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Je rêve qu'un jour mes quatre enfants vivront dans une nation où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau, mais à la nature de leur caractère.
Martin Luther King Jr.Discours « I Have a Dream », 1963
Droits & justice

Être indemnisé après une détention provisoire jugée injustifiée

Une personne a été placée en détention provisoire, puis la procédure s'est terminée par un non-lieu, une relaxe ou un acquittement devenu définitif. Cette page explique le principe du droit à réparation prévu par le code de procédure pénale, qui peut le demander, à qui, et dans quel délai. Elle ne remplace pas l'analyse d'un avocat, indispensable pour construire ce type de demande.

La réponse en trente secondes

À savoir avant d’agir. Cette page décrit le principe général posé par le code de procédure pénale. Chaque situation est différente : le montant, les chances d'aboutir et la rédaction de la demande se préparent avec un avocat, jamais seul.

Une personne qui a été placée en détention provisoire, et dont la procédure s'est ensuite terminée par une décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive, a droit, sur sa demande, à la réparation intégrale du préjudice moral et matériel causé par cette détention (article 149 du code de procédure pénale).

À qui adresser la demande

Au premier président de la cour d'appel dans le ressort de laquelle a été prononcée la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement (article 149-1 du code de procédure pénale).

Délai pour agir

Six mois à compter du jour où la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement est devenue définitive (article 149-2 du code de procédure pénale).

Le principe : un droit à réparation, pas une charité

Le code de procédure pénale pose un principe clair : une détention provisoire suivie d'un non-lieu, d'une relaxe ou d'un acquittement définitif ouvre droit à réparation. Ce n'est pas une faveur accordée au cas par cas, c'est un droit inscrit dans la loi (article 149 du code de procédure pénale).

Ce droit concerne la personne qui a été détenue elle-même. C'est elle qui doit faire la demande — la réparation n'est pas automatique, elle doit être demandée.

Ce qui déclenche le droit à demander réparation

Une décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement, et cette décision doit être devenue définitive (c'est-à-dire qu'aucun recours n'est plus possible contre elle).

Les cas où la réparation n'est pas due

L'article 149 du code de procédure pénale prévoit des exceptions. Dans ces situations précises, la réparation n'est pas accordée même après un non-lieu, une relaxe ou un acquittement :

  • La décision repose uniquement sur la reconnaissance de l'irresponsabilité pénale de la personne (article 122-1 du code pénal).
  • Une amnistie est intervenue après la mise en détention provisoire.
  • La prescription de l'action publique est intervenue après la libération, alors que la personne était détenue en même temps pour une autre cause.
  • La personne s'est librement et volontairement accusée, ou s'est laissée accuser à tort, pour faire échapper le véritable auteur des faits aux poursuites.

À savoir avant d’agir. Ces exceptions sont d'interprétation stricte et leur application dépend des faits précis de chaque dossier. Seul un avocat peut dire si l'une d'elles s'applique dans une situation donnée.

Comment se déroule la demande

  1. La demande est adressée par requête au premier président de la cour d'appel du ressort où a été prononcée la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement (article 149-1 du code de procédure pénale).
  2. Elle doit être déposée dans un délai de six mois à compter du jour où cette décision est devenue définitive (article 149-2 du code de procédure pénale).
  3. Le premier président statue par une décision motivée. Les débats ont lieu en audience publique, sauf si la personne s'y oppose. Elle peut demander à être entendue personnellement ou par l'intermédiaire de son avocat (article 149-2 du code de procédure pénale).
  4. Si la personne conteste la décision du premier président, un recours est possible dans les dix jours de sa notification devant la commission nationale de réparation des détentions, rattachée à la Cour de cassation (article 149-3 du code de procédure pénale).

À savoir avant d’agir. Le délai de six mois est un délai légal strict. Le dépasser peut faire perdre le droit à demander réparation. Contacter un avocat le plus tôt possible après la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement.

Ce que la réparation peut couvrir

L'article 149 parle de réparation intégrale du préjudice moral et matériel causé par la détention. Concrètement, cela peut concerner par exemple une perte de revenus, un emploi perdu, ou un préjudice moral lié à la détention elle-même.

À la demande de la personne concernée, l'évaluation du préjudice peut se faire par une expertise contradictoire, dans les conditions prévues par le code de procédure pénale.

À savoir avant d’agir. Aucun montant, aucun barème et aucun délai de traitement ne sont fixés à l'avance par la loi : chaque dossier est évalué individuellement par le premier président de la cour d'appel. Personne ne peut promettre un résultat ou un chiffre avant l'examen du dossier.

Comment agir concrètement

Cette démarche se prépare avec un avocat. Il connaît les pièces à réunir, sait comment chiffrer le préjudice et comment rédiger la requête pour respecter le délai de six mois.

  • Contacter un avocat dès que la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devient définitive, sans attendre.
  • Conserver tous les justificatifs liés à la détention : perte d'emploi, arrêts de travail, factures, tout document pouvant établir un préjudice matériel.
  • Vérifier avec l'avocat si une des exceptions prévues par l'article 149 pourrait s'appliquer au dossier avant d'engager la procédure.
  • Si les moyens financiers sont limités, se renseigner sur l'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire.

Questions fréquentes

Qui peut demander une indemnisation après une détention provisoire ?

La personne qui a elle-même subi la détention provisoire, à condition que la procédure engagée contre elle se soit terminée par un non-lieu, une relaxe ou un acquittement devenu définitif (article 149 du code de procédure pénale).

À qui envoyer la demande d'indemnisation ?

Au premier président de la cour d'appel dans le ressort de laquelle a été prononcée la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement (article 149-1 du code de procédure pénale). C'est une démarche à préparer avec un avocat.

Dans quel délai faut-il agir ?

Dans les six mois à compter du jour où la décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement est devenue définitive (article 149-2 du code de procédure pénale). Passé ce délai, le droit à demander réparation peut être perdu.

Est-ce que la réparation est automatique ?

Non. C'est un droit à demander, pas une réparation versée d'office. Il faut saisir le premier président de la cour d'appel par requête dans le délai légal.

Y a-t-il des cas où la réparation n'est pas due malgré un non-lieu ou un acquittement ?

Oui. L'article 149 du code de procédure pénale prévoit des exceptions : reconnaissance de l'irresponsabilité pénale, amnistie postérieure à la détention, prescription de l'action publique intervenue après la libération pour une autre cause de détention, ou personne s'étant volontairement accusée ou laissée accuser à tort pour protéger le véritable auteur des faits.

Que faire si la décision du premier président ne convient pas ?

Un recours est possible dans les dix jours de la notification devant la commission nationale de réparation des détentions, rattachée à la Cour de cassation (article 149-3 du code de procédure pénale).

Quel montant peut-on espérer obtenir ?

Aucun montant n'est fixé à l'avance par la loi. La réparation vise le préjudice moral et matériel réellement subi, évalué au cas par cas, si besoin par une expertise contradictoire. Un avocat est le seul interlocuteur capable d'estimer un dossier précis.

Passer à l’action

Trouver un avocat Cette démarche se prépare avec un avocat : consultez d'abord ce qu'il peut faire pour un recours.Comprendre la détention provisoire Le fonctionnement général de la détention provisoire, avant cette étape de réparation.Faire appel d'une condamnation Un autre recours possible après une décision de justice contestée.Papiers et droits à la sortie de prison Après la détention, les démarches administratives à ne pas oublier.Trouver l'établissement concerné Identifier la cour d'appel et l'établissement liés à la procédure.

Votre situation n’est pas celle-là ? Poser la question à CLÉA — la recherche s’exécute sur votre appareil, rien n’est envoyé.

Les textes sur lesquels repose cet article

Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.

Pour aller plus loin

Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

  • AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)

    Observatoire international des prisons — section française

    Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.

    À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.

  • AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)

    FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)

    Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).

Liens vérifiés le 29 juillet 2026.

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Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.