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À méditer
Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable.
Antoine de Saint-ExupéryPilote de guerre, 1942
Jeu pédagogique · 6 cartes

Comprendre sa peine et son calcul

Peu de sujets produisent autant de fausses certitudes que le calcul d’une peine. Les informations circulent de bouche à oreille, se déforment, et une personne peut passer des mois à se projeter sur une date qui n’existe pas.

Ce qui se raconte en promenade

« Avec la bonne conduite, tu sors automatiquement plus tôt, c’est la loi. » Cette phrase, ou l’une de ses variantes, est prononcée dans toutes les détentions de France. Une carte du jeu la met dans la bouche d’un codétenu sûr de lui, et c’est précisément là qu’elle est dangereuse : elle n’est pas dite par malveillance, elle est dite par quelqu’un qui y croit. Le jeu ne corrige pas la croyance par une leçon de droit ; il montre ce qui arrive à celui qui a bâti sa sortie dessus.

La détention provisoire

Une carte pose une question de calcul simple en apparence : quatre mois de détention provisoire avant le jugement, dix-huit mois de condamnation, combien reste-t-il ? Beaucoup de personnes détenues ignorent que le temps déjà passé s’impute. Elles vivent une durée plus longue que la durée réelle, ce qui décale tout : les démarches, les demandes, la préparation. Cette carte est rattachée à une fiche juridique du jeu, avec ses références.

Le document qu’on n’ose pas faire expliquer

Une troisième carte montre une personne qui reçoit un document du greffe sur sa situation pénale et qui n’y comprend rien — mais qui a honte de demander. C’est le point aveugle de tout le système : l’information existe, elle est remise, et elle n’est pas comprise. Demander une explication n’est pas contester une décision, et le jeu insiste sur cette distinction, parce que c’est elle qui débloque la demande.

Pourquoi une information fausse circule mieux qu’une vraie

Une information exacte sur une peine est presque toujours prudente : elle comporte des conditions, des exceptions, un « cela dépend ». Une information fausse, elle, est nette, rassurante et se retient en une phrase. C’est ce qui explique sa vitesse de propagation en détention, où le besoin de certitude est immense. Le jeu ne combat pas cette mécanique par plus de droit ; il la combat en montrant le moment où la personne découvre l’écart entre ce qu’on lui avait dit et ce qui s’applique. C’est ce moment-là qui fait comprendre pourquoi il faut vérifier auprès de son avocat ou du greffe plutôt qu’en promenade.

Ce que vous pouvez faire

Vous n’avez pas accès au dossier pénal de votre proche, et c’est normal : il est couvert par le secret. En revanche, l’avocat est votre interlocuteur légitime sur ces questions, et une personne détenue peut lui écrire sous pli fermé sans que le courrier soit contrôlé. Quand une date circule et qu’elle vous paraît étrange, c’est vers lui qu’il faut se tourner — jamais vers une explication trouvée sur un forum.

Les 6 cartes, en entier

Ce sont les cartes du paquet, à l’identique. Elles s’adressent à la personne détenue — c’est elle qui les manipule. Touchez une carte pour la retourner et voir ce que chaque réponse entraîne.

Sur le même sujet, avec les sources

Les cartes montrent des situations ; elles ne remplacent pas le droit. Ce qui s’applique, avec ses références et ses dates, est ici.

Les autres thèmes

Ces cartes sont reproduites gratuitement et intégralement. Elles décrivent des situations observées en détention ; elles n’énoncent aucune règle de droit chiffrée, qui se trouve dans les guides et les fiches, avec ses sources. Comment un exemplaire peut parvenir à une personne détenue.