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Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent.
Marcel ProustÀ l’ombre des jeunes filles en fleurs, 1919
Famille & parloir

Tenir quand un proche est en prison : où trouver un soutien psychologique

Quand quelqu'un entre en prison, sa famille reste dehors avec tout le reste : les trajets, l'argent, les enfants, les questions des voisins. Personne ne vous demande jamais comment vous allez, vous. Cette page rassemble les endroits où l'on écoute les proches, gratuitement, sans avoir à raconter le dossier pénal.

La réponse en trente secondes

Vous n'êtes pas obligé de tenir seul. Trois portes existent, et elles sont ouvertes aux proches : les numéros d'écoute nationaux, la maison d'accueil des familles près de l'établissement, et votre médecin traitant. Aucune des trois ne vous demande d'expliquer ce qu'a fait votre proche.

  • Le 3114, numéro national de prévention du suicide : gratuit, 24 h/24 et 7 j/7. Service-Public précise que vous pouvez aussi appeler si vous êtes inquiet pour un proche.
  • La maison d'accueil des familles, tenue par une association aux abords de l'établissement : accueil et écoute avant le parloir, parfois garde d'enfants ou hébergement.
  • Votre médecin traitant : l'Assurance maladie le présente comme le point d'entrée accessible pour faire le point, avant ou en même temps qu'un psychologue.

À savoir avant d’agir. Cette page donne des repères, ce n'est pas un avis médical et elle ne remplace pas une consultation. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Si des idées suicidaires sont présentes, pour vous ou pour quelqu'un d'autre, appelez le 3114 : gratuit, 24 h/24 et 7 j/7, des professionnels répondent.

Ce que vous vivez porte un nom, et ce n'est pas de la faiblesse

Une incarcération frappe une personne et déplace la vie de toutes celles qui l'entourent. Vous portez d'un coup une charge que personne n'a vue arriver : les démarches, les trajets, le budget qui se réduit, les enfants à rassurer, et souvent le silence sur ce qui arrive.

  • La honte : ne pas dire où vous allez le samedi matin, changer de sujet au travail, éviter certains membres de la famille.
  • L'isolement : des proches qui s'éloignent, ou que vous éloignez vous-même pour éviter les questions.
  • La culpabilité : chercher ce que vous auriez pu voir venir, ou vous en vouloir d'être en colère contre la personne détenue.
  • L'épuisement : les kilomètres, les horaires de parloir, l'attente, les journées posées, le sommeil qui part.
  • Le sentiment de purger la peine avec lui, sans avoir été jugé.

Rien de tout cela ne se règle par la volonté. Ce sont des raisons valables de demander de l'aide, exactement comme on demande de l'aide pour une douleur physique qui dure.

Un repère simple

Si le sommeil, l'appétit, le travail ou la relation avec vos enfants sont touchés depuis plusieurs semaines, parlez-en à un professionnel. Vous n'avez pas à attendre d'aller très mal pour consulter.

Les numéros d'écoute nationaux, avec leurs horaires réels

Ces lignes sont nationales, gratuites, et ne dépendent pas de l'administration pénitentiaire. Ce que vous y dites ne remonte pas au dossier de votre proche.

3114 — prévention du suicide

Gratuit, 24 h/24 et 7 j/7. Des professionnels répondent : écoute, évaluation, orientation, suivi de crise. Service-Public indique que vous pouvez aussi appeler si vous êtes inquiet pour un proche.

0 800 235 236 — Fil Santé Jeunes

Pour les 12-25 ans. Appel gratuit et anonyme, du lundi au dimanche de 9 h à 23 h. Un tchat individuel est ouvert tous les jours de 9 h à 22 h. Un service en langue des signes et en LfPC existe du lundi au vendredi de 9 h à 17 h 30, et le samedi de 9 h à 12 h 30.

119 — Enfance en danger

Gratuit, confidentiel, 24 h/24. Un tchat est ouvert tous les jours de 15 h à 21 h pour les moins de 21 ans. Le 116 111 est le numéro européen équivalent.

3018 — harcèlement scolaire et violences numériques

Gratuit, anonyme et confidentiel, 7 j/7 de 9 h à 23 h. Utile si un enfant est pris pour cible à cause de l'incarcération d'un parent.

À savoir avant d’agir. Ces lignes écoutent, informent et orientent. Elles n'ont aucun pouvoir sur le dossier pénal, sur un permis de visite ou sur un transfert. Pour ces sujets, l'interlocuteur reste l'avocat, le greffe pénitentiaire ou le service pénitentiaire d'insertion et de probation.

La maison d'accueil des familles, le premier relais près de l'établissement

Devant beaucoup d'établissements, une association tient un lieu d'accueil pour les familles et les proches. Ce sont souvent des bénévoles formés à l'écoute. C'est le seul endroit où personne n'a besoin d'explication : tout le monde y est pour la même raison.

L'UFRAMA, réseau national reconnu d'utilité publique, fédère ces associations et publie un annuaire public. Selon cet annuaire, les associations accueillent les familles et les proches en attente de parloir, et certaines proposent la garde des enfants pendant la durée du parloir, un hébergement, ou un accompagnement pour les trajets.

  1. Ouvrez la fiche de l'établissement sur ce site : la maison d'accueil y figure quand elle est connue.
  2. Sinon, cherchez dans l'annuaire de l'UFRAMA, par mots-clés ou par région.
  3. Appelez l'association avant de vous déplacer : demandez les horaires d'ouverture et ce qu'elle propose réellement.
  4. Si vous venez de loin, posez la question de l'hébergement la veille du parloir, et de l'accompagnement pour le trajet.

À savoir avant d’agir. Les prestations ne sont pas les mêmes partout : toutes les associations n'ont ni hébergement, ni accueil d'enfants. Ne partez jamais en comptant sur un service que vous n'avez pas confirmé au téléphone.

Le médecin traitant, la porte d'entrée du soin

L'Assurance maladie cite quatre interlocuteurs pour un adulte en souffrance psychique : le médecin traitant, le psychiatre, le psychologue et le médecin du travail. Le médecin traitant est présenté comme l'entrée la plus accessible : on consulte d'abord son médecin pour faire le point sur son état de santé.

  • Il fait le point avec vous, sans que vous ayez à tout raconter d'un coup.
  • Il peut vous orienter vers un psychologue conventionné dans le cadre de Mon soutien psy.
  • Il peut vous orienter vers un centre médico-psychologique ou vers un psychiatre.
  • Si c'est le travail qui craque en premier, l'Assurance maladie cite aussi le médecin du travail.

Vous choisissez ce que vous dites

Vous pouvez consulter pour de l'épuisement, de l'angoisse ou du sommeil sans détailler la situation pénale de votre proche. L'Assurance maladie rappelle par ailleurs que les parents, les amis et les collègues sont souvent les premiers confidents : parler à une seule personne de confiance est déjà un début.

Voir un psychologue sans que le prix décide à votre place

Deux voies existent, toutes les deux prises en charge par l'Assurance maladie.

Mon soutien psy

Ouvert dès 3 ans, pour une souffrance psychique d'intensité légère à modérée : troubles anxieux, dépressifs, troubles du comportement alimentaire, mésusage de tabac, d'alcool ou de cannabis. Jusqu'à 12 séances par année civile, un entretien d'évaluation puis 11 séances de suivi. La séance est à 50 €. L'Assurance maladie rembourse 60 % du tarif, la complémentaire santé prend généralement les 40 % restants ; en Alsace-Moselle, le régime local prend en charge 30 %.

Le centre médico-psychologique (CMP)

Structure publique qui accueille enfants et adultes, avec des psychiatres, des psychologues, des infirmières et des assistantes sociales. Les CMP sont sectorisés par zone géographique, il en existe plusieurs par département. L'Assurance maladie indique que les consultations en CMP sont entièrement prises en charge.

  1. Pour Mon soutien psy, vous pouvez consulter d'abord un médecin ou une sage-femme, ou prendre rendez-vous directement avec un psychologue partenaire : le passage par le médecin n'est plus obligatoire.
  2. Cherchez un psychologue partenaire dans l'annuaire dédié, sur monsoutienpsy.ameli.fr, qui permet de filtrer pour les enfants et les mineurs.
  3. Pour un CMP, c'est votre lieu d'habitation qui détermine celui dont vous dépendez : contactez-le directement.

À savoir avant d’agir. Un psychologue qui n'est pas partenaire du dispositif peut pratiquer un autre tarif, sans prise en charge. Vérifiez avant le premier rendez-vous que le professionnel figure bien dans l'annuaire Mon soutien psy si c'est la prise en charge qui vous décide.

Les enfants et les adolescents ont besoin d'un autre adulte

Un enfant parle rarement à celui qui souffre déjà. Beaucoup se taisent pour ne pas ajouter au poids que vous portez. Leur ouvrir une porte vers quelqu'un d'extérieur n'est pas un échec de votre part, c'est un soulagement pour eux.

  • Mon soutien psy est ouvert dès 3 ans, et l'annuaire des psychologues partenaires permet de filtrer les professionnels qui reçoivent les enfants et les mineurs.
  • Le CMP accueille aussi bien les enfants que les adultes, et la consultation y est entièrement prise en charge.
  • Fil Santé Jeunes, au 0 800 235 236, est ouvert aux 12-25 ans, gratuitement et anonymement, tous les jours de 9 h à 23 h, avec un tchat de 9 h à 22 h.
  • Le 119 reste joignable 24 h/24 si un enfant est en danger, avec un tchat de 15 h à 21 h pour les moins de 21 ans.
  • Le site gardercontact.fr, créé par l'UFRAMA avec le soutien du ministère de la Justice, du Défenseur des droits, de la Fondation de France et de la direction générale de la cohésion sociale, permet à un adolescent de poser sa question de façon anonyme sur le lien avec un parent incarcéré.

Avant d'en parler au psychologue

Beaucoup de familles butent d'abord sur les mots à employer avec l'enfant. Le guide « Expliquer à un enfant que son parent est en prison » traite précisément ce moment-là.

Quand la fatigue vient d'abord des trajets et de l'argent

Tout n'est pas psychologique. Une partie de l'épuisement des proches vient de contraintes très concrètes : la distance jusqu'à l'établissement, les horaires de parloir, le coût des trajets, la garde des enfants pendant la visite. Traiter ces points-là allège réellement la charge.

  • Demandez à la maison d'accueil si elle organise un accompagnement pour les trajets ou une garde d'enfants pendant le parloir.
  • Une demande écrite d'aide au transport peut être adressée au service pénitentiaire d'insertion et de probation : un modèle gratuit est disponible sur ce site.
  • Si l'éloignement est le problème de fond, la question du rapprochement familial se pose : elle se demande par écrit et s'instruit selon la situation pénale.
  • Si le budget du foyer s'est effondré, les droits de la personne restée dehors sont un sujet à part entière, distinct du soutien psychologique.

À savoir avant d’agir. Personne ne peut vous garantir l'issue d'une demande d'aide au transport ni d'un rapprochement. Ce qui se maîtrise, c'est la qualité de la demande écrite et le bon destinataire.

Questions fréquentes

Existe-t-il un numéro d'écoute réservé aux familles de personnes détenues ?

Les numéros d'écoute mis en avant par les administrations sont des numéros nationaux, ouverts à tous : 3114 pour la prévention du suicide, 0 800 235 236 pour Fil Santé Jeunes, 119 pour l'enfance en danger. Pour un interlocuteur qui connaît spécifiquement la vie des familles de personnes détenues, l'endroit le plus proche est la maison d'accueil des familles tenue par une association aux abords de l'établissement, recensée dans l'annuaire de l'UFRAMA.

Je n'ai pas d'idées suicidaires, ai-je le droit d'appeler le 3114 ?

Oui. Service-Public précise que vous pouvez aussi appeler si vous êtes inquiet pour un proche. Le 3114 est gratuit, ouvert 24 h/24 et 7 j/7, et des professionnels y répondent pour écouter, évaluer et orienter.

Combien coûte une séance chez un psychologue avec Mon soutien psy ?

La séance est fixée à 50 €. L'Assurance maladie en rembourse 60 %, et la complémentaire santé prend généralement les 40 % restants. En Alsace-Moselle, le régime local prend en charge 30 %. Le dispositif permet jusqu'à 12 séances par année civile : un entretien d'évaluation puis 11 séances de suivi.

Faut-il voir un médecin avant de prendre rendez-vous avec un psychologue ?

Non, ce n'est plus obligatoire pour Mon soutien psy : vous pouvez consulter d'abord un médecin ou une sage-femme qui vous oriente, ou prendre directement rendez-vous avec un psychologue partenaire trouvé dans l'annuaire sur monsoutienpsy.ameli.fr. Passer par le médecin traitant reste utile si vous voulez faire le point sur votre état de santé général.

Mon adolescent refuse de m'en parler. Où peut-il trouver une écoute ?

Fil Santé Jeunes reçoit les appels des 12-25 ans au 0 800 235 236, gratuitement et anonymement, du lundi au dimanche de 9 h à 23 h, avec un tchat individuel tous les jours de 9 h à 22 h. Le site gardercontact.fr, créé par l'UFRAMA avec le soutien du ministère de la Justice et du Défenseur des droits, permet aussi de poser une question de façon anonyme sur le lien avec un parent incarcéré.

La maison d'accueil peut-elle m'héberger la veille d'un parloir ?

Certaines associations proposent un hébergement, d'autres non : l'annuaire de l'UFRAMA mentionne l'hébergement parmi les prestations possibles, pas comme une règle générale. Appelez l'association concernée avant de vous déplacer et faites confirmer la disponibilité, les horaires et les conditions.

Passer à l’action

Trouver la maison d'accueil des familles Chaque fiche d'établissement indique l'adresse, le téléphone, les modalités du parloir et la maison d'accueil quand elle est connue.Trouver la bonne démarche Le parcours guidé pose une question à la fois, puis donne le bon destinataire et le modèle de courrier. Gratuit, sans compte.Demander une aide au transport Modèle gratuit de demande écrite au service pénitentiaire d'insertion et de probation, quand les trajets pèsent trop lourd.Ensuite : expliquer à un enfant que son parent est en prison Les mots selon l'âge, les questions sans réponse, et les signes qui doivent faire chercher de l'aide.Les aides pour celui ou celle qui reste dehors Démarches CAF, justificatifs à préparer et points à vérifier quand le budget du foyer s'effondre.Si vous craignez un geste de votre proche détenu Fiche imprimable : à qui signaler une inquiétude à l'intérieur de l'établissement, et par quel canal.

Votre situation n’est pas celle-là ? Poser la question à CLÉA — la recherche s’exécute sur votre appareil, rien n’est envoyé.

Les textes sur lesquels repose cet article

Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.

Pour aller plus loin

Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

  • Source officiellePrison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus (nouvelle fenêtre)

    Justice.fr — ministère de la Justice (contenu Service-Public / DILA)

    Fiche mise à jour le 7 mai 2025 distinguant les droits du condamné et ceux du prévenu : mariage ou Pacs en détention, autorité parentale, visite des enfants, et permis de visite exigé pour les témoins, le conjoint ou le notaire.

  • Source officielle« Je suis en détention » : le guide du détenu arrivant (page de présentation) (nouvelle fenêtre)

    Ministère de la Justice — direction de l'administration pénitentiaire

    Page officielle de mise à disposition du guide remis aux personnes arrivant en détention, avec le PDF en téléchargement (mise à jour affichée : mars 2026).

  • AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)

    FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)

    Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).

  • AssociationGarder le contact, c'est possible — avoir un parent incarcéré (nouvelle fenêtre)

    UFRAMA, avec le soutien du ministère de la Justice, du Défenseur des droits et de la Fondation de France

    Site d'information conçu pour les adolescents et jeunes adultes ayant un parent détenu : démarches pour obtenir un permis de visite, ce qui se passe au parloir, et moyens de reprendre ou garder le lien, avec un formulaire de questions anonymes.

    À savoirRessource associative (UFRAMA) soutenue par le ministère de la Justice, mais qui n'est pas une source officielle de droit : vérifier les règles applicables auprès de l'établissement pénitentiaire.

  • AssociationL'accompagnement d'un enfant au parloir (Relais Parents Enfants) (nouvelle fenêtre)

    REP — Relais Parents Enfants en milieu carcéral

    Explique comment un bénévole accompagne un enfant mineur au parloir vers son parent incarcéré, qui peut faire la demande (parent détenu, personne en charge de l'enfant, travailleur social) et sur quel fondement (décision du JAF ou du juge des enfants, ou accord amiable).

    À savoirAssociation locale (Normandie, permanences à Rouen) : ailleurs en France, rechercher le relais enfants-parents ou l'association d'accueil compétente via l'annuaire UFRAMA ou la FARAPEJ.

Liens vérifiés le 29 juillet 2026.

À lire ensuite

Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.