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À méditer
Celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but peut vivre avec n'importe quel comment.
Friedrich NietzscheLe Crépuscule des idoles, 1888
Le détenu

Le droit au culte en détention

Votre proche est détenu et veut pratiquer sa religion, ou vous vous demandez simplement s'il en a le droit. La réponse est oui, et elle vaut pour toutes les religions. Cette page explique ce que ce droit permet concrètement : rencontrer un aumônier, prier, assister aux offices, garder des livres, manger selon ses convictions. Elle dit aussi où ce droit s'arrête, car il connaît des limites tenant à la sécurité et à l'ordre de l'établissement.

La réponse en trente secondes

La loi garantit en détention la liberté d'opinion, de conscience et de religion. L'article L351-1 du code pénitentiaire prévoit que les personnes détenues peuvent exercer le culte de leur choix, selon des conditions adaptées à l'organisation des lieux, sans autres limites que celles imposées par la sécurité et le bon ordre de l'établissement. Ce texte ne distingue aucune religion : il vaut pour toutes.

  • Prier seul en cellule, ou collectivement dans la salle prévue à cet effet, en présence des intervenants d'aumônerie (article R351-1).
  • Rencontrer un aumônier de sa confession aussi souvent que nécessaire, dans un local approprié ou en cellule, sans surveillance (article R352-8).
  • Recevoir et conserver les objets et les livres nécessaires à sa pratique religieuse (article R352-9).
  • Assister aux offices, organisés à des jours et heures convenus avec le chef d'établissement (article R352-7).
  • Une alimentation qui tient compte, autant que possible, des convictions religieuses (article R351-5).

Le point le plus important pour une famille : rien ne se déclenche tout seul. La pratique du culte est une démarche volontaire. C'est la personne détenue elle-même qui doit se signaler. Tant qu'elle ne l'a pas fait, l'aumônier n'a pas le droit d'aller à sa rencontre.

À savoir avant d’agir. Cette page décrit des textes officiels. Elle ne remplace pas l'analyse d'un avocat. Si un refus vous paraît illégal, ou s'il faut contester une décision, faites examiner la situation par un avocat.

Ce que dit la loi, et ce que cela change en pratique

L'article L351-1 du code pénitentiaire est court. Il dit que les personnes détenues ont droit à la liberté d'opinion, de conscience et de religion, qu'elles peuvent exercer le culte de leur choix, et que les seules limites sont celles imposées par la sécurité et le bon ordre de l'établissement.

Deux choses cohabitent donc dans le même texte. D'un côté un droit réel, que l'administration doit rendre effectif : le ministère de la Justice rappelle que l'administration pénitentiaire a l'obligation d'organiser l'accès aux cultes, parce que les personnes détenues ne peuvent pas y pourvoir librement elles-mêmes. De l'autre, une formule qui compte : « selon les conditions adaptées à l'organisation des lieux ». C'est elle qui explique que la réponse ne soit pas identique d'un établissement à l'autre.

Concrètement, l'organisation locale est fixée par le règlement intérieur de l'établissement : les jours et heures des offices y figurent et font l'objet d'un affichage en détention. Si vous voulez savoir ce qui se passe dans l'établissement de votre proche, c'est là qu'il faut regarder, et non dans un texte national.

Où c'est écrit

Les règles générales sont aux articles L351-1 et R351-1 à R351-5 du code pénitentiaire. L'assistance spirituelle est traitée aux articles D352-1 à R352-9. Une note de la direction de l'administration pénitentiaire du 16 juillet 2014 en détaille l'application ; elle renvoie encore aux anciens articles du code de procédure pénale, repris depuis dans le code pénitentiaire.

L'aumônier : qui c'est, comment le rencontrer

L'aumônier est agréé par l'administration pénitentiaire. Son rôle est exclusivement spirituel et moral (article D352-4). Il n'est ni un travailleur social, ni un avocat, ni un intermédiaire pour les démarches : il ne remplace pas le SPIP ni le conseil d'un avocat.

Le Guide de la laïcité et du fait religieux dans le service public pénitentiaire indique que sept aumôneries sont agréées par la direction de l'administration pénitentiaire : catholique, protestante, israélite, musulmane, orthodoxe, bouddhiste et des Témoins de Jéhovah. L'absence d'aumônerie nationale pour un culte n'empêche pas une personne détenue de solliciter l'assistance d'un ministre de ce culte : l'établissement en informe alors la direction interrégionale, qui en réfère à la direction de l'administration pénitentiaire.

  1. À l'arrivée : la personne est informée, par le livret d'accueil et par le règlement intérieur, de son droit de recevoir la visite d'un ministre du culte et d'assister aux offices. L'entretien arrivant est le moment le plus simple pour le demander.
  2. Plus tard : une demande écrite adressée au chef d'établissement suffit. Elle indique le culte souhaité et la demande de rencontrer l'aumônier.
  3. Quand la personne déclare son intention de pratiquer une religion, son nom est communiqué à l'aumônier concerné dans les meilleurs délais.
  4. Elle peut ensuite s'entretenir avec l'aumônier de sa confession aussi souvent qu'elle le souhaite : le guide du ministère précise que rien ne saurait déroger à cette règle.

Aucun texte ne fixe de délai entre la demande et la première rencontre. L'article D352-2 prévoit seulement que les aumôniers consacrent à l'établissement un temps qui dépend du nombre de personnes souhaitant les rencontrer. Selon l'établissement et le culte, l'attente peut donc varier. Si elle se prolonge, une relance écrite au chef d'établissement est la bonne démarche.

À savoir avant d’agir. Les auxiliaires bénévoles d'aumônerie peuvent animer des groupes de réflexion et de prière, mais ils ne sont pas autorisés à conduire des entretiens individuels (article D352-3). Pour un entretien seul à seul, c'est bien l'aumônier qu'il faut demander.

Rien n'interdit à une personne détenue de pratiquer plusieurs cultes. À l'inverse, personne ne peut lui imposer d'en pratiquer un : la liberté religieuse comprend aussi celle de ne pas croire.

La confidentialité de l'entretien avec l'aumônier

C'est un point que beaucoup de familles ignorent. L'article R352-8 du code pénitentiaire prévoit que les personnes détenues peuvent s'entretenir avec l'aumônier aussi souvent que nécessaire, sans surveillance, dans des locaux appropriés ou dans leur cellule.

La note du 16 juillet 2014 le précise : les entretiens ont lieu en dehors de la présence d'un surveillant, soit dans un parloir, soit dans un local prévu à cet effet, soit dans la cellule, et, si la personne se trouve au quartier disciplinaire, dans un local déterminé par le chef d'établissement.

Cette même note ajoute qu'aucune mesure ni sanction, y compris un placement au quartier disciplinaire ou au quartier d'isolement, ne peut faire obstacle à cette possibilité de s'entretenir avec un aumônier.

La correspondance suit la même logique. Une personne détenue peut écrire sous pli fermé aux aumôniers et aux auxiliaires bénévoles d'aumônerie agréés auprès de son établissement. En revanche, le courrier échangé avec un aumônier agréé auprès d'un autre établissement reste contrôlable.

Une information sensible

Dans son avis du 24 mars 2011 publié au Journal officiel, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté rappelle que l'appartenance religieuse d'une personne privée de liberté doit rester confidentielle et que les échanges avec les aumôniers doivent être protégés de l'intrusion de tiers.

Prier, assister aux offices

  • En cellule, et par extension en unité de vie familiale, la prière individuelle est possible.
  • Dans la salle polycultuelle de l'établissement, lors des créneaux dédiés au culte et lorsque l'intervenant cultuel est présent.
  • Les prières collectives et les regroupements à caractère religieux ne sont autorisés qu'en salle polycultuelle, en présence des intervenants d'aumônerie.

Les jours et heures des offices sont fixés par les aumôniers en accord avec le chef d'établissement. Ils figurent dans le règlement intérieur et sont affichés en détention. Le planning s'efforce de tenir compte des souhaits exprimés par les aumôniers, notamment pour l'accès à la salle de culte les jours de fête religieuse.

Chaque établissement dispose d'une salle affectée à la pratique du culte. Elle est le plus souvent partagée entre les différentes religions, ce qui explique que sa décoration soit la plus neutre possible. Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté considère qu'aucune confession ne doit monopoliser une salle de prière partagée.

Si votre proche travaille ou suit une formation collective, un entretien avec l'aumônier a lieu en dehors des heures de travail. À titre exceptionnel, il peut interrompre son activité, à condition que cette interruption n'affecte pas celle des autres personnes détenues.

Les livres et les objets du culte

L'article R352-9 du code pénitentiaire prévoit que les personnes détenues peuvent recevoir et conserver les objets et les livres nécessaires à leur pratique religieuse.

  • Par l'aumônier : il peut remettre des publications religieuses aux personnes qui en font la demande, et il est responsable de leur contenu.
  • Par les proches : le chef d'établissement vérifie alors le contenu des publications envoyées ou déposées.
  • À la bibliothèque de l'établissement, dont le fonds doit refléter l'ensemble des convictions dans des proportions comparables.
  • Par abonnement.
  • En cantine : les établissements veillent à ce que des objets cultuels puissent être achetés par ce biais.

Les objets du culte peuvent être apportés, déposés ou envoyés par les proches. Ils sont remis à la personne après les contrôles de sécurité habituels.

À savoir avant d’agir. N'envoyez rien sans vérifier d'abord auprès de l'établissement ce qu'il accepte et par quel canal. Une publication peut être retenue si elle contient des menaces graves contre la sécurité des personnes et des établissements, ou des propos ou signes injurieux ou diffamatoires. Un envoi mal préparé revient au mieux à l'expéditeur, au pire il ne sera jamais remis.

En cas de doute sur un ouvrage

La note du 16 juillet 2014 prévoit que le chef d'établissement ou le SPIP interroge le référent chargé de la laïcité et de la pratique du culte de la direction interrégionale, qui peut consulter l'aumônier régional. Un livre écarté n'est donc pas forcément une décision définitive : elle peut être réexaminée.

Les repas et les prescriptions alimentaires

L'article R351-5 du code pénitentiaire prévoit que l'alimentation tient compte, autant que possible, des convictions religieuses des personnes détenues. C'est un principe, pas une garantie de menu.

En pratique, l'administration pénitentiaire ne distribue pas de repas confessionnels. Lors de l'entretien arrivant, il est demandé à la personne de choisir parmi trois types de menus : classique, sans viande, sans porc. Un changement de régime alimentaire en cours de détention est toujours possible.

Pour les produits confessionnels, le circuit est celui de la cantine. Chaque établissement, qu'il soit en gestion publique ou déléguée, est tenu d'organiser cette offre, et se rapproche au besoin de la direction interrégionale et de l'aumônier compétent pour trouver des fournisseurs. Ce qui est effectivement disponible varie donc d'un établissement à l'autre : c'est au catalogue de cantine qu'il faut se référer.

Deux dérogations existent. Des colis rituels peuvent être remis par les aumôniers agréés lors des fêtes religieuses, quand une note de l'administration pénitentiaire le prévoit. Et les aumôniers peuvent apporter des nourritures confessionnelles aux arrivants lorsque la cantine n'en propose pas, le temps que l'approvisionnement soit mis en place ; cette dérogation cesse dès que des produits confessionnels sont proposés en cantine.

À savoir avant d’agir. Une famille ne peut pas envoyer librement de la nourriture. Le principe reste l'interdiction des colis alimentaires : les colis rituels passent par l'aumônerie et par une autorisation de l'administration, jamais par un envoi personnel décidé de votre côté.

Les fêtes religieuses

Les fêtes impliquent souvent l'observance de règles particulières. Les aménagements sont organisés en concertation avec les aumôneries. Lorsqu'une fête nécessite des mesures spécifiques, une note de la direction de l'administration pénitentiaire indique aux établissements le calendrier et les mesures à mettre en œuvre : remise de colis, cantine spéciale, distribution aménagée des repas.

Pour que l'information arrive à temps, il est demandé aux aumôniers nationaux de communiquer les dates des fêtes religieuses deux mois avant leur célébration, ainsi que les aménagements souhaités.

Des dispositions peuvent aussi être prises localement, en accord avec le chef d'établissement, pour une fête ou un événement particulier. Le chef d'établissement peut autoriser l'aumônier à apporter de la nourriture qui sera partagée et consommée à l'occasion de la célébration. Plusieurs aumôneries d'un même établissement peuvent, avec l'accord de la direction, célébrer ensemble ou organiser un événement interreligieux.

Sur le jeûne, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté recommande que les périodes de jeûne soient autorisées, et que les personnes qui ne suivent aucune prescription alimentaire n'aient à en subir aucune contrainte. Il s'agit d'une recommandation, pas d'un article de loi : l'organisation reste celle décidée par l'établissement.

Ce que la loi limite

Le droit au culte n'est pas sans bornes en détention. Les limites tiennent à la sécurité et au bon ordre de l'établissement, et elles portent surtout sur ce qui est visible dans les espaces partagés.

  • Le port de signes religieux ostensibles est interdit, pour des raisons de sécurité.
  • Le port de signes religieux et de vêtements cultuels est en revanche autorisé en cellule et dans les salles polycultuelles. En dehors de ces lieux, le vêtement doit être retiré et transporté dans un sac (article R351-4).
  • Les vêtements dits traditionnels, comme la djellaba, la gandoura ou le qamis, sont autorisés en cellule et en salle polycultuelle, mais interdits dans les parties communes au titre du règlement intérieur.
  • Les prières collectives et les regroupements religieux ne sont autorisés qu'en salle polycultuelle, en présence des intervenants d'aumônerie.
  • Les aumôniers ne peuvent intervenir auprès d'une personne détenue que si elle en fait expressément la demande.

Le prosélytisme est interdit. Le guide du ministère précise que la liberté de manifester sa religion ne permet pas de chercher à forcer l'adhésion d'autres personnes à sa foi, que ce soit par l'insistance, la contrainte, la violence, l'abus de faiblesse ou d'autorité, et qu'une attention particulière est portée aux personnes considérées comme vulnérables. Si votre proche subit des pressions d'un codétenu pour participer à des offices, il peut le signaler au personnel, qui doit en rendre compte à sa hiérarchie.

Les fouilles ne s'arrêtent pas devant la prière, mais elles doivent la respecter. Le guide indique que le personnel qui doit fouiller une cellule diffère la fouille lorsque l'occupant est en train de prier, sauf urgence. Il précise aussi que si la prière est utilisée pour faire obstruction à la fouille, le personnel intervient pour y mettre fin.

Enfin, la neutralité ne pèse pas sur tout le monde de la même façon. Les personnels pénitentiaires, agents publics, ne peuvent pas porter de signe religieux dans l'exercice de leurs fonctions. Les aumôniers, eux, ne sont pas soumis à cette obligation de neutralité et peuvent porter des vêtements cultuels.

Côté famille : ce que vous pouvez faire

  • Vous n'êtes pas soumis au principe de neutralité du service public : vous pouvez porter vos signes religieux au parloir.
  • Mais vous devez pouvoir être identifié. L'interdiction de dissimuler tout ou partie du visage s'applique dans la structure pénitentiaire, au parloir comme en unité de vie familiale. Le personnel peut vous inviter à montrer votre visage pour contrôler votre identité.
  • Il n'est pas prévu d'espace de prière dans les accueils familles. Les personnes qui attendent un parloir peuvent, quelle que soit leur religion, se recueillir discrètement.
  • Vous pouvez déposer ou envoyer des livres et des objets du culte, après vérification par l'établissement.
  • Vous ne pouvez pas engager la démarche à la place de votre proche : c'est lui qui doit se signaler.

Cas particulier des mineurs détenus : pour le choix de la religion et le principe de la pratique du culte, le chef d'établissement recueille l'accord du ou des titulaires de l'autorité parentale. Les modalités d'exercice, en revanche, ne sont soumises ni à information ni à autorisation préalables.

À savoir avant d’agir. Une association à caractère religieux ne peut pas se substituer à l'aumônerie. Seuls les aumôniers et les intervenants d'aumônerie agréés sont habilités à organiser des activités religieuses en détention. Si une association obtient le numéro d'écrou de votre proche et lui écrit sans qu'il l'ait sollicitée, le courrier lui est remis en main propre en lui indiquant clairement le caractère religieux de l'expéditeur.

Si le droit n'est pas respecté

Si votre proche ne parvient pas à rencontrer un aumônier, ne reçoit pas ses livres, ou se voit refuser l'accès aux offices, la marche à suivre reste celle des circuits officiels. Une trace écrite vaut toujours mieux qu'une réclamation orale.

  1. Faire une demande écrite au chef d'établissement, datée, en gardant une copie de ce qui a été envoyé.
  2. Passer par l'aumônier de l'établissement : les aumôniers sont les interlocuteurs de l'administration pénitentiaire pour toutes les questions relevant de leur culte.
  3. Demander un entretien au SPIP, qui peut relayer une difficulté et orienter.
  4. En parler à l'avocat, en particulier si une sanction ou une mesure d'isolement est en cause.
  5. Si rien ne bouge, saisir le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, ou le Défenseur des droits.

Deux pages du site détaillent ces deux dernières démarches : comment saisir le CGLPL et comment saisir le Défenseur des droits. Elles expliquent qui écrit, à quelle adresse, et ce qu'il faut mettre dans la lettre.

Un interlocuteur peu connu

Dans chaque établissement, le chef d'établissement désigne par note de service un référent chargé des questions de laïcité et de pratique du culte. C'est l'interlocuteur privilégié des aumôniers et des auxiliaires d'aumônerie. Un aumônier peut donc faire remonter une difficulté par cette voie interne, avant tout recours extérieur.

Questions fréquentes

Mon proche doit-il demander lui-même à voir l'aumônier ?

Oui. La pratique du culte est une démarche volontaire, qui doit venir de la personne détenue. Les aumôniers ne sont pas autorisés à aller à la rencontre d'une personne sans avoir été sollicités au préalable. Votre proche peut le dire lors de l'entretien arrivant, ou écrire au chef d'établissement en indiquant le culte souhaité. Une fois qu'il a déclaré son intention de pratiquer une religion, son nom est communiqué à l'aumônier concerné dans les meilleurs délais.

Un surveillant assiste-t-il à l'entretien avec l'aumônier ?

Non. L'article R352-8 du code pénitentiaire prévoit que ces entretiens ont lieu sans surveillance. La note du 16 juillet 2014 précise qu'ils se déroulent en dehors de la présence d'un surveillant, soit dans un parloir, soit dans un local prévu à cet effet, soit dans la cellule. Si la personne est au quartier disciplinaire, l'entretien a lieu dans un local déterminé par le chef d'établissement.

Mon proche est au quartier disciplinaire. Peut-il encore voir l'aumônier ?

Oui. La note du 16 juillet 2014 relative à la pratique du culte en détention indique qu'aucune mesure ni sanction, y compris un placement au quartier d'isolement ou au quartier disciplinaire, ne peut entraver la possibilité de s'entretenir avec un aumônier. Si l'entretien est refusé, faites-le écrire et signalez-le à l'avocat.

Puis-je envoyer un livre religieux ou un objet de culte ?

Le code pénitentiaire autorise la personne détenue à recevoir et conserver les objets et livres nécessaires à sa pratique religieuse (article R352-9). Les objets peuvent être apportés, déposés ou envoyés par les proches et sont remis après les contrôles habituels ; pour les publications envoyées par la famille, le chef d'établissement en vérifie le contenu. Renseignez-vous d'abord auprès de l'établissement sur le canal accepté. Une publication peut être retenue si elle contient des menaces graves contre la sécurité des personnes et des établissements, ou des propos ou signes injurieux ou diffamatoires.

Y a-t-il des repas halal ou casher en prison ?

L'administration pénitentiaire ne distribue pas de repas confessionnels. À l'entretien arrivant, il est proposé de choisir entre trois menus : classique, sans viande, sans porc, et le régime peut être changé ensuite. Les produits confessionnels s'achètent en cantine, et chaque établissement est tenu d'organiser cette offre. Ce qui est réellement disponible dépend du catalogue de cantine de l'établissement. Des colis rituels peuvent être remis par les aumôniers lors des fêtes religieuses, quand une note de l'administration le prévoit.

Mon proche peut-il porter un voile, une kippa ou un qamis ?

En cellule et dans les salles polycultuelles, le port de signes religieux et de vêtements cultuels est autorisé. En dehors de ces lieux, il lui sera demandé de les retirer pour des raisons de sécurité, et de les transporter dans un sac : c'est ce que prévoit l'article R351-4 du code pénitentiaire. Le port de signes religieux ostensibles dans les autres espaces est interdit.

Et si sa religion n'a pas d'aumônerie en prison ?

Le guide du ministère de la Justice indique que sept aumôneries sont agréées par l'administration pénitentiaire : catholique, protestante, israélite, musulmane, orthodoxe, bouddhiste et des Témoins de Jéhovah. L'absence d'aumônerie nationale pour un culte n'empêche pas de solliciter l'assistance spirituelle d'un ministre de ce culte. L'établissement informe alors la direction interrégionale, qui en réfère à la direction de l'administration pénitentiaire : c'est au niveau central que les conditions de la demande sont appréciées.

Passer à l’action

Trouver l'établissement et ses coordonnées L'organisation du culte est fixée localement, par le règlement intérieur. Commencez par identifier l'établissement où votre proche est écroué pour savoir à qui écrire.Étape suivante : l'arrivée en détention, les premiers jours C'est à l'entretien arrivant que la personne est informée de son droit au culte et qu'elle peut le demander le plus simplement.Modèle de lettre : demander un entretien avec le SPIP Si la demande n'aboutit pas, le SPIP peut relayer la difficulté. Le modèle donne la structure d'une demande écrite datée, dont il faut garder une copie.Fiche : linge et colis Pour comprendre le circuit de dépôt et d'envoi avant de faire parvenir un livre ou un objet du culte.La cantine en prison Les produits confessionnels passent par la cantine : ce guide explique comment fonctionne le bon de commande et le compte nominatif.Saisir le Contrôleur général des lieux de privation de liberté Recours possible si l'accès à l'aumônier ou aux offices reste refusé malgré des demandes écrites.

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Les textes sur lesquels repose cet article

Chaque référence a été ouverte et lue. Ces liens permettent de vérifier directement à la source les informations présentées dans cet article.

Pour aller plus loin

Ces pages sont éditées par d’autres organismes. Elles s’ouvrent dans une nouvelle fenêtre.

  • Source officielle« Je suis en détention » : le guide du détenu arrivant (page de présentation) (nouvelle fenêtre)

    Ministère de la Justice — direction de l'administration pénitentiaire

    Page officielle de mise à disposition du guide remis aux personnes arrivant en détention, avec le PDF en téléchargement (mise à jour affichée : mars 2026).

  • Source officielleCode pénitentiaire — Sous-section 5 : Réception et envoi d'objets (R332-42 et R332-43) (nouvelle fenêtre)

    Légifrance (DILA)

    Principe d'interdiction de recevoir ou d'envoyer des objets, sauf ceux figurant sur la liste fixée par arrêté, et modalités de remise : au parloir, par colis postal en l'absence de permis de visite après accord du chef d'établissement, ou par dépôt à l'établissement, avec contrôle de sécurité.

  • AssociationConnaître ses droits — fiches pratiques de l'OIP (nouvelle fenêtre)

    Observatoire international des prisons — section française

    Catalogue de fiches thématiques gratuites (parloirs et UVF, droit de visite, correspondance, téléphone, affectation et transferts, discipline, travail, santé, permissions de sortir), avec version papier disponible sur simple demande.

    À savoirAssociation indépendante, non officielle. Attention : la fiche « réductions de peines » du site décrit encore principalement l'ancien régime des crédits automatiques (l'OIP indique qu'une fiche sur le régime applicable depuis le 1er janvier 2023 est en cours d'écriture) — ne pas s'y fier pour le calcul de peine.

  • AssociationCorrespondre avec un bénévole — Le Courrier de Bovet (nouvelle fenêtre)

    Le Courrier de Bovet

    Dispositif de correspondance épistolaire régulière entre une personne incarcérée et un bénévole sous pseudonyme, avec une charte (écoute inconditionnelle, pas de question sur les faits, pas de prosélytisme, pas de dérive sentimentale).

    À savoirLa page ne donne pas l'adresse postale ni la procédure d'inscription détaillée : passer par la rubrique contact du site ou par le SPIP.

  • AssociationFARAPEJ — missions et orientation des personnes détenues et de leurs proches (nouvelle fenêtre)

    FARAPEJ (Fédération des associations réflexion-action, prison et justice)

    Fédération d'environ 60 associations couvrant toute la chaîne pénale ; elle reçoit les demandes des personnes détenues, de leurs proches et des sortants pour les orienter vers la structure locale adaptée (contact : farapej@farapej.fr, 07 45 24 08 58).

Liens vérifiés le 29 juillet 2026.

À lire ensuite

Information générale. Ne remplace ni un avocat, ni le règlement intérieur, ni une décision judiciaire. Article mis à jour le 05/08/2026.