Celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but peut vivre avec n'importe quel comment.
Les pressions entre personnes détenues
Les rapports de force en détention ne commencent presque jamais par la violence. Ils commencent par un service rendu, un paquet prêté, un conseil donné par quelqu’un qui a l’air de savoir.
Le paquet qu’on te tend
Une carte montre un arrivant sans cantine à qui un codétenu tend un paquet : « prends, tu me rendras ». C’est le mécanisme le plus courant et le plus efficace : la dette crée l’obligation, l’obligation crée la dépendance, et le montant initial n’a aucune importance. Le jeu ne dit pas de refuser toute aide ; il montre ce que devient une dette qu’on n’a pas les moyens de rembourser.
La protection payante
Une deuxième carte met en scène la phrase « ici c’est payant, la protection », dès le deuxième jour. Elle propose plusieurs réponses et en montre les suites. La carte la plus intéressante du thème est peut-être une troisième, où un ancien explique « les vraies règles » avec assurance : elle ne dit pas que cet homme ment, elle montre qu’une information donnée avec autorité n’est pas pour autant exacte.
Quinze jours avant la sortie
Une carte se place quinze jours avant une libération, quand un codétenu cherche une dernière fois — comme pour tester. C’est le moment de bascule classique : des mois de retenue peuvent s’annuler en trente secondes, et l’enjeu n’est plus l’honneur mais la date de sortie. Cette carte est régulièrement citée comme la plus utile en atelier.
Le codétenu qu’on ne choisit pas
Une carte met en scène un changement de codétenu : le nouveau vit la nuit, l’autre le jour, et la tension monte dès le deuxième soir. La promiscuité est une contrainte que personne ne maîtrise, et elle produit des conflits qui n’ont rien à voir avec la personnalité de qui que ce soit. Le jeu montre les deux issues possibles — l’affrontement, ou la demande écrite adressée à l’encadrement — et surtout la fenêtre de temps pendant laquelle la seconde est encore disponible. Passé un certain point, il n’y a plus de demande à faire, seulement un rapport d’incident à subir.
Ce que vous pouvez faire
Une demande d’argent inhabituelle, insistante, mal expliquée, est un signal. Elle peut être une dette contractée en détention. Ne réglez rien sans en parler : il existe des interlocuteurs à l’intérieur, et céder une fois n’arrête jamais la demande.
Les 7 cartes, en entier
Les cartes s’adressent à la personne détenue : c’est elle qui les manipule, seule ou en atelier. Elles sont reproduites ici intégralement, gratuitement, pour que vous voyiez exactement ce qui lui est proposé.

Deuxième jour. Un détenu te dit : « Ici c'est payant, la protection. Tu donnes ta cantine ou t'auras des problèmes. » Que fais-tu ?
Ce que la carte enseigne — Le racket est une infraction, pas une coutume. Face à une menace : ne jamais payer, ne jamais rendre les coups, toujours signaler — c'est la réponse la plus forte et la seule qui protège ta sortie.

Un ancien t'explique « les vraies règles » : à qui parler, qui éviter, ce qui se fait et ne se fait pas. Il a l'air sûr de lui. Que fais-tu ?
Ce que la carte enseigne — Règle simple : la vie quotidienne, tu peux l'apprendre des autres. Ta peine, tes droits, ton dossier — uniquement des sources officielles : SPIP, avocat, greffe.

On change ton codétenu. Le nouveau vit la nuit, toi le jour. La tension monte dès le deuxième soir.
Vous posez des règles simples à deux : heures de silence, partage de l'espace, respect des affaires. La cellule est petite, les règles la rendent vivable.
Souvent, le respect posé tôt finit par être rendu — parfois par celui qu'on n'attendait pas.
Ce que la carte enseigne — Négocier des règles n'est pas une faiblesse : c'est la compétence n°1 de la vie dehors — travail, famille, voisinage.

Une querelle ancienne te rattrape : un détenu du bâtiment te cherche, tout le monde attend « la suite ».
Ce que la carte enseigne — La question n'est jamais « qui gagne la bagarre » mais « qui gagne l'année ». Toi, si tu ne la livres pas.

Tu sors dans 15 jours. Un codétenu te cherche une dernière fois, comme pour tester où tu en es.
Ce que la carte enseigne — Rien n'est acquis tant que la porte ne s'est pas ouverte. Les réductions accordées peuvent encore être retirées.

Bagarre au sport. Tu n'as pas commencé, mais tu as répondu. Commission de discipline.
Sanction disciplinaire possible. Tu as des droits devant la commission — vois la carte COMMISSION DE DISCIPLINE.
Des incidents répétés pèsent sur l'appréciation de ta conduite quand le JAP examine une réduction de peine ou un aménagement.
Ce que la carte enseigne — Trente secondes de bagarre, des mois de conséquences. Ceux qui sortent et ne reviennent pas sont ceux qu'on n'a jamais vus dans un rapport.

Tu n'as pas encore de cantine. Un codétenu te tend un paquet : « Prends, tu me rendras. » La cigarette se prête ici — mais rien n'est gratuit. Que fais-tu ?
Ce que la carte enseigne — La règle d'or tient en quatre mots : ne rien devoir à personne. C'est la plus grande liberté qui existe entre ces murs — et une habitude qui vaut de l'or dehors. Sors meilleur que tu n'es entré : ça commence par là.
Sur le même sujet, avec les sources
Les cartes montrent des situations ; elles ne remplacent pas le droit. Ce qui s’applique, avec ses références et ses dates, est ici.
Les autres thèmes
- Les premiers jours — 9 cartes
- Les liens avec la famille — 7 cartes
- Comprendre sa peine — 6 cartes
- Préparer la sortie — 9 cartes
- Santé, psychologie, addictions — 9 cartes
- Travail, formation, école — 7 cartes
- Discipline, sanctions et recours — 6 cartes
- Aménagement de peine — 5 cartes
- Récidive et retour au réseau — 5 cartes
- Argent et cantine — 3 cartes
Ces cartes sont reproduites gratuitement et intégralement. Elles décrivent des situations observées en détention ; elles n’énoncent aucune règle de droit chiffrée, qui se trouve dans les guides et les fiches, avec ses sources. Comment un exemplaire peut parvenir à une personne détenue.