Il n'est rien de tel que le rêve pour engendrer l'avenir.
Le service pénitentiaire d’insertion et de probation
Le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation est l’interlocuteur qui prépare la sortie, en détention comme après. C’est aussi celui que l’on comprend le moins bien : ni juge, ni surveillant, ni avocat — et c’est précisément ce flou qui fait manquer des rendez-vous.
« C’est de la paperasse »
Une carte du jeu met cette phrase dans la bouche d’un codétenu, face à une première convocation. L’erreur qu’elle décrit est massive : croire que le rendez-vous sert à l’administration alors qu’il sert à constituer le dossier de la personne elle-même. Ne pas s’y rendre ne fait pas disparaître le dossier, cela le laisse vide — et le jour où une demande est déposée, il n’y a rien à lire. Le jeu montre les trois manières d’y aller : pas du tout, en répondant par oui et par non, ou avec deux ou trois choses écrites. La troisième fait gagner des mois.
Ce que le conseiller peut porter, et ce qu’il ne peut pas deviner
Un conseiller ne connaît d’une situation que ce qui lui est dit. Une formation suivie, un hébergement possible chez une sœur, une dette qui empêche de se projeter : rien de tout cela n’apparaît si personne ne le mentionne. Beaucoup de personnes détenues taisent l’essentiel par pudeur ou par méfiance, puis s’étonnent qu’un dossier soit vide. Le jeu ne fait pas la leçon là-dessus ; il montre le décalage entre ce qui a été vécu et ce qui a été écrit.
Après la sortie, les rendez-vous ne sont plus des options
Deux cartes portent sur l’après. L’une suit une personne sortie depuis deux mois qui a manqué deux rendez-vous et pense que ce n’est pas grave. L’autre, plus fine, met en scène un rendez-vous qui tombe le jour d’un essai d’embauche — un vrai dilemme, pas une négligence. La réponse tient en un appel passé avant la date : un rendez-vous déplacé à l’avance n’est pas un rendez-vous manqué. C’est le genre de détail administratif qui décide de la suite, et que personne n’explique.
Ce qu’il faut retenir
Le suivi n’est ni une faveur ni une punition : c’est le cadre dans lequel se construisent les demandes et se prouvent les efforts. Une personne qui y vient préparée, qui prévient quand elle ne peut pas venir et qui dit ce qu’elle vit sort avec un dossier qui existe. Une personne qui subit le suivi sort avec un dossier vide, quelle qu’ait été sa bonne volonté.
Ce que vous pouvez faire
Le service pénitentiaire d’insertion et de probation est aussi votre interlocuteur, et c’est le seul point de contact institutionnel qui vous soit vraiment ouvert. Vous pouvez lui signaler une inquiétude, indiquer par écrit que vous êtes en mesure d’héberger votre proche à sa sortie, ou demander comment transmettre des documents. Un accord verbal évoqué au parloir ne vaut rien dans un dossier ; le même accord écrit et transmis y figure.
Les 4 cartes, en entier
Les cartes s’adressent à la personne détenue : c’est elle qui les manipule, seule ou en atelier. Elles sont reproduites ici intégralement, gratuitement, pour que vous voyiez exactement ce qui lui est proposé.

Sorti depuis 2 mois, tu as « oublié » deux rendez-vous avec ton conseiller SPIP. Pas grave ?
Tes obligations post-sortie sont des obligations judiciaires, pas des options. Les manquer peut être signalé au juge.
En cas de suivi (sursis probatoire, libération conditionnelle), les manquements répétés peuvent mener à la révocation : retour en détention.
Ce que la carte enseigne — La peine ne s’arrête pas toujours à la porte. Tant qu’un suivi existe, chaque rendez-vous honoré protège ta liberté.
Cette situation touche à une règle de droit. Les textes applicables, avec leurs références et leur date de relevé, sont réunis en bas de cette page.

On te propose un rendez-vous avec un conseiller France Travail justice, en détention. Tu te dis que ça ne sert à rien « tant qu’on n’est pas dehors ».
Tu y vas. Inscription anticipée, CV reconstruit, pistes ciblées : le conseiller prépare TA sortie, pas une sortie théorique.
Une semaine après la libération, un entretien peut déjà être calé — parce qu’il a été préparé ici.
Ce que la carte enseigne — Chaque démarche faisable AVANT la sortie est une semaine de galère en moins APRÈS. La sortie réussie se joue en détention.

Ta convocation au service pénitentiaire d’insertion et de probation arrive. Un codétenu te dit : « C’est de la paperasse, ils s’en foutent de toi. » Que fais-tu ?
Ce que la carte enseigne — Le conseiller n’est ni un juge ni un surveillant. Il construit ce qui sera lu le jour où tu demanderas quelque chose.

Ton rendez-vous de suivi tombe le jour d’un essai d’embauche. Tu ne sais pas lequel sacrifier.
Tu appelles le service avant la date et tu expliques. Un rendez-vous déplacé à l’avance n’est pas un rendez-vous manqué. Un rendez-vous manqué sans prévenir, si.
Ce que la carte enseigne — Prévenir coûte un appel. Ne pas prévenir peut coûter la liberté qu’on vient de retrouver.
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Les cartes montrent des situations ; elles ne remplacent pas le droit. Ce qui s’applique, avec ses références et ses dates, est ici.
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Ces cartes sont reproduites gratuitement et intégralement. Elles décrivent des situations observées en détention ; elles n’énoncent aucune règle de droit chiffrée, qui se trouve dans les guides et les fiches, avec ses sources. Comment un exemplaire peut parvenir à une personne détenue.