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À méditer
Tout le monde pense à changer le monde, mais personne ne pense à se changer soi-même.
Léon TolstoïTrois méthodes de réforme, 1900
Jeu pédagogique · 5 cartes

La récidive : ce qui se joue les premiers mois

La récidive ne se décide pas le jour où elle se produit. Elle se prépare pendant les semaines qui suivent la sortie, quand rien n’est encore installé et que l’ancien monde, lui, est immédiatement disponible.

« Un dernier coup, facile »

Une carte place cette proposition au premier mois après la sortie. Le moment est choisi avec justesse : c’est celui où il n’y a encore ni revenu, ni rythme, ni preuve que l’autre voie fonctionne. Le jeu ne fait pas la morale ; il déplie le calcul réel, y compris ce que la récidive légale change à la peine encourue.

Deux rendez-vous « oubliés »

Une carte suit une personne sortie depuis deux mois qui a manqué deux rendez-vous avec son conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, et qui pense que ce n’est pas grave. C’est l’une des cartes les plus utiles du jeu, parce que l’erreur est administrative et non morale : personne ne retourne en détention pour avoir mal agi ce jour-là, mais une obligation non respectée produit des conséquences qui, elles, sont prévues.

Deux profils qui reviennent

Le jeu comporte des cartes de profil, qui servent à entrer dans une situation autre que la sienne. L’une d’elles présente un homme de trente-huit ans revenu après une récidive, père de deux enfants qui grandissent sans lui, et qui connaît déjà tous les rouages. C’est souvent avec cette carte que la parole se libère en atelier : il est plus facile de parler de lui que de soi.

Ce que la récidive change, au-delà des faits

La récidive légale n’est pas seulement une répétition : c’est une qualification juridique, qui produit ses propres effets sur la peine encourue. Ces effets sont définis par le code pénal et dépendent des faits, des délais et de la nature des condamnations antérieures ; seul un avocat peut dire ce qu’ils impliquent dans une situation donnée. La carte qui porte ce sujet ne donne aucun chiffre, volontairement. Elle montre autre chose, que les chiffres masquent : une deuxième incarcération ne recommence pas au même point que la première, ni pour la personne, ni pour ses proches.

Ce que vous pouvez faire

Les premières semaines après la sortie sont celles où votre proche aura le plus besoin de structure et où vous serez le plus épuisé. Deux choses aident réellement : que les rendez-vous obligatoires soient notés quelque part de visible, et qu’une occupation existe dès la première semaine, même modeste.

Les 5 cartes, en entier

Les cartes s’adressent à la personne détenue : c’est elle qui les manipule, seule ou en atelier. Elles sont reproduites ici intégralement, gratuitement, pour que vous voyiez exactement ce qui lui est proposé.

La situation

Premier mois dehors. Ton ancien réseau te propose « un dernier coup, facile, pour te refaire ».

  • Tu acceptes : tu as besoin d'argent maintenantLe risque n'est pas seulement de retomber : en récidive légale, les peines sont aggravées et les aménagements bien plus durs à obtenir. Tout ce que tu as construit est en jeu.
  • Tu refuses, mais tu n'en parles à personne pour ne pas passer pour un faibleRefuser seul, c'est refuser à moitié : le réseau reviendra, et tu seras encore seul face à lui. En parler (conseiller, association) transforme un refus fragile en décision solide.
  • Tu refuses et tu appelles ton conseiller ou une associationC'est le moment le plus dur : les premières semaines. Demander de l'aide à cet instant précis, c'est exactement ce qui sépare la sortie de la rechute.

Ce que la carte enseigne — La vraie victoire n'est pas de sortir. C'est de ne pas revenir. Les 90 premiers jours décident de beaucoup : entoure-toi.

La situation

Sorti depuis 2 mois, tu as « oublié » deux rendez-vous avec ton conseiller SPIP. Pas grave ?

Tes obligations post-sortie sont des obligations judiciaires, pas des options. Les manquer peut être signalé au juge.

En cas de suivi (sursis probatoire, libération conditionnelle), les manquements répétés peuvent mener à la révocation : retour en détention.

Ce que la carte enseigne — La peine ne s'arrête pas toujours à la porte. Tant qu'un suivi existe, chaque rendez-vous honoré protège ta liberté.

La situation

Récidive légale : tu retombes pour des faits similaires, quelques années après.

Les peines encourues sont aggravées, et les seuils d'aménagement durcis — les valeurs exactes sont sur le feuillet mis à jour.

Tout est plus dur la deuxième fois : la peine, les aménagements, le regard du juge. C'est exactement ce que cet outil veut t'éviter.

Ce que la carte enseigne — La récidive n'est pas « la même peine une deuxième fois » : c'est une peine plus lourde avec moins de portes de sortie.

La situation

Ta sortie approche et tu comptes retourner « au quartier », chez les mêmes personnes, aux mêmes habitudes.

Personne ne t'oblige à déménager — mais sois lucide : mêmes lieux + mêmes personnes + mêmes problèmes = mêmes résultats. Tu en parles au SPIP pour explorer les alternatives.

Un hébergement même modeste, loin des anciennes habitudes, multiplie tes chances de tenir les 90 premiers jours.

Ce que la carte enseigne — L'environnement est plus fort que la volonté. Change ce que tu peux dans le décor, pour ne pas rejouer la même scène.

La situation

DAVID, 38 ans. Déjà connu de la justice, revenu après une récidive. Père de deux enfants qui grandissent sans lui. Il connaît « le système » par cœur — c'est peut-être son plus gros problème.

Ce que la carte enseigne — Force : il sait comment tout marche. Risque : confondre connaître la détention et préparer la sortie — la dernière fois, il n'avait rien préparé. Que ferait David ? Et que devrait-il faire différemment cette fois ?

Sur le même sujet, avec les sources

Les cartes montrent des situations ; elles ne remplacent pas le droit. Ce qui s’applique, avec ses références et ses dates, est ici.

Les autres thèmes

Ces cartes sont reproduites gratuitement et intégralement. Elles décrivent des situations observées en détention ; elles n’énoncent aucune règle de droit chiffrée, qui se trouve dans les guides et les fiches, avec ses sources. Comment un exemplaire peut parvenir à une personne détenue.