Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable.
L’argent en détention : compte nominatif et cantine
L’argent est le premier vocabulaire qu’une personne détenue doit apprendre, et le premier terrain sur lequel elle peut se mettre en difficulté sans le savoir.
Hocher la tête sans comprendre
Une carte met en scène quelqu’un à qui l’on parle de « compte nominatif » et de « cantine », et qui a fait oui de la tête sans rien comprendre. Ces deux mots gouvernent pourtant la vie quotidienne : ce qu’on peut acheter, avec quel argent, et ce qui reste. Le jeu montre le coût de cette pudeur-là, qui est de loin la plus répandue.
L’argent qui n’est pas entièrement disponible
Ce que les familles découvrent le plus tard est que l’argent envoyé n’est pas intégralement à disposition : il est réparti selon des règles. Le jeu ne donne aucun chiffre — les chiffres vivent dans nos guides, avec leurs sources — mais il montre les conséquences pratiques d’un envoi mal compris des deux côtés.
Quand l’argent devient un rapport de force
Deux cartes de ce thème appartiennent aussi aux rapports de force : la protection présentée comme payante, et le paquet prêté qui crée une dette. Ce n’est pas un hasard. En détention, la frontière entre la question financière et la question de sécurité est mince, et elle se franchit en un seul geste.
Cantiner, ce n’est pas un supplément
Vu de l’extérieur, la cantine ressemble à du confort. Vue de l’intérieur, elle couvre une part de l’ordinaire : produits d’hygiène, timbres, de quoi écrire, un complément alimentaire. Une personne qui ne peut pas cantiner ne manque pas d’agrément, elle manque du nécessaire — et elle devient précisément la cible des arrangements décrits dans les cartes de ce thème. C’est pourquoi la question de l’argent n’est jamais purement matérielle en détention : elle décide aussi de la place qu’on occupe. Des dispositifs existent pour les personnes sans ressources ; ils se demandent, ils ne se déclenchent pas seuls.
Ce que vous pouvez faire
Avant d’envoyer de l’argent, lisez notre guide : le mandat cash n’existe plus pour la détention depuis 2019, l’envoi passe par une voie bancaire précise, et une somme envoyée sans la bonne référence peut ne jamais arriver.
Les 3 cartes, en entier
Les cartes s’adressent à la personne détenue : c’est elle qui les manipule, seule ou en atelier. Elles sont reproduites ici intégralement, gratuitement, pour que vous voyiez exactement ce qui lui est proposé.

Deuxième jour. Un détenu te dit : « Ici c'est payant, la protection. Tu donnes ta cantine ou t'auras des problèmes. » Que fais-tu ?
Ce que la carte enseigne — Le racket est une infraction, pas une coutume. Face à une menace : ne jamais payer, ne jamais rendre les coups, toujours signaler — c'est la réponse la plus forte et la seule qui protège ta sortie.

On te parle de « compte nominatif » et de « cantine ». Tu n'as rien compris mais tu as fait oui de la tête. Que fais-tu ?
Ce que la carte enseigne — Ton compte, tes achats, tes dettes : c'est de la maîtrise, pas du détail. Comprendre son argent dès la première semaine, c'est fermer d'avance la porte des embrouilles.

Tu n'as pas encore de cantine. Un codétenu te tend un paquet : « Prends, tu me rendras. » La cigarette se prête ici — mais rien n'est gratuit. Que fais-tu ?
Ce que la carte enseigne — La règle d'or tient en quatre mots : ne rien devoir à personne. C'est la plus grande liberté qui existe entre ces murs — et une habitude qui vaut de l'or dehors. Sors meilleur que tu n'es entré : ça commence par là.
Sur le même sujet, avec les sources
Les cartes montrent des situations ; elles ne remplacent pas le droit. Ce qui s’applique, avec ses références et ses dates, est ici.
Les autres thèmes
- Les premiers jours — 9 cartes
- Les liens avec la famille — 7 cartes
- Comprendre sa peine — 6 cartes
- Préparer la sortie — 9 cartes
- Santé, psychologie, addictions — 9 cartes
- Travail, formation, école — 7 cartes
- Discipline, sanctions et recours — 6 cartes
- Pressions et rapports de force — 7 cartes
- Aménagement de peine — 5 cartes
- Récidive et retour au réseau — 5 cartes
Ces cartes sont reproduites gratuitement et intégralement. Elles décrivent des situations observées en détention ; elles n’énoncent aucune règle de droit chiffrée, qui se trouve dans les guides et les fiches, avec ses sources. Comment un exemplaire peut parvenir à une personne détenue.