Tout peut être enlevé à un homme, sauf une chose : la dernière des libertés humaines, celle de choisir son attitude.
Se marier ou se pacser avec une personne détenue
Vous voulez épouser ou pacser votre conjoint incarcéré et vous ne savez pas par où commencer. Cette page explique, à partir des textes et de la procédure officielle, qui autorise l'union, comment se fait la demande, et où elle se célèbre. Elle ne remplace pas l'avis d'un avocat pour votre situation précise.
La réponse en trente secondes
À savoir avant d’agir. Cette page décrit la procédure générale telle qu'elle figure sur justice.fr et dans le code civil. Elle ne remplace pas l'analyse d'un avocat, en particulier si une demande est refusée ou si votre situation sort du cadre général (détention provisoire, mineur, situation contentieuse).
Une personne détenue, condamnée ou prévenue, garde le droit de se marier et de conclure un PACS. La demande écrite se dépose au chef de l'établissement pénitentiaire ou au SPIP. Pour le mariage, c'est le procureur de la République qui autorise l'union ; pour le PACS, le dossier passe par le procureur et par la mairie de la commune où se trouve l'établissement.
Le mariage est en principe célébré en prison par un agent de mairie. Le futur époux ou la future épouse, ainsi que les témoins, doivent chacun demander un permis de visite pour entrer. Le PACS s'enregistre aussi en détention, par un officier d'état civil qui se déplace, ou par un notaire à la demande du détenu.
Ne confondez pas cette démarche avec l'unité de vie familiale (UVF) : l'UVF est un lieu de visite prolongée avec les proches, pas une procédure de mariage ou de PACS. Pour l'UVF, consultez la fiche dédiée.
Le mariage : la procédure telle que décrite par le ministère de la Justice
D'après la fiche officielle justice.fr, la personne détenue qui souhaite se marier doit faire une demande écrite au chef de l'établissement pénitentiaire ou au directeur du SPIP.
- Pièce d'identité de la personne détenue (carte d'identité, passeport)
- Pièce d'identité du futur époux ou de la future épouse
- Pièce d'identité de chaque témoin
- Acte de naissance mentionnant la filiation de chaque partie
- Justificatif de domicile pour les deux parties (si la personne détenue n'a pas de domicile à l'extérieur, elle peut fournir une attestation de domicile au sein de l'établissement)
La demande est transmise au procureur de la République, qui autorise le mariage. Il peut s'y opposer s'il estime que l'union est impossible, par exemple si l'un des futurs époux est mineur.
Le mariage est célébré en prison par un agent de mairie. Le futur époux ou la future épouse, ainsi que les témoins, doivent chacun solliciter un permis de visite pour entrer dans l'établissement le jour de la cérémonie.
Fleurs, repas, photos : ça se demande
D'après justice.fr, la personne détenue peut demander au chef de l'établissement que les personnes présentes lors du mariage apportent des fleurs, de la nourriture et un appareil photo. Cette autorisation reste à la discrétion de l'établissement : renseignez-vous à l'avance.
Se marier en mairie plutôt qu'en détention
Certaines personnes condamnées peuvent obtenir une permission de sortir pour que le mariage ait lieu à l'extérieur, en mairie. D'après justice.fr, cette possibilité concerne les personnes condamnées placées dans l'une de ces situations :
- Peine ou total de peines inférieur ou égal à 1 an
- Peine ou total de peines supérieur à 1 an, ayant déjà exécuté la moitié de la peine et avec un reliquat inférieur à 3 ans
- Peine ou total de peines supérieur à 1 an, ayant exécuté le tiers de la peine dans un centre de détention
- Personne détenue dans un établissement pénitentiaire pour peines aménagées
- La demande de permission de sortir se fait par écrit, adressée au juge de l'application des peines (JAP)
- La personne détenue remet sa demande au chef de l'établissement, qui la transmet au JAP
- En cas de refus, un recours est possible dans les 24 heures suivant la notification, à déposer auprès du chef de l'établissement, qui le transmet à la chambre de l'application des peines
À savoir avant d’agir. Cette voie de la permission de sortir concerne les personnes condamnées. Pour une personne en détention provisoire, la situation et l'autorité compétente sont différentes : parlez-en au SPIP ou à l'avocat, qui pourront confirmer ce qui est possible dans votre cas précis.
Le PACS : une démarche plus simple, ouverte depuis 2009
Avant 2009, conclure un PACS supposait une déclaration conjointe devant l'officier d'état civil de la commune où les deux partenaires fixent leur résidence commune — ce qu'une personne détenue ne pouvait pas faire. La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 a modifié l'article 515-3 du code civil pour permettre la déclaration en cas d'« empêchement grave » à fixer cette résidence commune : la détention en est un.
Concrètement, d'après justice.fr, le détenu qui souhaite conclure un PACS fait une demande écrite au chef de l'établissement ou au directeur du SPIP, accompagnée des pièces suivantes :
- Pièce d'identité du détenu (carte d'identité, passeport)
- Pièce d'identité du futur partenaire de PACS
- Justificatif de domicile pour les deux parties (ou attestation de domicile en détention si nécessaire)
Le dossier est transmis au procureur de la République et à la mairie de la commune où se trouve l'établissement pénitentiaire. Un officier d'état civil se déplace ensuite dans la prison pour enregistrer le PACS. Le partenaire doit obtenir un permis de visite pour participer à cet événement.
Autre option : le notaire
D'après justice.fr, le détenu peut aussi demander l'enregistrement du PACS par un notaire, qui sollicite alors un permis de visite pour dresser le contrat dans l'établissement. Cette démarche est aux frais du détenu.
Ce n'est pas l'unité de vie familiale (UVF)
Le mariage et le PACS sont des actes d'état civil qui créent un statut juridique. L'unité de vie familiale (UVF) est autre chose : un espace de visite prolongée, avec ou sans intimité, réservé aux proches d'une personne détenue selon des conditions propres à chaque établissement.
Une fois marié ou pacsé, cela peut faciliter certaines démarches liées au permis de visite ou à l'UVF, mais ce n'est ni automatique ni immédiat : la fiche UVF explique les conditions et la marche à suivre pour ce type de visite.
Questions fréquentes
Peut-on se marier en prison ?
Oui. Une personne détenue, condamnée ou prévenue, garde le droit de se marier. La demande écrite se fait auprès du chef de l'établissement ou du SPIP, et c'est le procureur de la République qui autorise l'union. Le mariage est en principe célébré en prison par un agent de mairie.
Qui autorise le mariage d'une personne détenue ?
Le procureur de la République. La demande, accompagnée des pièces d'identité et de l'acte de naissance des deux futurs époux et des témoins, lui est transmise après avoir été déposée au chef de l'établissement ou au SPIP. Il peut s'opposer au mariage s'il l'estime impossible, par exemple si l'un des futurs époux est mineur.
Peut-on se pacser avec une personne détenue ?
Oui, depuis la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, qui a modifié l'article 515-3 du code civil pour permettre la déclaration de PACS en cas d'empêchement grave à fixer une résidence commune, ce qui inclut la détention.
Comment se passe la démarche pour le PACS en détention ?
Le détenu fait une demande écrite au chef de l'établissement ou au SPIP, avec les pièces d'identité des deux partenaires et un justificatif de domicile. Le dossier part au procureur de la République et à la mairie de la commune de l'établissement. Un officier d'état civil se déplace ensuite en prison, ou un notaire si le détenu en fait la demande, à ses frais.
Le futur conjoint doit-il avoir un permis de visite pour le mariage ou le PACS ?
Oui. Le futur époux ou la future épouse, les témoins de mariage, et le futur partenaire de PACS doivent chacun demander et obtenir un permis de visite pour pouvoir entrer dans l'établissement le jour de la cérémonie.
Peut-on se marier en mairie plutôt qu'en prison ?
C'est possible pour certaines personnes condamnées, via une permission de sortir demandée par écrit au juge de l'application des peines, sous des conditions liées à la durée de la peine et au temps déjà exécuté. Cette voie ne concerne pas les personnes en détention provisoire ; renseignez-vous auprès du SPIP ou de l'avocat pour votre situation.
Le mariage ou le PACS est-il la même chose que l'UVF ?
Non. Le mariage et le PACS sont des actes d'état civil. L'unité de vie familiale (UVF) est un espace de visite prolongée avec les proches, régi par des règles différentes. Consultez la fiche UVF pour cette démarche distincte.
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Les textes sur lesquels repose cet article
Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.
- Prison : droits familiaux, sociaux et civiques d'un détenu (nouvelle fenêtre)justice.fr (ministère de la Justice) · Fiche pratique, rubrique « Condamné » : Mariage et Pacs · consulté le 5 août 2026
- Article 515-3 du code civil (nouvelle fenêtre)Légifrance · Code civil, article 515-3, déclaration conjointe de PACS et empêchement grave à la résidence commune · consulté le 5 août 2026
Pour aller plus loin
Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.
- Source officiellePrison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus (nouvelle fenêtre)
Justice.fr — ministère de la Justice (contenu Service-Public / DILA)
Fiche mise à jour le 7 mai 2025 distinguant les droits du condamné et ceux du prévenu : mariage ou Pacs en détention, autorité parentale, visite des enfants, et permis de visite exigé pour les témoins, le conjoint ou le notaire.
- Source officielleDemande en ligne de permis de visite ou de parloir (nouvelle fenêtre)
Service-Public.fr — DILA / ministère de la Justice
Téléservice permettant trois démarches (permis de visite, parloir familial ou unité de vie familiale, envoi d'argent), avec les durées de référence : 3h30 à 6 h en parloir familial, 6 à 72 h en UVF.
À savoirRéservé aux proches d'une personne CONDAMNÉE : les proches d'une personne prévenue doivent passer par le magistrat en charge du dossier.
- Source officielleDemande de permis de visite (prison) — formulaire cerfa 13960*02 (nouvelle fenêtre)
Service-Public.fr — DILA (Premier ministre)
Le formulaire officiel à remplir pour demander à rendre visite à une personne détenue, à utiliser quand la demande ne peut pas se faire en ligne.
- Source officielleCode pénitentiaire — Section 1 : Permis de visite (art. R341-1 à R341-8) (nouvelle fenêtre)
Légifrance
Texte en vigueur qui fixe qui délivre, refuse, suspend ou retire le permis de visite : le chef d'établissement pour un condamné (R341-5), avec des règles propres aux prévenus (R341-4), aux hospitalisés (R341-6) et aux extradés (R341-7).
- AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)
Observatoire international des prisons — section française
Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.
À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.
- AssociationGarder le contact, c'est possible — avoir un parent incarcéré (nouvelle fenêtre)
UFRAMA, avec le soutien du ministère de la Justice, du Défenseur des droits et de la Fondation de France
Site d'information conçu pour les adolescents et jeunes adultes ayant un parent détenu : démarches pour obtenir un permis de visite, ce qui se passe au parloir, et moyens de reprendre ou garder le lien, avec un formulaire de questions anonymes.
À savoirRessource associative (UFRAMA) soutenue par le ministère de la Justice, mais qui n'est pas une source officielle de droit : vérifier les règles applicables auprès de l'établissement pénitentiaire.
- AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)
FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)
Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).
Liens vérifiés le 29 juillet 2026.
À lire ensuite
- La garde à vue d'un mineur : ce qui change pour les parents — Droits & justice
- Les droits d'une personne détenue en France — Droits & justice
- Le fichier TAJ : ce qu'il est et comment demander son effacement — Droits & justice
Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.