Service indépendant d’information et d’orientation — non affilié à l’administration pénitentiaireSite indépendant

À méditer
Je rêve qu'un jour mes quatre enfants vivront dans une nation où on ne les jugera pas à la couleur de leur peau, mais à la nature de leur caractère.
Martin Luther King Jr.Discours « I Have a Dream », 1963
Droits & justice

Mineur en prison : ses droits, votre place de parent

Votre enfant a moins de dix-huit ans et il est détenu. Cette page est écrite pour vous, parent ou titulaire de l'autorité parentale. Elle explique où un mineur est détenu, ce que la loi impose à l'administration, qui sont vos interlocuteurs, et ce que vous avez le droit de savoir. Elle ne remplace pas l'avocat de votre enfant : elle vous aide à lui poser les bonnes questions.

La réponse en trente secondes

Un mineur détenu reste un enfant que la loi protège. Il n'est pas détenu n'importe où, ni dans les mêmes conditions qu'un adulte. Le code de la justice pénale des mineurs impose un lieu séparé des majeurs, un avocat, une intervention éducative continue et un emploi du temps dominé par l'enseignement ou la formation.

  • Il est détenu soit dans un quartier pour mineurs d'un établissement pénitentiaire, soit dans un établissement pénitentiaire spécialisé pour mineurs (article L. 124-1 du code de la justice pénale des mineurs).
  • La séparation avec les personnes majeures détenues est stricte (article L. 124-2).
  • « Le mineur poursuivi ou condamné est assisté d'un avocat » : c'est le texte même de l'article L. 12-4. Ce n'est pas une option.
  • Vous, titulaires de l'autorité parentale, recevez les mêmes informations que celles communiquées à votre enfant (article L. 12-5).
  • L'enseignement ou la formation constituent la part la plus importante de son emploi du temps (annexe à l'article R. 124-3).
  • La protection judiciaire de la jeunesse, la PJJ, intervient en continu en détention : c'est votre interlocuteur éducatif, pas le SPIP.

À savoir avant d’agir. Cette page décrit des règles générales lues dans les textes officiels. Elle ne remplace en aucun cas l'analyse de l'avocat de votre enfant. Lui seul accède au dossier, connaît la procédure en cours et peut vous dire ce qui s'applique réellement à sa situation. Prenez contact avec lui avant toute démarche.

Où votre enfant est détenu : EPM ou quartier des mineurs

L'article L. 124-1 du code de la justice pénale des mineurs prévoit deux possibilités, et deux seulement. Soit le quartier pour mineurs d'un établissement pénitentiaire, ou une unité spéciale pour mineures au sein d'une maison d'arrêt. Soit un établissement pénitentiaire spécialisé pour mineurs. Dans les deux cas, le texte exige que soit garantie l'intervention continue d'un service de la protection judiciaire de la jeunesse.

Le ministère de la Justice décrit les établissements pénitentiaires spécialisés pour mineurs comme accueillant des mineurs de treize à dix-huit ans, prévenus ou condamnés, avec des équipes pluridisciplinaires : personnels de surveillance, éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse, enseignants de l'Éducation nationale et personnels de santé. L'annuaire de Service-Public en recense six sur le territoire : Lavaur, Marseille, Orvault, Porcheville, Quiévrechain et Meyzieu.

La séparation d'avec les majeurs

L'article L. 124-2 impose une séparation stricte entre les personnes détenues mineures et majeures. Par exception, un mineur qui atteint la majorité en détention peut être maintenu dans ces structures jusqu'à dix-huit ans et six mois, à condition de n'avoir aucun contact avec les détenus de moins de seize ans.

Sur les conditions matérielles, l'article R. 124-1 prévoit que le régime de détention tient compte de la personnalité du mineur et des perspectives du travail éducatif. L'article R. 124-2 précise que lorsque la cellule individuelle n'est pas possible, le mineur ne peut être placé en cellule qu'avec un autre mineur de son âge.

À savoir avant d’agir. L'affectation dépend des places disponibles et de la décision de l'autorité judiciaire. Elle peut ne pas correspondre à l'établissement le plus proche de chez vous, et elle peut changer. Ne vous déplacez jamais sans avoir vérifié auprès de l'établissement où se trouve réellement votre enfant.

Ce que dit le code de la justice pénale des mineurs

Depuis 2021, la justice des mineurs a son propre code. Son titre préliminaire pose les principes que les juges doivent appliquer. Le premier est celui du discernement : selon l'article L. 11-1, les mineurs de moins de treize ans sont présumés ne pas être capables de discernement, et ceux d'au moins treize ans sont présumés l'être. Ces présomptions peuvent être renversées au vu des éléments de la procédure.

Le deuxième principe est celui de la primauté de l'éducatif. L'article L. 11-2 énonce que les décisions prises à l'égard d'un mineur tendent à son relèvement éducatif et moral, à la prévention de la récidive et à la protection des intérêts de la victime.

  • Aucune peine ne peut être prononcée à l'encontre d'un mineur de moins de treize ans (article L. 11-4 du code de la justice pénale des mineurs).
  • Les peines encourues par les mineurs sont diminuées. Service-Public résume cette diminution, dite excuse de minorité : la peine de prison prononcée doit être inférieure ou égale à la moitié de celle encourue par un majeur, et l'amende ne peut dépasser 7 500 euros.
  • La juridiction peut, à titre exceptionnel, décider de ne pas appliquer cette diminution. Service-Public précise qu'en ce cas le mineur encourt les mêmes peines qu'un majeur, sans que la peine prononcée puisse dépasser trente ans lorsque la réclusion à perpétuité est encourue.
  • Les affaires sont jugées par des juridictions spécialisées : juge des enfants, tribunal pour enfants, cour d'assises des mineurs (article L. 12-1).

Avant le jugement : la détention provisoire

Le chapitre sur la détention provisoire (articles L. 334-1 à L. 334-6) prévoit qu'elle ne peut être ordonnée que par le juge des enfants, le tribunal pour enfants ou le juge des libertés et de la détention, et seulement si elle est indispensable. Le mineur de moins de treize ans ne peut jamais être placé en détention provisoire. En dessous de seize ans, elle n'est possible que dans les cas limités prévus par l'article L. 334-4. Une mesure éducative judiciaire provisoire accompagne la détention.

À savoir avant d’agir. Les durées et les conditions exactes dépendent de l'âge de votre enfant, de la qualification retenue et de l'état de la procédure. Ne vous fiez à aucun délai lu ailleurs sans l'avoir fait confirmer par l'avocat : c'est lui qui a le dossier.

L'avocat : obligatoire, du début à la fin

C'est le point le plus important de cette page. L'article L. 12-4 du code de la justice pénale des mineurs dit : « Le mineur poursuivi ou condamné est assisté d'un avocat. » Il ne s'agit pas d'une possibilité offerte à la famille, mais d'une règle. Le mineur participe au choix de son avocat, ou ce choix est fait dans les conditions prévues par le code. Si aucun avocat n'a été choisi, un avocat est commis d'office.

Le même article ajoute que lorsqu'un avocat a été commis d'office, le mineur est, dans la mesure du possible, assisté par le même avocat à chaque étape de la procédure. Cette continuité compte : c'est elle qui permet à l'avocat de connaître votre enfant et son évolution.

  1. Demandez à votre enfant, au greffe ou au service éducatif le nom de l'avocat déjà désigné. Il y en a très probablement un.
  2. Appelez-le. Présentez-vous comme titulaire de l'autorité parentale et demandez un rendez-vous.
  3. Posez trois questions : quelle est l'étape actuelle de la procédure, quelle est la prochaine échéance, et que puis-je faire d'utile d'ici là.
  4. Demandez-lui comment sont pris en charge ses honoraires et si l'aide juridictionnelle s'applique dans votre situation. Ne restez pas dans le flou sur ce point.
  5. Notez qu'aux termes de l'article L. 12-6, les voies de recours peuvent être exercées par le mineur ou par son représentant légal. Parlez-en à l'avocat plutôt que d'agir seul.

À savoir avant d’agir. N'écrivez pas au juge des enfants à la place de l'avocat et sans le prévenir. Un courrier maladroit peut desservir votre enfant. Faites relire ce que vous envoyez.

L'école et la formation en détention

L'annexe à l'article R. 124-3, qui contient les dispositions du règlement intérieur propres aux mineurs, est claire : l'enseignement ou la formation constituent la part la plus importante de l'emploi du temps. Un bilan pédagogique est réalisé à l'arrivée. Pour les mineurs d'au moins seize ans, l'accès aux activités de formation est organisé au titre de l'obligation de formation à laquelle ils sont soumis.

L'article R. 124-13 prévoit que l'accès du mineur à l'enseignement ou à la formation est poursuivi quel que soit son âge, conformément au code de l'éducation. L'article R. 124-14 répartit les rôles : l'Éducation nationale assure l'enseignement, la protection judiciaire de la jeunesse les activités socio-éducatives, l'administration pénitentiaire les activités sportives.

Ce que le CGLPL a constaté

Dans son avis du 17 novembre 2023 publié au Journal officiel, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté rappelle que l'instruction est obligatoire jusqu'à seize ans et la formation jusqu'à dix-huit ans, y compris pour les enfants enfermés. Il constate que les heures réellement dispensées sont toujours inférieures aux volumes théoriques : pas plus de quinze heures par semaine en établissement pénitentiaire pour mineurs pour vingt heures théoriques, pas plus de six heures en quartier des mineurs pour douze heures théoriques.

Le CGLPL relève aussi des ruptures de scolarité lors des transferts et au passage à la majorité, et des difficultés à passer les examens. Il recommande notamment de formaliser le rattachement de l'enfant à un établissement scolaire pour assurer la continuité.

  • Transmettez sans attendre au service éducatif tout ce qui documente la scolarité antérieure : établissement, classe, bulletins, aménagements éventuels, projet en cours.
  • Demandez par écrit à être informé de la scolarité suivie : l'annexe à l'article R. 124-3 prévoit que les titulaires de l'autorité parentale reçoivent des informations sur la scolarité et le travail de leur enfant.
  • Si un transfert est envisagé, demandez ce qui est prévu pour que la scolarité ne s'arrête pas.
  • Si un examen approche, signalez-le très tôt : les inscriptions ne se rattrapent pas.

La protection judiciaire de la jeunesse, votre interlocuteur éducatif

Pour une personne majeure détenue, l'interlocuteur est le SPIP. Pour un mineur, c'est la protection judiciaire de la jeunesse. C'est une différence essentielle, et beaucoup de familles perdent du temps à écrire au mauvais service.

  • L'article R. 124-11 prévoit que la protection judiciaire de la jeunesse assure une intervention éducative continue en détention auprès des mineurs.
  • L'article R. 124-12 prévoit une prise en charge éducative individualisée et la continuité de l'action éducative avec les équipes intervenant à l'extérieur.
  • L'article R. 124-10 prévoit que les services pénitentiaires et ceux de la protection judiciaire de la jeunesse collaborent pour individualiser le parcours du mineur en détention.
  • Le ministère de la Justice indique que les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse travaillent en lien étroit avec la famille du mineur, dans une démarche de soutien à l'autorité parentale.

Concrètement, si votre enfant était déjà suivi avant l'incarcération, le service de milieu ouvert qui le suivait a vocation à rester en lien avec l'équipe en détention. Dites-le, et donnez les coordonnées : cette continuité ne se met pas toujours en place toute seule.

Comment les joindre

Demandez à l'établissement le nom et les coordonnées du service de la protection judiciaire de la jeunesse qui intervient sur place, et le nom de l'éducateur référent de votre enfant. Formulez ensuite votre demande d'entretien par écrit, en indiquant le nom, le prénom, la date de naissance de votre enfant et son numéro d'écrou. Un écrit laisse une trace, un appel non.

Votre place de parent : ce que vous devez recevoir

L'incarcération ne vous retire pas l'autorité parentale. Le code de la justice pénale des mineurs organise expressément votre information.

  • Article L. 12-5 : les représentants légaux reçoivent les mêmes informations que celles qui doivent être communiquées au mineur, et peuvent l'accompagner au cours de la procédure.
  • Annexe à l'article R. 124-3 : les titulaires de l'autorité parentale ou représentants légaux sont informés de toute demande de permis de visite adressée au chef d'établissement, de toute modification du régime de détention et de toute procédure disciplinaire.
  • Même texte : ils reçoivent mensuellement le relevé du compte nominatif, ainsi que des informations sur la scolarité et sur les activités de travail.
  • Article R. 124-3 : le règlement intérieur de l'établissement est mis à la disposition du mineur détenu et de ses représentants légaux qui en font la demande.
  • Article L. 12-6 : les voies de recours peuvent être exercées par le mineur ou par son représentant légal.

Si vous ne recevez rien, ne concluez pas que vous n'y avez pas droit. Écrivez au chef d'établissement, en recommandé si nécessaire, en rappelant votre qualité de titulaire de l'autorité parentale et en citant les textes ci-dessus. Envoyez une copie à l'avocat et signalez-le à l'éducateur référent.

À savoir avant d’agir. Ces droits d'information s'exercent dans le cadre de la procédure en cours. Si l'autorité parentale ou son exercice a été retiré, suspendu ou aménagé par une décision de justice, la situation est différente. Faites le point avec l'avocat plutôt que de supposer.

Les visites : permis de visite et parloir

Voir votre enfant suppose un permis de visite. Le fait d'être son parent ne vous en dispense pas. L'annexe à l'article R. 124-3 le confirme indirectement, puisqu'elle prévoit que les titulaires de l'autorité parentale sont informés de toute demande de permis de visite adressée au chef d'établissement.

L'autorité qui délivre le permis n'est pas la même selon la situation pénale. Le code pénitentiaire prévoit, à l'article R. 341-5, que le chef d'établissement délivre, refuse, suspend ou retire les permis de visite concernant les personnes condamnées. Si votre enfant est prévenu, c'est-à-dire si l'affaire n'est pas définitivement jugée, la demande ne relève pas du chef d'établissement : demandez à l'avocat ou au greffe à qui l'adresser. L'article R. 341-4 précise que les permis délivrés aux visiteurs d'une personne prévenue restent valables jusqu'au moment où la condamnation éventuelle devient définitive.

  1. Vérifiez auprès de l'établissement ou de l'avocat qui doit recevoir la demande, selon que votre enfant est prévenu ou condamné.
  2. Constituez le dossier : justificatif de lien de parenté, copie de votre pièce d'identité, photographies d'identité, et toute pièce demandée par l'établissement.
  3. Envoyez la demande et gardez une copie datée de tout ce que vous envoyez.
  4. Une fois le permis obtenu, réservez le parloir selon les modalités propres à l'établissement.
  5. Si le permis est refusé ou reste sans réponse, parlez-en immédiatement à l'avocat avant d'entamer un recours.

Le téléphone

L'annexe à l'article R. 124-3 prévoit que les mineurs détenus peuvent téléphoner aux membres de leur famille. Pour un mineur prévenu, une autorisation de l'autorité judiciaire est requise. Les modalités pratiques, jours et horaires, relèvent de chaque établissement : posez la question sur place.

À savoir avant d’agir. Le code pénitentiaire prévoit des cas de refus de permis, notamment lorsqu'une interdiction judiciaire d'entrer en contact a été prononcée (article R. 341-2). Si vous êtes concerné par une telle mesure, n'essayez pas de contourner : c'est l'avocat qui doit saisir le magistrat.

Discipline et mesures de protection

Un mineur détenu peut faire l'objet d'une procédure disciplinaire. Les règles ne sont pas celles des majeurs. La partie réglementaire du code de la justice pénale des mineurs prévoit une assistance obligatoire par un avocat lors de la procédure disciplinaire et des sanctions adaptées à l'âge, plus limitées en dessous de seize ans.

L'annexe à l'article R. 124-3 prévoit par ailleurs une mesure de protection individuelle pour un mineur en danger, d'une durée de six jours, renouvelable une fois, dans la limite de douze jours par période de quatre mois. Les titulaires de l'autorité parentale doivent en être informés.

  • Si vous apprenez qu'une procédure disciplinaire est engagée, prévenez l'avocat sans attendre : sa présence est prévue par les textes.
  • Demandez par écrit au chef d'établissement la notification de la décision et sa motivation.
  • Signalez la situation à l'éducateur référent de la protection judiciaire de la jeunesse.
  • Si vous estimez que les conditions de détention ou le traitement de votre enfant portent atteinte à ses droits, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté et le Défenseur des droits peuvent être saisis. Le site a un guide pour chacun.

À savoir avant d’agir. Ne relayez jamais une version des faits en la présentant comme certaine tant que vous n'avez pas la décision écrite. Demandez les documents, transmettez-les à l'avocat, et laissez-le qualifier ce qui s'est passé.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

  1. Confirmez l'établissement exact où votre enfant est détenu et notez son numéro d'écrou : rien ne fonctionne sans lui.
  2. Identifiez l'avocat et prenez rendez-vous. C'est la priorité absolue.
  3. Demandez le nom de l'éducateur référent de la protection judiciaire de la jeunesse et écrivez-lui pour demander un entretien.
  4. Déposez la demande de permis de visite auprès de la bonne autorité, avec toutes les pièces.
  5. Rassemblez le dossier scolaire et transmettez-le au service éducatif.
  6. Demandez par écrit à recevoir les informations que les textes prévoient pour les titulaires de l'autorité parentale : régime de détention, procédures disciplinaires, scolarité, relevé de compte.

Tenez un journal

Notez chaque date, chaque interlocuteur, chaque courrier envoyé et chaque réponse reçue. Gardez une copie de tout. Dans une procédure qui dure, ce classeur est ce qui vous permettra de démontrer une démarche et de reprendre le fil après un transfert ou un changement d'équipe.

Enfin, prenez soin de vous. Beaucoup de parents s'épuisent en quelques semaines. Un parent qui tient dans la durée est plus utile à son enfant qu'un parent qui se met à terre en un mois.

Questions fréquentes

Mon fils a quinze ans, il vient d'être incarcéré : où va-t-il être détenu ?

L'article L. 124-1 du code de la justice pénale des mineurs ne prévoit que deux possibilités : le quartier pour mineurs d'un établissement pénitentiaire, ou un établissement pénitentiaire spécialisé pour mineurs. L'annuaire de Service-Public recense six établissements spécialisés : Lavaur, Marseille, Orvault, Porcheville, Quiévrechain et Meyzieu. L'affectation dépend de la décision judiciaire et des places disponibles, et elle peut ne pas correspondre au lieu le plus proche de chez vous. Vérifiez toujours auprès de l'établissement avant de vous déplacer.

Est-ce que mon enfant a vraiment droit à un avocat, même si je ne peux pas le payer ?

L'assistance d'un avocat n'est pas facultative. L'article L. 12-4 dit que le mineur poursuivi ou condamné est assisté d'un avocat, et prévoit qu'un avocat commis d'office assiste autant que possible le mineur à chaque étape de la procédure. Si aucun avocat n'a été choisi, un avocat est commis d'office. Sur la prise en charge des honoraires, posez directement la question à l'avocat dès le premier contact : il vous dira si l'aide juridictionnelle s'applique à votre situation.

Va-t-il continuer l'école ?

Les textes l'imposent. L'annexe à l'article R. 124-3 prévoit que l'enseignement ou la formation constituent la part la plus importante de l'emploi du temps, et l'article R. 124-13 que l'accès à l'enseignement ou à la formation est poursuivi quel que soit l'âge. Dans son avis du 17 novembre 2023, le CGLPL constate cependant que les heures réellement dispensées sont inférieures aux volumes théoriques. Transmettez le dossier scolaire au service éducatif et demandez par écrit à être informé de la scolarité suivie.

Ai-je le droit d'être informé de ce qui lui arrive ?

Oui. L'article L. 12-5 prévoit que les représentants légaux reçoivent les mêmes informations que celles communiquées au mineur. L'annexe à l'article R. 124-3 prévoit en outre que les titulaires de l'autorité parentale sont informés de toute demande de permis de visite, de toute modification du régime de détention et de toute procédure disciplinaire, et qu'ils reçoivent mensuellement le relevé du compte nominatif ainsi que des informations sur la scolarité et le travail. Si vous ne recevez rien, écrivez au chef d'établissement en rappelant ces textes, avec copie à l'avocat.

Il va avoir dix-huit ans pendant sa détention. Que se passe-t-il ?

L'article L. 124-2 prévoit que le mineur qui atteint la majorité en détention peut, par exception, être maintenu dans le quartier pour mineurs ou l'établissement spécialisé jusqu'à dix-huit ans et six mois, à condition de n'avoir aucun contact avec les détenus de moins de seize ans. C'est une possibilité prévue par le texte, pas une garantie automatique. Le CGLPL signale que ce passage à la majorité est un moment de rupture pour la scolarité : anticipez-le avec l'avocat et l'éducateur référent.

Un mineur peut-il être en prison avant d'avoir été jugé ?

Oui, mais dans des conditions strictement encadrées par les articles L. 334-1 à L. 334-6 du code de la justice pénale des mineurs. La détention provisoire ne peut être ordonnée que par le juge des enfants, le tribunal pour enfants ou le juge des libertés et de la détention, et seulement si elle est indispensable. Le mineur de moins de treize ans ne peut jamais y être placé. En dessous de seize ans, elle n'est possible que dans les cas limités de l'article L. 334-4. Les durées applicables dépendent de l'âge et de l'infraction reprochée : faites-les confirmer par l'avocat.

Qui dois-je contacter dans l'établissement : le SPIP ?

Non. Pour un mineur détenu, l'interlocuteur éducatif est la protection judiciaire de la jeunesse, pas le SPIP. Les articles R. 124-10 à R. 124-12 prévoient une intervention éducative continue de la protection judiciaire de la jeunesse en détention et une prise en charge individualisée. Demandez à l'établissement le nom de l'éducateur référent de votre enfant, puis adressez-lui une demande d'entretien écrite mentionnant le nom, le prénom, la date de naissance et le numéro d'écrou.

Passer à l’action

Préparer le permis de visite Le parcours guidé donne le bon destinataire selon que votre enfant est prévenu ou condamné, et la liste des pièces à joindre.Avocat et aide juridictionnelle L'avocat est obligatoire pour un mineur poursuivi ou condamné. C'est le seul interlocuteur qui accède au dossier.Trouver l'établissement Adresse, coordonnées et modalités de visite, y compris pour les établissements pénitentiaires spécialisés pour mineurs.Écrire au service éducatif Modèle de demande d'entretien à adapter : pour un mineur, l'interlocuteur éducatif est la protection judiciaire de la jeunesse, pas le SPIP.Ensuite : la détention provisoire Si votre enfant n'a pas encore été jugé, c'est le guide à lire juste après celui-ci.Ensuite : les sanctions disciplinaires en détention Pour comprendre le déroulement d'une procédure disciplinaire et ce que vous pouvez demander par écrit.

Votre situation n’est pas celle-là ? Poser la question à CLÉA — la recherche s’exécute sur votre appareil, rien n’est envoyé.

Les textes sur lesquels repose cet article

Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.

Pour aller plus loin

Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

  • Source officielleDemande en ligne de permis de visite ou de parloir (nouvelle fenêtre)

    Service-Public.fr — DILA / ministère de la Justice

    Téléservice permettant trois démarches (permis de visite, parloir familial ou unité de vie familiale, envoi d'argent), avec les durées de référence : 3h30 à 6 h en parloir familial, 6 à 72 h en UVF.

    À savoirRéservé aux proches d'une personne CONDAMNÉE : les proches d'une personne prévenue doivent passer par le magistrat en charge du dossier.

  • Source officielleDemande de permis de visite (prison) — formulaire cerfa 13960*02 (nouvelle fenêtre)

    Service-Public.fr — DILA (Premier ministre)

    Le formulaire officiel à remplir pour demander à rendre visite à une personne détenue, à utiliser quand la demande ne peut pas se faire en ligne.

  • Source officielleCode pénitentiaire — Section 1 : Permis de visite (art. R341-1 à R341-8) (nouvelle fenêtre)

    Légifrance

    Texte en vigueur qui fixe qui délivre, refuse, suspend ou retire le permis de visite : le chef d'établissement pour un condamné (R341-5), avec des règles propres aux prévenus (R341-4), aux hospitalisés (R341-6) et aux extradés (R341-7).

  • Source officielleCode pénitentiaire — Section 3 : Déroulement des visites et parloirs (art. R341-11 à R341-16) (nouvelle fenêtre)

    Légifrance

    Comment se passe concrètement un parloir : contrôles de sécurité à l'entrée, parloir sans dispositif de séparation par principe, présence et écoute du surveillant, interdictions (nourriture, boissons), interruption possible de la visite, et définition des parloirs familiaux (6 h max) et des UVF (6 à 72 h).

  • Source officiellePrison : droits familiaux, sociaux, sanitaires et civiques des détenus (nouvelle fenêtre)

    Justice.fr — ministère de la Justice (contenu Service-Public / DILA)

    Fiche mise à jour le 7 mai 2025 distinguant les droits du condamné et ceux du prévenu : mariage ou Pacs en détention, autorité parentale, visite des enfants, et permis de visite exigé pour les témoins, le conjoint ou le notaire.

  • Source officielle« Je suis en détention » : le guide du détenu arrivant (page de présentation) (nouvelle fenêtre)

    Ministère de la Justice — direction de l'administration pénitentiaire

    Page officielle de mise à disposition du guide remis aux personnes arrivant en détention, avec le PDF en téléchargement (mise à jour affichée : mars 2026).

  • Autorité indépendanteFiches pratiques — Faire respecter mes droits en prison (nouvelle fenêtre)

    Défenseur des droits

    Guide de 52 fiches pratiques, dont un chapitre entier « Les liens familiaux », expliquant les droits en détention et comment saisir le Défenseur des droits (délégué présent dans chaque établissement, ligne gratuite) en cas de refus ou de difficulté.

  • AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)

    Observatoire international des prisons — section française

    Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.

    À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.

  • AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)

    FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)

    Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).

  • AssociationAnnuaire UFRAMA — trouver la maison d'accueil des familles (nouvelle fenêtre)

    UFRAMA (Union nationale des fédérations régionales des associations de maisons d'accueil des familles et proches de personnes incarcérées)

    Moteur de recherche par région et par type de structure (associations d'accueil, établissements pénitentiaires, FRAMAFAD, SPIP, DISP) pour trouver le lieu d'accueil des proches avant le parloir.

  • AssociationGarder le contact, c'est possible — avoir un parent incarcéré (nouvelle fenêtre)

    UFRAMA, avec le soutien du ministère de la Justice, du Défenseur des droits et de la Fondation de France

    Site d'information conçu pour les adolescents et jeunes adultes ayant un parent détenu : démarches pour obtenir un permis de visite, ce qui se passe au parloir, et moyens de reprendre ou garder le lien, avec un formulaire de questions anonymes.

    À savoirRessource associative (UFRAMA) soutenue par le ministère de la Justice, mais qui n'est pas une source officielle de droit : vérifier les règles applicables auprès de l'établissement pénitentiaire.

Liens vérifiés le 29 juillet 2026.

À lire ensuite

Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.