'espace, de barre de relevage ou de siège. Il recommande que les personnes dont l'état de santé le requiert soient hébergées dans une cellule répondant aux normes accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Ce qui se demande, et comment

Une cellule adaptée, un hébergement en rez-de-chaussée, un accès à la douche, un lit médicalisé, un changement d'établissement : tout cela se demande par écrit à la direction, et se soutient par un élément médical venu de l'unité sanitaire. Une demande faite oralement à un surveillant ne laisse aucune trace, et une demande sans appui médical a peu de chances d'aboutir.

À savoir avant d’agir. Le même avis relève que ces personnes se retrouvent souvent privées d'accès aux activités, aux services et aux espaces communs. Si votre proche ne sort plus de sa cellule, ce n'est pas forcément un choix de sa part : demandez-lui de l'écrire, et signalez-le vous aussi par courrier à la direction, en restant factuel.

L'aide humaine : l'aidant que la loi permet de désigner

C'est le point le plus mal connu des familles. Le code pénitentiaire consacre une section entière à l'accompagnement des personnes détenues en situation de handicap physique. Son article L. 322-11 prévoit que les personnes détenues en situation de handicap peuvent désigner un aidant de leur choix, et que l'administration pénitentiaire ne peut s'opposer à ce choix que par une décision spécialement motivée.

  • L'aidant peut être une autre personne détenue (article R. 322-35 du code pénitentiaire).
  • La personne désignée doit consentir expressément à devenir aidant : personne ne peut l'être contre son gré.
  • Le chef d'établissement peut s'opposer à la désignation, notamment pour des motifs tenant à la sécurité des personnes ou au maintien de l'ordre dans l'établissement.
  • L'aidant intervient pour réaliser des gestes liés à des soins prescrits par un médecin, pendant les périodes d'absence des professionnels de santé.

Ce mécanisme vient du code de la santé publique. Son article L. 1111-6-1 vise « une personne durablement empêchée, du fait de limitations fonctionnelles des membres supérieurs en lien avec un handicap physique, d'accomplir elle-même des gestes liés à des soins prescrits par un médecin ». Le même article impose que la personne handicapée et l'aidant reçoivent d'abord, de la part d'un professionnel de santé, « une éducation et un apprentissage adaptés » ; lorsqu'il s'agit de gestes liés à des soins infirmiers, cette formation est dispensée par un médecin ou un infirmier.

À savoir avant d’agir. Un aidant désigné dans ce cadre n'est pas la même chose qu'un codétenu qui rend service. Le CGLPL écrit que l'assistance d'un codétenu bénévole, non formé et non supervisé par un professionnel, ne peut pas être considérée comme suffisante. Selon les données de son avis, les personnes concernées étaient aidées par un codétenu dans 45 % des cas, par un intervenant extérieur dans 32 % des cas, et 23 % n'étaient pas prises en charge du tout.

Un service extérieur peut intervenir en détention

Le CGLPL recommande que, dès que la situation de dépendance est reconnue, l'assistance par un organisme d'aide à domicile soit mise en œuvre. Cela suppose une évaluation médico-sociale, une décision de la maison départementale des personnes handicapées ou du conseil départemental, et l'accord de l'établissement. C'est une démarche longue : plus tôt elle est engagée, mieux c'est.

Les soins, le matériel et l'appareillage

Les soins ne sont pas assurés par l'administration pénitentiaire, mais par l'unité sanitaire de l'établissement. L'Assurance Maladie indique que, dès la mise sous écrou, la personne est rattachée au régime général auprès du Centre national de la protection sociale des personnes écrouées, que ses frais de santé sont pris en charge sans avance de frais, et que les médicaments sont fournis par l'établissement pénitentiaire.

  • Toute demande de consultation, de matériel ou d'appareillage part de la personne détenue elle-même, par écrit, adressée à l'unité sanitaire.
  • Le secret médical s'applique : on ne vous dira rien de son état de santé, même si vous êtes son parent, son conjoint ou son enfant.
  • Le Centre national de la protection sociale des personnes écrouées peut être joint au 09 74 75 75 50 pour les questions de protection sociale — jamais pour une question médicale.

À savoir avant d’agir. N'envoyez jamais un appareillage, des protections ou des médicaments par colis en espérant régler le problème. Le matériel médical passe par l'unité sanitaire et par l'établissement, et un envoi non autorisé peut créer un incident disciplinaire à votre proche.

Quand une prescription reste lettre morte

Le CGLPL a constaté que des aménagements prescrits par les unités sanitaires restent parfois sans effet, et que des personnes se retrouvent privées de matériel de base, jusqu'aux protections urinaires. Si c'est le cas, faites écrire votre proche à l'unité sanitaire et à la direction, en datant chaque demande et en gardant une copie. C'est cette trace écrite qui rendra un recours possible plus tard.

AAH et PCH : ce que l'incarcération change

Deux prestations reviennent dans presque toutes les questions des familles : l'allocation aux adultes handicapés et la prestation de compensation du handicap. Les deux sont attribuées par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, au sein de la maison départementale des personnes handicapées. L'incarcération ne fait pas disparaître ces droits, mais elle en modifie le versement.

  • L'article R. 324-3 du code pénitentiaire prévoit que le montant de l'allocation aux adultes handicapés dont bénéficient les personnes détenues en situation de handicap est réduit dans les conditions fixées par le code de la sécurité sociale.
  • Service-Public indique que cette réduction ramène l'allocation à 30 % de son montant, à compter du mois suivant le soixantième jour d'incarcération.
  • La réduction ne s'applique pas si la personne a au moins un enfant à charge au sens des prestations familiales, si elle a un ascendant à charge au sens fiscal auquel elle verse une pension alimentaire, ou si la personne avec laquelle elle vit en couple ne travaille pas pour un motif reconnu par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées.
  • À la fin de la détention, le montant maximal de l'allocation est de nouveau versé.

À savoir avant d’agir. Nous ne publions ici aucun montant en euros : l'allocation aux adultes handicapés est revalorisée régulièrement, et un chiffre recopié devient faux quelques mois plus tard. Le montant en vigueur figure sur la page « Allocation aux adultes handicapés » de Service-Public. Pour le calcul réel, l'interlocuteur est la caisse d'allocations familiales ou la Mutualité sociale agricole.

La prestation de compensation du handicap, elle, sert à compenser la perte d'autonomie dans la vie quotidienne : aide humaine, aide technique, aménagements. Service-Public précise qu'elle est instruite par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, qu'elle est généralement versée par le conseil départemental, qu'elle est attribuée sans condition de ressources — les ressources déterminant seulement le taux de prise en charge des dépenses — et qu'une condition d'âge s'applique.

À savoir avant d’agir. La page de Service-Public consacrée à cette prestation ne décrit pas de règle propre à l'incarcération. Ne partez donc d'aucune certitude sur ce qui est versé, réduit ou suspendu pendant la détention : posez la question par écrit à la maison départementale des personnes handicapées du département et au conseil départemental, en décrivant la situation exacte. Le service pénitentiaire d'insertion et de probation peut aider à monter le dossier.

Le CGLPL a identifié un blocage très concret sur ce terrain : la visite d'évaluation médico-sociale, nécessaire pour ouvrir ces droits, n'est souvent pas réalisée lorsque la personne est incarcérée. Il recommande une action concertée des ministères de la justice et de la santé pour que ces évaluations aient lieu. En pratique, c'est le service pénitentiaire d'insertion et de probation qu'il faut solliciter par écrit pour faire avancer le dossier.

Comment se fait une demande à la MDPH

Service-Public indique que la demande se fait avec le formulaire Cerfa n° 15692*01, accompagné d'un certificat médical de moins d'un an, d'une copie recto-verso d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile, envoyés de préférence en lettre recommandée avec avis de réception. La démarche est gratuite. La réponse intervient dans un délai de quatre mois, et l'absence de réponse à l'issue de ce délai vaut rejet.

Quand l'état de santé n'est plus compatible avec la détention

Le droit prévoit une porte de sortie lorsque l'état de santé ne permet plus la détention. Elle ne s'ouvre pas parce qu'une famille téléphone ou s'indigne : elle se demande à un juge, par l'avocat, et elle repose sur une évaluation médicale.

  • L'article 720-1-1 du code de procédure pénale permet de suspendre la peine, quelles que soient sa nature et la durée restant à subir, pour les personnes condamnées atteintes d'une pathologie engageant le pronostic vital ou dont l'état de santé physique ou mentale est durablement incompatible avec le maintien en détention, sauf risque grave de renouvellement de l'infraction.
  • La suspension ne peut être ordonnée que si une expertise médicale établit l'une de ces situations. En cas d'urgence, elle peut l'être sur la base d'un certificat établi par le médecin responsable de la structure sanitaire où la personne est prise en charge.
  • Elle est prononcée par le juge de l'application des peines lorsque la peine prononcée est inférieure ou égale à dix ans ou que la durée de détention restant à subir est inférieure ou égale à trois ans, et par le tribunal de l'application des peines dans les autres cas.
  • Elle n'est pas définitive : le juge peut à tout moment ordonner une nouvelle expertise et mettre fin à la suspension si ses conditions ne sont plus réunies.
  • Le code pénitentiaire renvoie lui aussi à ce mécanisme, dans son article D. 322-36.

À savoir avant d’agir. Un handicap, même lourd, n'ouvre pas automatiquement droit à une suspension de peine. Le CGLPL constate que ces suspensions sont le plus souvent décidées au bénéfice de personnes en fin de vie, et il recommande que l'incompatibilité soit appréciée au regard des besoins de la personne et des réponses possibles en termes d'accompagnement et d'accessibilité. Si votre proche n'a pas d'avocat, c'est la première chose à régler.

La suspension n'est pas la seule voie

Un aménagement de peine, une libération conditionnelle ou un transfert vers un établissement mieux adapté peuvent répondre à une partie du problème sans passer par une suspension. Ces demandes se préparent avec l'avocat et avec le service pénitentiaire d'insertion et de probation.

Si les demandes restent sans réponse

Quand les courriers s'accumulent sans effet, plusieurs autorités peuvent être saisies gratuitement. Elles ne remplacent ni l'avocat ni le juge, et elles n'annulent aucune décision. Mais elles contrôlent, elles interrogent l'administration, et elles laissent une trace.

  • Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté contrôle les conditions de prise en charge des personnes privées de liberté. C'est lui qui a publié, le 17 septembre 2018, un avis entièrement consacré à la perte d'autonomie due à l'âge et aux handicaps physiques dans les établissements pénitentiaires.
  • Le Défenseur des droits traite les litiges avec un service public et les discriminations ; un délégué est présent dans chaque établissement pénitentiaire.
  • Le service pénitentiaire d'insertion et de probation est l'interlocuteur du parcours de la personne détenue : il ne soigne pas, mais il peut faire le lien avec la maison départementale des personnes handicapées, le conseil départemental et les services extérieurs.

À savoir avant d’agir. Aucune de ces démarches ne se paie. Si un site ou une personne vous propose, contre paiement, d'obtenir une cellule adaptée, un transfert, une allocation ou une suspension de peine, c'est une arnaque : n'envoyez rien.

Ce que vous pouvez faire, de l'extérieur

  1. Demandez à votre proche d'écrire à l'unité sanitaire, en décrivant précisément ce qu'il ne peut plus faire seul et depuis quand. C'est la seule porte d'entrée médicale, et personne ne peut la pousser à sa place.
  2. Faites-lui écrire à la direction de l'établissement pour la cellule, l'accessibilité et la désignation d'un aidant, en datant chaque courrier et en gardant une copie.
  3. Faites-lui demander un entretien au service pénitentiaire d'insertion et de probation, pour le dossier MDPH, la prestation de compensation du handicap et l'allocation aux adultes handicapés.
  4. De votre côté, écrivez à la direction pour signaler ce que vous constatez, en restant factuel : la date, ce que vous avez vu au parloir, ce qu'il vous a dit.
  5. Si rien ne bouge, prenez ou reprenez contact avec un avocat, et envisagez de saisir le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ou le Défenseur des droits.

Gardez tout par écrit

Notez la date de chaque courrier, le nom de chaque interlocuteur, ce qui vous a été répondu. Ce n'est pas de la défiance envers l'administration : c'est ce qui permettra plus tard à un avocat, à un juge ou à une autorité de contrôle de comprendre la situation sans repartir de zéro.

Accompagner un proche dépendant derrière les murs épuise, d'autant qu'on ne peut presque rien faire à sa place. Vous avez le droit d'être aidé aussi : votre médecin traitant, une association d'accueil des familles devant l'établissement, et le 3114 si la détresse devient trop lourde.

Questions fréquentes

Mon proche est en fauteuil roulant : la prison doit-elle lui donner une cellule adaptée ?

Aucun texte ne garantit une cellule accessible dans chaque établissement. Le code pénitentiaire prévoit seulement que la répartition des personnes condamnées et la détermination de leur régime de détention tiennent compte de leur état de santé (article L. 211-4). Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté recommande, lui, que les personnes dont l'état de santé le requiert soient hébergées dans une cellule répondant aux normes accessibles aux personnes à mobilité réduite. Concrètement, la demande se fait par écrit à la direction, appuyée sur un élément venu de l'unité sanitaire.

Un autre détenu peut-il l'aider au quotidien ?

Oui, dans un cadre précis. L'article L. 322-11 du code pénitentiaire permet à une personne détenue en situation de handicap de désigner un aidant de son choix, et l'administration ne peut s'y opposer que par une décision spécialement motivée. L'article R. 322-35 précise que cet aidant peut être une autre personne détenue, qu'elle doit consentir expressément, et que le chef d'établissement peut s'opposer à la désignation notamment pour des motifs de sécurité ou de maintien de l'ordre. Le code de la santé publique impose en outre une éducation et un apprentissage préalables dispensés par un professionnel de santé. Attention : un codétenu qui rend service sans ce cadre n'est pas un aidant, et le CGLPL considère que cette aide informelle ne peut pas être tenue pour suffisante.

Perd-il son allocation aux adultes handicapés en prison ?

Non, elle ne disparaît pas, mais elle est réduite. L'article R. 324-3 du code pénitentiaire renvoie aux règles du code de la sécurité sociale, et Service-Public indique que l'allocation est ramenée à 30 % de son montant à compter du mois suivant le soixantième jour d'incarcération. La réduction ne s'applique pas dans trois situations : au moins un enfant à charge au sens des prestations familiales, un ascendant à charge au sens fiscal auquel une pension alimentaire est versée, ou un conjoint qui ne travaille pas pour un motif reconnu par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées. À la fin de la détention, le montant maximal est de nouveau versé. Nous ne donnons pas de chiffre ici : le montant est revalorisé régulièrement, il figure sur la page de Service-Public.

Et la prestation de compensation du handicap, est-elle maintenue ?

Nous ne pouvons pas l'affirmer. La page officielle de Service-Public consacrée à cette prestation décrit qui l'attribue — la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées — et qui la verse — le conseil départemental — mais ne décrit aucune règle propre à l'incarcération. Posez donc la question par écrit à la maison départementale des personnes handicapées et au conseil départemental, en précisant la situation exacte de votre proche. Le CGLPL relève par ailleurs que l'évaluation médico-sociale nécessaire à ces droits n'est souvent pas réalisée en détention : c'est le service pénitentiaire d'insertion et de probation qu'il faut solliciter pour la faire avancer.

Peut-il sortir de prison parce qu'il est handicapé ?

Pas automatiquement. L'article 720-1-1 du code de procédure pénale permet de suspendre la peine lorsqu'une expertise médicale établit une pathologie engageant le pronostic vital, ou un état de santé physique ou mentale durablement incompatible avec le maintien en détention, sauf risque grave de renouvellement de l'infraction. En cas d'urgence, un certificat du médecin responsable de la structure sanitaire peut suffire. C'est le juge de l'application des peines ou le tribunal de l'application des peines qui décide, selon la peine prononcée et la durée restant à subir. C'est l'avocat qui saisit le juge : aucune démarche familiale ne déclenche cette procédure.

Puis-je lui envoyer un fauteuil, des protections ou un appareillage ?

Non. Le matériel médical et l'appareillage passent par l'unité sanitaire et par l'établissement, jamais par un colis familial. L'Assurance Maladie rappelle que les médicaments sont fournis par l'établissement pénitentiaire et que les frais de santé sont pris en charge sans avance de frais dès la mise sous écrou. Un envoi non autorisé sera refusé et peut créer un problème disciplinaire à votre proche. La bonne démarche est de lui faire écrire à l'unité sanitaire, en décrivant son besoin.

Personne ne me répond, à qui m'adresser ?

Écrivez à la direction de l'établissement plutôt que d'insister au standard, et gardez une copie datée. Faites demander à votre proche un entretien au service pénitentiaire d'insertion et de probation. Si la situation ne bouge pas, prenez contact avec un avocat, et vous pouvez saisir gratuitement le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui a publié un avis entier sur ces situations, ou le Défenseur des droits, dont un délégué est présent dans chaque établissement. Aucune de ces démarches ne se paie.

Passer à l’action

Demander un rendez-vous à l'unité sanitaire Modèle gratuit destiné à la personne détenue elle-même : c'est par ce courrier que se demandent une consultation, un appareillage ou une évaluation de la dépendance.Demander un entretien au SPIP Le SPIP est l'interlocuteur pour la MDPH, la PCH, l'AAH et le lien avec les services extérieurs. Ce modèle aide à poser la demande par écrit.Étape suivante : comprendre les soins en détention Qui soigne, qui décide, pourquoi le secret médical vous bloque au téléphone, et comment se demande une consultation.Fiche : santé, soins et souffrance psychique La version courte, à garder sous la main ou à imprimer avant un parloir.Demander un transfert ou un rapprochement Si l'établissement actuel n'est pas adapté, le changement d'établissement se demande par écrit et s'appuie sur un élément médical.Trouver l'établissement et ses coordonnées Adresse postale et standard, pour écrire à la direction plutôt que d'insister au téléphone, et espace d'accueil des familles.

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Les textes sur lesquels repose cet article

Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.

Pour aller plus loin

Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

  • Source officielle« Je suis en détention » : le guide du détenu arrivant (page de présentation) (nouvelle fenêtre)

    Ministère de la Justice — direction de l'administration pénitentiaire

    Page officielle de mise à disposition du guide remis aux personnes arrivant en détention, avec le PDF en téléchargement (mise à jour affichée : mars 2026).

  • Source officielleEnvoyer de l'argent à un proche en détention (nouvelle fenêtre)

    Ministère de la Justice

    Explique que le versement se fait par virement bancaire (le mandat justice a été supprimé), avec RIB de la régie des comptes nominatifs, numéro d'écrou, nom et prénoms, et un crédit du compte sous 2 à 4 jours ouvrés.

    À savoirPage rédigée du point de vue du virement bancaire classique : un service de virement en ligne existe désormais aussi sur le portail de l'administration pénitentiaire (voir lien service-public « Virement bancaire à un détenu »).

  • Source officielleVirement bancaire à un détenu (service en ligne) (nouvelle fenêtre)

    Service-Public.gouv.fr / Ministère chargé de la justice

    Fiche de démarche officielle qui renvoie vers le service en ligne du portail de l'administration pénitentiaire permettant de verser de l'argent sur le compte d'une personne détenue.

    À savoirLa fiche ne détaille ni les conditions (permis de visite) ni les plafonds : ils s'appliquent sur le portail lui-même.

  • Source officielleVie en prison : droit de visite, accès au téléphone, réception d'argent, etc. (nouvelle fenêtre)

    Service-Public.gouv.fr (DILA)

    Fiche de référence sur le quotidien en détention : ouverture du compte nominatif à l'arrivée, deux façons de recevoir de l'argent (portail pénitentiaire ou virement sur le RIB de la régie), délai de 2 à 4 jours ouvrés, et liste des achats possibles en cantine.

  • Source officielleCode pénitentiaire — Article R332-3 (subsides en argent) (nouvelle fenêtre)

    Légifrance (DILA)

    Article qui pose qui peut envoyer de l'argent : les titulaires d'un permis permanent de visite ou les personnes autorisées par le chef d'établissement, les sommes étant ensuite réparties selon les règles du compte nominatif.

  • Source officiellePrison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus (nouvelle fenêtre)

    Justice.fr — ministère de la Justice (contenu Service-Public / DILA)

    Fiche mise à jour le 7 mai 2025 distinguant les droits du condamné et ceux du prévenu : mariage ou Pacs en détention, autorité parentale, visite des enfants, et permis de visite exigé pour les témoins, le conjoint ou le notaire.

  • AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)

    Observatoire international des prisons — section française

    Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.

    À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.

  • AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)

    FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)

    Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).

  • AssociationGarder le contact, c'est possible — avoir un parent incarcéré (nouvelle fenêtre)

    UFRAMA, avec le soutien du ministère de la Justice, du Défenseur des droits et de la Fondation de France

    Site d'information conçu pour les adolescents et jeunes adultes ayant un parent détenu : démarches pour obtenir un permis de visite, ce qui se passe au parloir, et moyens de reprendre ou garder le lien, avec un formulaire de questions anonymes.

    À savoirRessource associative (UFRAMA) soutenue par le ministère de la Justice, mais qui n'est pas une source officielle de droit : vérifier les règles applicables auprès de l'établissement pénitentiaire.

Liens vérifiés le 29 juillet 2026.

À lire ensuite

Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.