Service indépendant d’information et d’orientation — non affilié à l’administration pénitentiaire

À méditer
Il n'est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va.
SénèqueLettres à Lucilius, LXXI
Jeu pédagogique · 3 cartes

Le téléphone en détention, et ce qui est interdit

Une personne détenue n’a pas de téléphone portable. Elle appelle depuis un poste de l’établissement, vers des numéros déclarés à l’avance — jamais l’inverse. Ce cadre paraît simple ; il produit pourtant deux des situations les plus coûteuses de la détention.

Ce n’est pas une panne, c’est une procédure

Une carte du jeu met en scène quelqu’un dont la sœur a changé de numéro : il appelle, ça ne passe pas. La réaction naturelle est de croire à un dysfonctionnement, puis de s’énerver contre l’établissement. La réalité est administrative : les numéros joignables sont déclarés à l’avance, et un numéro nouveau doit être signalé avant de fonctionner. C’est une demande écrite, pas un combat. La carte porte l’enseignement le plus transférable du deck : presque tout ce qui « ne marche pas » en détention est une procédure que personne n’a expliquée.

Le portable qu’on te tend

Une deuxième carte place la scène au moment le plus dur : trois semaines sans avoir parlé à sa mère, la cabine toujours prise, le crédit vide — et quelqu’un qui propose « deux minutes » sur un portable. Le jeu ne minimise pas le manque, il est réel et il est le vrai moteur de la faute. Il montre ce que coûtent ces deux minutes : la détention d’un téléphone en cellule est une faute disciplinaire, et celui qui prête ne prête jamais gratuitement. La dette commence à cet instant, et elle ne se rembourse pas en minutes.

La troisième voie

Les deux réponses évidentes — accepter, ou renoncer à appeler — laissent toutes les deux quelque chose de cassé. La carte en propose une troisième, moins spectaculaire : refuser, écrire le soir même, et demander par écrit les modalités d’accès au téléphone. Le courrier ne remplace pas une voix, personne ne prétend le contraire. Mais il arrive, et une demande écrite laisse une trace là où l’exaspération n’en laisse aucune.

Ce que le jeu n’affirme pas

Aucune carte de ce thème n’indique de durée d’appel, de fréquence ni de tarif. Ces modalités relèvent du règlement intérieur de chaque établissement et varient d’un site à l’autre — c’est d’ailleurs pour cette raison qu’une première version des illustrations de ce thème a été écartée : le décor y affichait des règles inventées, parfaitement lisibles. Sur un site qui refuse d’inventer une règle, une image ne peut pas se permettre ce qu’un texte n’écrirait pas.

Ce que vous pouvez faire

C’est votre proche qui appelle, jamais vous. Si vous changez de numéro, prévenez-le par courrier sans attendre : tant que le nouveau numéro n’est pas déclaré, il ne passera pas, et il aura l’impression que vous ne décrochez plus. Un changement de ligne non annoncé est l’une des causes les plus banales — et les plus évitables — d’une rupture de contact.

Les 3 cartes, en entier

Ce sont les cartes du paquet, à l’identique. Elles s’adressent à la personne détenue — c’est elle qui les manipule. Touchez une carte pour la retourner et voir ce que chaque réponse entraîne.

Sur le même sujet, avec les sources

Les cartes montrent des situations ; elles ne remplacent pas le droit. Ce qui s’applique, avec ses références et ses dates, est ici.

Les autres thèmes

Ces cartes sont reproduites gratuitement et intégralement. Elles décrivent des situations observées en détention ; elles n’énoncent aucune règle de droit chiffrée, qui se trouve dans les guides et les fiches, avec ses sources. Comment un exemplaire peut parvenir à une personne détenue.