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Le fichier TAJ : ce qu'il est et comment demander son effacement
Le TAJ n'est pas le casier judiciaire : c'est un fichier de police, distinct, qui peut vous concerner même sans condamnation. Cette page explique ce qu'il contient, combien de temps les données y restent, et comment demander leur effacement ou leur rectification auprès du procureur de la République. Elle s'adresse aux personnes mises en cause dans une enquête et à leurs proches.
La réponse en trente secondes
Le TAJ (traitement d'antécédents judiciaires) est un fichier de police, pas un fichier de justice. Il enregistre les personnes mises en cause dans une enquête — pas seulement les personnes condamnées — ainsi que les victimes. Une personne relaxée, acquittée ou dont l'affaire a été classée sans suite peut donc y figurer, et son inscription n'a rien à voir avec son casier judiciaire.
- Vérifiez d'abord si votre situation le permet : le droit de demander l'effacement s'ouvre après une décision définitive favorable (relaxe, acquittement, non-lieu, classement sans suite), ou quand aucune mention pénale ne figure plus à votre casier judiciaire.
- Écrivez au procureur de la République territorialement compétent, de préférence par lettre recommandée avec avis de réception, en identifiant précisément la procédure concernée.
- Le procureur répond dans un délai de deux mois. Sans réponse, cela vaut refus.
- En cas de refus, un recours existe devant le président de la chambre de l'instruction.
À savoir avant d’agir. Cette page décrit des règles générales prévues par le code de procédure pénale. Elle ne remplace pas l'analyse d'un avocat, en particulier pour évaluer vos chances d'obtenir l'effacement dans une situation précise, ou pour contester un refus du procureur.
TAJ et casier judiciaire : deux fichiers différents
Ce sont deux fichiers séparés, tenus par des autorités différentes, et il est fréquent de confondre les deux.
- Le TAJ est un fichier de police, placé sous le contrôle du procureur de la République. Il enregistre les personnes mises en cause dans une enquête, qu'elles soient ensuite condamnées ou non, ainsi que les victimes.
- Le casier judiciaire est tenu par le ministère de la justice. Il ne recense que les condamnations prononcées par une juridiction, pas les simples mises en cause.
- Être effacé du TAJ n'efface pas automatiquement une mention au casier judiciaire, et inversement. Ce sont deux démarches distinctes, avec des règles et des interlocuteurs différents.
Vous cherchez plutôt le casier judiciaire ?
Pour tout ce qui concerne les bulletins n°1, n°2 et n°3 du casier judiciaire, la demande de bulletin n°3, ou l'effacement d'une condamnation, le guide dédié répond à ces questions : casier-judiciaire-bulletins-et-effacement.
Ce que contient le TAJ, et qui peut y figurer
Le TAJ (traitement d'antécédents judiciaires) a été créé pour faciliter la constatation des infractions, le rassemblement des preuves et la recherche des auteurs. Il est utilisé lors d'enquêtes judiciaires, mais aussi dans certaines enquêtes administratives — par exemple pour le recrutement à des postes considérés comme sensibles (sécurité, défense, transport de fonds).
- Les personnes mises en cause dans une enquête, même sans condamnation ultérieure.
- Les victimes d'infractions.
- Selon la CNIL, ce fichier regroupait plusieurs dizaines de millions de fiches, personnes mises en cause et victimes confondues.
À savoir avant d’agir. Figurer au TAJ ne signifie pas avoir été condamné. Une personne mise en cause puis relaxée, ou dont l'enquête a été classée sans suite, peut rester inscrite tant qu'elle n'a pas obtenu l'effacement.
Combien de temps les données restent inscrites
Les durées de conservation sont fixées par le code de procédure pénale (article R. 40-27 et articles voisins). Elles varient selon le statut de la personne et la gravité de l'infraction.
- Pour un majeur mis en cause : vingt ans par défaut, avec des durées réduites pour certaines infractions routières ou délits spécifiques, et une durée allongée à quarante ans pour une liste de crimes graves.
- Pour un mineur mis en cause : des durées réduites, échelonnées selon la gravité des faits.
- Pour une victime : quinze ans au maximum.
- En cas de nouvelle infraction pendant la période de conservation, c'est le délai le plus long qui s'applique à l'ensemble des données concernant la personne.
Ces durées ne sont pas des garanties d'effacement automatique à leur terme pour toutes les situations : elles fixent la durée maximale de conservation, mais un effacement anticipé peut être demandé plus tôt dans les cas prévus par la loi.
Comment demander l'effacement ou la rectification
L'article 230-8 du code de procédure pénale prévoit que le traitement du TAJ est opéré sous le contrôle du procureur de la République. C'est lui qui peut ordonner l'effacement, la rectification ou l'ajout d'une mention aux données, d'office ou à la demande de la personne concernée.
- Identifiez la procédure judiciaire concernée : date, lieu, nature de l'affaire. La demande doit s'y référer précisément.
- Adressez votre demande par lettre recommandée avec avis de réception au procureur de la République territorialement compétent. Pour les procédures concernant plusieurs départements, un magistrat référent TAJ centralise les demandes à Paris.
- Précisez ce que vous demandez : effacement des données, ou rectification si une information est inexacte, notamment après une requalification judiciaire.
- Attendez la réponse. Le procureur dispose d'un délai de deux mois pour se prononcer. L'absence de réponse dans ce délai vaut décision de refus.
- En cas de refus, exercez le recours prévu devant le président de la chambre de l'instruction.
Avant de demander l'effacement
Le droit de demander l'effacement suppose en principe une décision définitive favorable (relaxe, acquittement, non-lieu, classement sans suite non assorti d'une mesure alternative), ou l'absence de toute mention pénale au casier judiciaire. Dans les autres situations, la démarche a peu de chances d'aboutir : un avocat peut évaluer si votre dossier est en état de le faire.
Ce qui peut bloquer l'effacement, et les conséquences pratiques d'une fiche TAJ
- Une condamnation définitive maintient en principe l'inscription : l'effacement n'est pas automatique du seul fait d'avoir purgé une peine.
- Le procureur peut refuser l'effacement si le maintien de la donnée reste utile à une procédure en cours ou à la prévention d'infractions.
- En cas de classement sans suite ou de non-lieu, les données ne sont pas effacées automatiquement par défaut : elles font l'objet d'une mention, sauf si le procureur ordonne expressément leur effacement.
Une inscription au TAJ peut avoir des conséquences concrètes, en dehors même de toute condamnation : elle peut ressortir lors d'un contrôle d'identité, ou lors d'une enquête administrative demandée pour certains emplois considérés comme sensibles. C'est une des raisons pour lesquelles la demande d'effacement, quand les conditions sont réunies, a un intérêt pratique réel, indépendamment du casier judiciaire.
Questions fréquentes
Le TAJ, c'est la même chose que le casier judiciaire ?
Non. Le TAJ est un fichier de police, contrôlé par le procureur de la République, qui enregistre les personnes mises en cause dans une enquête et les victimes, condamnation ou non. Le casier judiciaire, lui, est tenu par le ministère de la justice et ne recense que les condamnations. Les deux fichiers sont indépendants : être effacé de l'un n'efface pas automatiquement l'autre.
Peut-on figurer au TAJ sans avoir été condamné ?
Oui. Le TAJ enregistre les personnes mises en cause dans une enquête, y compris quand l'affaire se termine par une relaxe, un acquittement, un non-lieu ou un classement sans suite. L'inscription ne disparaît pas automatiquement dans tous ces cas : une demande d'effacement peut être nécessaire.
À qui adresser une demande d'effacement du TAJ ?
Au procureur de la République territorialement compétent pour la procédure concernée, par lettre recommandée avec avis de réception de préférence. Pour les affaires concernant plusieurs départements, un magistrat référent TAJ centralise les demandes à Paris.
Combien de temps le procureur a-t-il pour répondre ?
L'article 230-8 du code de procédure pénale prévoit un délai de deux mois. Si aucune réponse n'arrive dans ce délai, cela équivaut à un refus, contre lequel un recours existe devant le président de la chambre de l'instruction.
Combien de temps les données restent-elles dans le TAJ ?
Cela dépend du statut de la personne et de la gravité des faits : vingt ans par défaut pour un majeur mis en cause (avec des durées réduites ou allongées selon les infractions), des durées réduites pour un mineur, et quinze ans au maximum pour une victime. Ces durées sont fixées par le code de procédure pénale.
Une inscription au TAJ peut-elle gêner une recherche d'emploi ?
Elle ne s'affiche pas comme le casier judiciaire à un employeur privé ordinaire. Mais le TAJ peut être consulté dans le cadre d'enquêtes administratives, notamment pour certains postes considérés comme sensibles (sécurité, défense, transport de fonds). C'est une des raisons pour lesquelles demander l'effacement, quand les conditions sont réunies, garde un intérêt concret.
Un proche peut-il faire la demande d'effacement à ma place ?
La demande porte sur des données personnelles et vise en principe la personne concernée elle-même. Si vous voulez qu'un proche ou un avocat s'en charge pour vous, une procuration ou un mandat clair est nécessaire ; un avocat reste le mieux placé pour sécuriser la démarche.
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Les textes sur lesquels repose cet article
Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.
- Article 230-8 du code de procédure pénale (nouvelle fenêtre)Légifrance · Code de procédure pénale, art. 230-8 · consulté le 5 août 2026
- Section 1 : Du traitement d'antécédents judiciaires (articles R. 40-23 à R. 40-34) (nouvelle fenêtre)Légifrance · Code de procédure pénale, art. R. 40-23 à R. 40-34, dont R. 40-27 · consulté le 5 août 2026
- TAJ : comment exercer vos droits ? (nouvelle fenêtre)CNIL · Fiche pratique CNIL sur le traitement d'antécédents judiciaires · consulté le 5 août 2026
Pour aller plus loin
Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.
- AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)
Observatoire international des prisons — section française
Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.
À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.
- AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)
FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)
Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).
Liens vérifiés le 29 juillet 2026.
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Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.