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À méditer
Quand tu as commis une faute, n'aie pas honte de la réparer.
ConfuciusEntretiens, I
Jeu pédagogique · 6 cartes

La discipline en détention et les recours

Une procédure disciplinaire se déroule vite, dans un langage administratif, face à des personnes qui décident. Beaucoup s’y présentent seules, persuadées que se défendre reviendrait à aggraver leur cas.

« Pour ne pas envenimer »

Une carte met en scène une convocation en commission de discipline pour un rapport contesté, et une personne qui veut y aller seule afin de ne pas envenimer les choses. C’est un raisonnement très répandu et il se retourne systématiquement : l’absence d’assistance n’adoucit pas une décision, elle prive seulement d’un moyen de la discuter. Le jeu montre les deux versions de la même comparution.

Répondre à une provocation

Deux cartes portent sur le moment qui précède la faute : un surveillant qui manque de respect devant les autres, une bagarre au sport qu’on n’a pas commencée mais à laquelle on a répondu. Elles ne demandent pas de subir : elles montrent ce que coûte la réponse immédiate, et ce que permet le fait de la différer — un écrit, un signalement, une demande d’entretien.

Dire des conditions indignes sans représailles

Une carte pose la question directement : à qui signaler une cellule dégradée, une promiscuité, des conditions que l’on estime indignes, sans s’exposer ? Elle rappelle qu’il existe des destinataires extérieurs à l’établissement, et que les correspondances avec certaines autorités ne peuvent être ni contrôlées ni retenues. C’est une information de droit, et elle est vérifiable.

Le règlement intérieur que personne ne lit

Une carte s’arrête sur le règlement intérieur remis à l’arrivée, et sur le codétenu qui en rit : « personne lit ça ». Il a raison sur le fait, tort sur la conséquence. Ce document décrit ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas, et ce qui est sanctionné — donc exactement le terrain sur lequel se joue une procédure disciplinaire. Le lire une fois évite une partie des fautes commises sans intention. Le jeu le présente sans solennité : il ne s’agit pas d’être exemplaire, il s’agit de savoir ce qu’on risque avant de le risquer, ce qui n’est pas la même chose.

Ce que vous pouvez faire

Une sanction disciplinaire peut suspendre des parloirs ou des envois pendant une durée limitée, et vous l’apprendrez souvent sans explication. Notre guide sur le quartier disciplinaire détaille ce qui est suspendu, ce qui ne l’est jamais, et ce que vous pouvez faire pendant cette période.

Les 6 cartes, en entier

Les cartes s’adressent à la personne détenue : c’est elle qui les manipule, seule ou en atelier. Elles sont reproduites ici intégralement, gratuitement, pour que vous voyiez exactement ce qui lui est proposé.

La situation

On t'a remis le règlement intérieur. Un codétenu rigole : « Personne lit ça. » Que fais-tu ?

  • Tu le jettes dans un coinLes horaires, les demandes, les interdits, les recours : tout est dedans. Ne pas le lire, c'est jouer à un jeu dont les autres connaissent les règles et pas toi.
  • Tu fais confiance à ce que racontent les anciensLes infos de coursive mélangent du vrai, du faux et du périmé. Ce qui fait foi, c'est le règlement de TON établissement, pas les souvenirs d'un autre.
  • Tu le lis, même en plusieurs fois, et tu notes tes questionsTu sais ce que tu peux demander et comment. La plupart des embrouilles des premières semaines viennent d'une règle que personne n'avait lue.

Ce que la carte enseigne — Si tu lis un seul document cette semaine, c'est le règlement intérieur. Il est différent dans chaque établissement — et si tu ne peux pas le lire, demande qu'on te l'explique : c'est prévu.

La situation

Tu estimes tes conditions de détention indignes (cellule dégradée, promiscuité). À qui le dire, sans représailles ?

Tu peux écrire au Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) : courrier protégé, qui ne peut pas être ouvert. Ton avocat peut aussi agir.

Ce que la carte enseigne — Il existe des autorités indépendantes dont le métier est de contrôler la détention. Les saisir est un droit, pas une provocation.

La situation

On te convoque en commission de discipline pour un rapport que tu contestes. Tu veux y aller seul, « pour ne pas envenimer ».

Mauvais calcul : tu as le droit d'être assisté d'un avocat en commission de discipline, et ça peut changer l'issue. Tu le demandes.

Ta version est défendue et versée au dossier — le rapport n'est pas accepté en silence.

Ce que la carte enseigne — Se défendre dans les règles n'aggrave jamais ton cas. Renoncer à ses droits, si.

La situation

Un surveillant te manque de respect devant les autres. Tu sens la colère monter. Que fais-tu ?

  • Tu réponds sur le même ton, devant tout le mondeIncident disciplinaire possible. Un rapport peut peser sur l'appréciation de ta conduite par le JAP.
  • Tu te tais sur le moment, puis tu signales les faits par écritTu gardes le contrôle ET une trace. Le respect est dû dans les deux sens : il existe des voies de recours.
  • Tu ne fais rien et tu ruminesRien ne change, et la colère s'accumule. En parler (SPIP, unité sanitaire) est une option.

Ce que la carte enseigne — La maîtrise de soi n'est pas de la soumission : c'est une stratégie. Chaque incident évité protège ton dossier et ton avenir.

La situation

On te propose de garder un téléphone portable caché dans ta cellule, « juste pour deux jours ».

  • Tu refuses clairementRefuser peut être inconfortable sur le moment. Mais ton dossier reste propre, et tes demandes (réductions, aménagements) gardent toutes leurs chances.
  • Tu acceptes, pour rendre serviceSi le téléphone est trouvé chez toi, c'est TON dossier qui est marqué : sanction disciplinaire, et un signal négatif pour toute demande future.
  • Tu dis oui, mais tu comptes le déplacer ailleurs discrètementTu deviens complice ET manipulateur : si ça se trouve chez un autre, c'est toi qui l'y as mis. Le problème n'a pas disparu, il a ton empreinte.

Ce que la carte enseigne — Un téléphone caché, c'est des mois de dossier abîmé pour quelques appels. Les circuits officiels existent et s'élargissent : demande-les, utilise-les. Ta sortie vaut plus que n'importe quel appel clandestin.

La situation

Bagarre au sport. Tu n'as pas commencé, mais tu as répondu. Commission de discipline.

Sanction disciplinaire possible. Tu as des droits devant la commission — vois la carte COMMISSION DE DISCIPLINE.

Des incidents répétés pèsent sur l'appréciation de ta conduite quand le JAP examine une réduction de peine ou un aménagement.

Ce que la carte enseigne — Trente secondes de bagarre, des mois de conséquences. Ceux qui sortent et ne reviennent pas sont ceux qu'on n'a jamais vus dans un rapport.

Sur le même sujet, avec les sources

Les cartes montrent des situations ; elles ne remplacent pas le droit. Ce qui s’applique, avec ses références et ses dates, est ici.

Les autres thèmes

Ces cartes sont reproduites gratuitement et intégralement. Elles décrivent des situations observées en détention ; elles n’énoncent aucune règle de droit chiffrée, qui se trouve dans les guides et les fiches, avec ses sources. Comment un exemplaire peut parvenir à une personne détenue.