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Envoyer de l’argent en détention : le mandat cash n’existe plus

Des pages encore en ligne décrivent l’envoi d’argent par mandat cash. C’est terminé : ce moyen a été supprimé pour la détention au 1er janvier 2018, et le « mandat Justice » qui l’avait remplacé au 31 décembre 2018. Depuis le 1er janvier 2019, il n’existe plus que la voie bancaire. Voici les deux canaux réels, ce qu’il faut écrire pour que l’argent arrive, et ce qu’il devient une fois arrivé — car il n’est pas intégralement disponible.

Qui a le droit d’envoyer de l’argent

Ce n’est pas ouvert à tout le monde. Le code pénitentiaire prévoit que « les personnes détenues peuvent recevoir des subsides en argent des personnes titulaires d’un permis permanent de visite ou autorisées par le chef d’établissement » (article R. 332-3).

Deux cas, donc : vous avez un permis de visite permanent, ou vous demandez une autorisation au chef d’établissement. Certains établissements acceptent l’envoi sans permis de visite : cela se vérifie auprès de l’établissement concerné, ce n’est pas une règle nationale.

À savoir avant d’agir. Une sanction disciplinaire peut interdire à une personne détenue de recevoir des subsides de l’extérieur, pour une durée maximale de deux mois (article R. 233-1). Un envoi peut donc être refusé pour une raison qui ne vous concerne pas.

Les deux canaux, et lequel choisir

1. Le virement bancaire classique

Vous demandez le RIB de la régie des comptes nominatifs à l’établissement, puis vous faites un virement depuis votre banque. C’est la voie qui fonctionne dans tous les cas, y compris sans permis de visite si l’établissement l’autorise.

2. Le virement en ligne sur le portail officiel

Sur penitentiaire.justice.fr, avec une authentification FranceConnect. Ce service exige un permis de visite valide enregistré sur votre espace personnel : sans lui, vous ne pourrez pas l’utiliser.

Dans les deux cas, l’argent arrive sur le compte nominatif de la personne, pas dans ses mains. L’administration annonce un délai de l’ordre de deux à quatre jours ouvrés, et précise que le virement est irrévocable : une erreur de destinataire ne se rattrape pas.

À savoir avant d’agir. Aucune remise d’argent n’est possible au parloir. Le code prévoit que le personnel « empêche toute remise d’argent, de lettres ou d’objets quelconques » pendant les visites (article R. 341-12). Arriver avec un billet, c’est risquer l’incident pour rien.

Ce qu’il faut écrire pour que l’argent arrive

  • Le nom et le ou les prénoms de la personne détenue, exactement comme à l’état civil.
  • Son numéro d’écrou. C’est ce qui permet de ne pas confondre deux personnes portant le même nom.
  • Le libellé demandé par l’établissement, s’il en impose un.
  • Votre propre identité, pour que la régie sache qui envoie.

Un virement incomplet ou illisible peut être rejeté, de même qu’un virement provenant d’une personne non autorisée à envoyer de l’argent. Conservez toujours la preuve du virement : c’est le seul élément que vous pourrez présenter en cas de litige.

Le numéro d’écrou change après un transfert

Il existe un numéro d’écrou initial et un numéro actuel. Après un transfert, vérifiez le numéro avant tout nouvel envoi.

Ce que devient l’argent : la partie que personne n’explique

C’est le point le plus mal compris, et celui où circulent le plus de chiffres faux. L’argent envoyé n’est pas intégralement disponible pour la personne détenue : le compte nominatif est divisé en plusieurs parts, selon un mécanisme fixé par le code de procédure pénale (article 728-1) et détaillé par le code pénitentiaire.

Le seuil à connaître est de 200 euros par mois : « Toutes les sommes reçues par les personnes détenues sont considérées comme ayant un caractère alimentaire, si elles n’excèdent pas 200 euros chaque mois. Cette somme est doublée à l’occasion des fêtes de fin d’année » (article D. 332-10 du code pénitentiaire). Jusqu’à ce seuil, la somme est entièrement versée sur la part disponible — celle que la personne peut réellement dépenser.

Au-delà, une fraction est automatiquement prélevée, selon des taux qui augmentent par tranches (article D. 332-12), au profit de la part réservée à l’indemnisation des parties civiles et des créanciers d’aliments. Un prélèvement au titre du pécule de libération est également prévu (article D. 332-13) : cette somme est indisponible pendant la détention et remise à la sortie.

À savoir avant d’agir. Il n’existe PAS de plafond national interdisant d’envoyer plus qu’une certaine somme. Les seuls véritables plafonds sont fixés établissement par établissement pour le virement en ligne, et affichés sur le portail officiel. Si vous lisez ailleurs qu’il existe un plafond de 183 euros, c’est faux : ce chiffre correspond à la conversion d’un ancien seuil en francs, dans un texte qui n’est plus en vigueur.

Conséquence pratique

Envoyer 200 euros par mois plutôt que 600 euros d’un coup laisse davantage d’argent réellement disponible à votre proche. La répartition varie selon la situation pénale — la régie des comptes nominatifs de l’établissement est le seul interlocuteur qui puisse vous dire ce qu’il en est dans son cas.

Si vous ne pouvez pas envoyer d’argent

Beaucoup de familles s’épuisent financièrement à soutenir un proche détenu, et le disent rarement. Deux choses à savoir.

  • Un dispositif d’aide matérielle existe pour les personnes détenues dépourvues de ressources suffisantes : il relève de l’établissement et se demande sur place, par écrit.
  • Le travail et la formation en détention procurent des ressources propres : c’est un sujet à aborder avec le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation.
  • Vous n’êtes pas responsable de la subsistance de votre proche. Vous épuiser ne l’aidera pas, et le dire n’est pas un abandon.

Questions fréquentes

Peut-on encore envoyer un mandat cash à un détenu ?

Non. Le mandat cash a été supprimé pour l’envoi d’argent en détention au 1er janvier 2018, et le mandat Justice qui l’avait remplacé au 31 décembre 2018. Depuis le 1er janvier 2019, seule la voie bancaire existe. Le mandat cash continue d’exister comme produit de transfert d’argent en général, mais plus vers la détention.

Y a-t-il un plafond au montant que je peux envoyer ?

Il n’existe pas de plafond national. Certains établissements fixent un plafond pour le virement en ligne, affiché sur le portail officiel. En revanche, seules les sommes reçues jusqu’à 200 euros par mois — montant doublé à l’occasion des fêtes de fin d’année — sont intégralement versées sur la part disponible (article D. 332-10).

Faut-il un permis de visite pour envoyer de l’argent ?

Le code réserve l’envoi aux titulaires d’un permis permanent de visite ou aux personnes autorisées par le chef d’établissement (article R. 332-3). Le service en ligne exige un permis valide ; le virement bancaire classique peut être accepté sans permis selon l’établissement — à vérifier auprès de lui.

Combien de temps met l’argent pour arriver ?

L’administration indique un ordre de grandeur de deux à quatre jours ouvrés. Le virement est irrévocable et peut être rejeté si les informations sont incomplètes ou si l’expéditeur n’est pas autorisé.

Puis-je donner de l’argent directement au parloir ?

Non. Le code prévoit que le personnel empêche toute remise d’argent, de lettres ou d’objets pendant les visites (article R. 341-12).

Que faire si je n’ai pas les moyens d’envoyer de l’argent ?

Un dispositif d’aide matérielle existe pour les personnes détenues sans ressources suffisantes : il se demande par écrit auprès de l’établissement. Le travail et la formation en détention procurent aussi des ressources propres, à évoquer avec le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation.

Passer à l’action

Fiche à imprimer : envoyer de l’argent La démarche pas à pas, avec ses sources datées.Trouver la régie de l’établissement Coordonnées officielles pour demander le RIB.Modèles de courriers Demande d’autorisation au chef d’établissement, entre autres.

Les textes sur lesquels repose cet article

Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.

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Liens vérifiés le 29 juillet 2026.

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Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 30/07/2026.